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La science influence peu les pêches

Poissons
Radio-Canada

Une étude révèle que seulement 7 % des pays côtiers disposent d'études scientifiques rigoureuses sur leurs stocks de poisson et que moins de 1 % des pays adoptent des règlements basés sur des avis scientifiques. Le Canada obtient une note moyenne en ce domaine.

Les réglementations des pêches dans le monde seraient davantage dictées par les pressions politiques et la corruption que par le raisonnement scientifique.

Cette constatation ressort d'une étude menée par un groupe de chercheurs internationaux dirigé par Camilo Mora, expert en biologie marine à l'Université Dalhousie, à Halifax. Ces chercheurs ont analysé la gestion des pêches d'environ 200 pays.

M. Mora précise que seulement 7 % des pays ont en main des études scientifiques rigoureuses sur leurs stocks de poisson et que moins de 1 % des pays finissent par adopter des règlements qui tiennent compte des avis scientifiques.

Camilo Mora se dit déçu de constater que les pays plus riches ne figurent pas parmi ceux qui protègent le mieux leurs ressources. En fait, il a découvert que les personnes qui formulent les politiques de gestion des pêches cèdent souvent aux pressions politiques ou se laissent corrompre.

Quant au Canada, M. Mora précise qu'il obtient un classement moyen. Il explique que le pays dispose de bonnes données scientifiques, mais que ses politiques permettent une pêche trop importante. Camilo Mora ajoute que le Canada ne protège pas suffisamment les stocks en déclin. De plus, selon les chercheurs, les subventions accordées par Ottawa contribuent à une pêche excessive.

Ces conclusions n'étonnent guère Gilles Thériault, consultant et analyste en gestion des pêches au Nouveau-Brunswick. « C'est difficile pour les gestionnaires ou les gouvernements de respecter toujours les avis des scientifiques parce que les scientifiques ne mesurent pas l'impact économique sur les gens qui vont être affectés. Alors, il faut trouver l'équilibre », explique M. Thériault.

Le chercheur Camilo Mora est d'accord, mais il affirme que si on veut que les futures générations aient des ressources marines, il faut protéger les stocks de poisson.

Robert Thibault, ancien ministre fédéral libéral des Pêches et des Océans, avait eu le courage de fermer la pêche à la morue. Il explique qu'il basait ses décisions sur les avis combinés du ministère et d'un conseil consultatif.

M. Thibault ajoute que ses homologues américains étaient souvent moins prudents que lui-même et qu'il pensait que les données scientifiques invoquées sont de moins en moins bonnes parce qu'on dépense de moins en moins d'argent pour les recueillir.

Avec les informations de La Presse canadienne