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Zelaya annonce son retour

Manuel Zelaya

Manuel Zelaya

Photo : AFP / Mayerling Garcia

Radio-Canada

Tandis que plusieurs pays, dont le Venezuela et les États-Unis, condamnent le coup d'État de dimanche, le président déchu Manuel Zelaya annonce qu'il compte rentrer au Honduras jeudi.

Le président hondurien déchu, Manuel Zelaya, a annoncé qu'il comptait rentrer au Honduras jeudi. « Je vais à Tegucigalpa jeudi. J'y vais comme président élu, j'effectuerai mon mandat de quatre années », a-t-il déclaré.

Il a fait cette annonce depuis Managua, au Nicaragua, lundi, dans le cadre du sommet extraordinaire de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) et du bloc centro-américain.

M. Zelaya doit d'abord se rendre à New York, mardi, afin de plaider sa cause devant l'Assemblée générale des Nations unies. Il entend ensuite assister, mercredi à Washington, à des entretiens sur la crise qui secoue son pays.

Le président déchu a ajouté qu'il serait accompagné, jeudi, de Jose Miguel Insulza, secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA). Celui-ci lui a proposé de l'accompagner à Tegucigalpa, offre qu'il a acceptée.

Les putchistes isolés

Pendant ce temps, le Honduras se retrouve avec un nouveau président depuis le coup d'État de l'armée, survenu dimanche. Toutefois, la communauté internationale lui tourne le dos.

Le président du Congrès, Roberto Micheletti, s'est vu nommé à la tête du pays par les parlementaires en remplacement du président Zelaya, arrêté dimanche par des militaires et conduit contre son gré au Costa Rica.

Des heurts ont éclaté lundi devant le palais présidentiel à Tegucigalpa, la capitale, où des policiers et des soldats faisaient usage de gaz lacrymogènes pour disperser des milliers de manifestants contre le coup d'État. Les manifestants ont lancé des pierres et des bouteilles en direction des forces de l'ordre. Des tirs ont été entendus, mais on ignore s'il s'agissait de balles réelles.

La gauche régionale unie derrière Zelaya

Hugo Chavez et Daniel Ortega (en arrière-plan) dénoncent le coup d'État au Honduras.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Hugo Chavez et Daniel Ortega (en arrière-plan) dénoncent le coup d'État au Honduras.

Photo : AFP / Gouvernement du Venezuela

M. Zelaya avait quitté le Costa Rica pour le Nicaragua à bord d'un avion mis à sa disposition par le président vénézuélien, Hugo Chavez, dimanche soir.

Les pays de l'ALBA ont décidé de rappeler leurs ambassadeurs au Honduras pour protester contre le coup d'État. « Face au gouvernement dictatorial qui prétend s'imposer, les pays de l'ALBA ont décidé de retirer leurs ambassadeurs et réduire à sa plus simple expression leur représentation diplomatique à Tegucigalpa », lit-on dans une motion adoptée lors du sommet.

Opposé à ce coup d'État, Hugo Chavez a haussé le ton dimanche lors de cette rencontre. Il a affirmé que le Venezuela, son peuple et ses forces armées sont solidaires du Honduras.

Il faut leur donner une leçon. [...] Nous ne pouvons permettre un retour à l'âge des cavernes.

Hugo Chavez

M. Chavez a toutefois nié des informations faisant état d'une mobilisation de troupes.

Les dirigeants réunis à Managua, pour la plupart de gauche, ont tenu à réaffirmer la légitimité du président évincé Manuel Zelaya. « Le président légitime du Honduras est le président Manuel Zelaya, il n'y a pas de doute », a déclaré le président du Nicaragua, Daniel Ortega, hôte de la réunion. Le président équatorien, Rafael Correa, a évoqué de son côté « un acte de désespoir » de l'oligarchie et des dirigeants de l'armée du Honduras.

La stratégie d'Obama mise à l'épreuve

Du côté des États-Unis, cette crise politique constitue un test pour le président Barack Obama, lui qui promettait une nouvelle ère de collaboration avec l'Amérique latine, à l'occasion du Sommet des Amériques, en avril dernier. Cette région a longtemps été considérée comme la « chasse gardée » du géant américain.

Barack Obama a déclaré lundi que le renversement de Manuel Zelaya n'était « pas légal » et qu'il demeurait le président du Honduras. Il a indiqué que les États-Unis étaient « au côté de la démocratie » et oeuvreraient avec d'autres pays et des instances internationales pour régler cette affaire de façon pacifique.

Manuel Zelaya avait demandé à Washington de ne pas soutenir le geste des militaires putschistes. « Si [Washington] n'apporte pas son soutien à ce coup d'État, il peut empêcher cette attaque contre notre peuple et contre la démocratie », avait-il fait valoir.

Deux hauts responsables de l'administration ont déclaré aux journalistes que des diplomates américains travaillaient à assurer la sécurité de M. Zelaya.

Situation au Honduras : L'entrevue de Radio-Canada.ca avec le spécialiste Olivier Dabène

Vague de condamnations

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a demandé que le président Zelaya soit rétabli dans ses fonctions et que les droits de la personne soient totalement respectés. L'assemblée générale des Nations unies devait se réunir d'urgence, lundi, pour examiner la situation politique au pays.

Le Groupe de Rio, qui comprend 23 pays latino-américains, a exprimé « sa plus énergique condamnation du coup d'État perpétré au Honduras qui a interrompu l'ordre constitutionnel et la démocratie dans ce pays en destituant de manière illégitime le président Manuel Zelaya de sa charge ».

Réunis d'urgence, les membres de l'Organisation des États américains (OEA) ont condamné les événements. Le secrétaire général de l'OEA a dénoncé le « coup d'État ».

Le Brésil a condamné pour sa part le coup d'État militaire au Honduras et a demandé à l'OEA de se maintenir en assemblée permanente pour analyser la question. Le gouvernement brésilien exige que le président Zelaya soit « immédiatement et inconditionnellement reconduit dans ses fonctions ».

L'Union européenne (UE) s'est, elle aussi, rapidement exprimée pour dénoncer la situation. « Cet acte constitue une violation inacceptable de l'ordre constitutionnel au Honduras. L'UE appelle à la libération immédiate du président et un retour rapide à la normalité constitutionnelle », a fait savoir l'UE.

Un couvre-feu de 48 heures

Le président nommé par le Parlement, Roberto Micheletti (au centre), brandit la constitution hondurienne.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président nommé par le Parlement, Roberto Micheletti (au centre), brandit la constitution hondurienne.

Photo : AFP / Orlando Sierra

Au pays, Roberto Micheletti a imposé un couvre-feu de deux jours à compter de dimanche soir. Il a aussi nommé un nouveau ministre des Affaires étrangères, l'avocat et ancien ambassadeur auprès de l'ONU Enrique Ortez Colindres.

Peu après après avoir prêté serment lors d'une cérémonie au Congrès, Roberto Micheletti a affirmé qu'il ne prenait pas ses nouvelles fonctions « sous l'égide d'un coup d'État ».

J'ai accédé à la présidence [à la suite] d'un processus de transition absolument légal.

Roberto Micheletti

Il a également défendu l'armée, déclarant qu'elle s'était « conformée à la Constitution et aux lois ». Dans la foulée, il a lancé une mise en garde contre toute ingérence à la suite des propos du président vénézuélien Hugo Chavez et a dit que son pays était « prêt à la guerre ».

« Je suis sûr qu'entre 80 % et 90 % de la population du Honduras est heureuse de ce qui s'est passé aujourd'hui », a lancé le nouveau président. Il a également annoncé que Manuel Zelaya serait le bienvenu en cas de retour au Honduras en tant que citoyen à une condition: « sans le soutien de M. Hugo Chavez ».

Un ordre de la Cour suprême

Des partisans du président Zelaya manifestent dans la capitale.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des partisans du président Zelaya manifestent dans la capitale.

Photo : AFP / Orlando Sierra

Élu en novembre 2005, Manuel Zelaya avait décidé de maintenir dimanche un référendum non contraignant, malgré l'opposition de l'armée, du Congrès et de la Cour suprême, qui l'a déclaré illégal.

Le chef de l'État demandait à la population de se prononcer sur une éventuelle révision de la Constitution, afin de lui permettre de briguer un nouveau mandat, en novembre.

L'armée et le plus haut tribunal du pays se sont opposés à cette consultation populaire, jugée illégale.

C'est la Cour suprême du pays qui a ordonné de déposer le président Zelaya pour l'empêcher de tenir son référendum. La cour a estimé que l'armée était « intervenue pour défendre la loi ».

Le Congrès du Honduras a approuvé ce qui a été présenté comme une lettre de démission du président Manuel Zelaya, quelques heures après la destitution de celui-ci. La missive attribuerait le départ présumé du chef de l'État à la situation politique et à des « problèmes de santé fondamentaux ».

Manuel Zelaya a déclaré que cette lettre de démission était « totalement fausse », rappelant qu'il était toujours président.

Dénonçant un « coup d'État » et un « enlèvement », Manuel Zelaya a fait part de son intention de poursuivre son mandat jusqu'à son terme prévu, début 2010. Il a souligné qu'il ne reconnaîtrait « aucun gouvernement d'usurpation ».

Le président élu a appelé les militaires du Honduras à résister, exhorté les citoyens à prendre part à des manifestations pacifiques et demandé à la police de protéger les manifestants.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, New York Times, Time, et La Opiniòn

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