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Nuit mouvementée

Importante présence policière lors de cette nuit mouvementée

Importante présence policière lors de cette nuit mouvementée

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Neuf personnes âgées entre 18 et 27 ans sont arrêtées après une nuit de confrontation entre jeunes et policiers à Montréal-Nord.

Près d'une année après les émeutes qui ont suivi la mort de Fredy Villanueva, Montréal-Nord a revécu une nuit mouvementée. Neuf personnes ont été arrêtées après des affrontements entre des jeunes et des policiers.

Sept des neuf personnes interpellées, des jeunes âgés entre 18 et 27 ans, ont comparu au cours de la journée de mercredi. Elles ont été accusées de voies de fait armées et de voies de fait sur des agents de la paix. Des accusations pour avoir troublé la paix, de méfait et d'intrusion ont aussi été déposées.

Tout a commencé mardi, vers 22 h 15, au parc Carignan, où des policiers ont été appelés pour une bagarre. Une cinquantaine de jeunes les auraient accueillis avec des projectiles, et une autopatrouille aurait été endommagée. Des dizaines d'autres policiers de postes environnants ont été appelés en renfort.

Les jeunes se sont alors dispersés dans les rues et les ruelles du quartier, en petits groupes. Ils ont joué au chat et à la souris avec les policiers pendant quelques heures, allumant des feux de poubelle et brisant des cabines téléphoniques, des abribus, ainsi que quelques véhicules appartenant aux résidents du secteur.

Certains commerces, une banque et une pharmacie ont également été la cible d'actes de vandalisme au niveau du boulevard Léger. Au plus fort des événements, les pompiers de la caserne du boulevard Rolland, celle-là même qui avait été incendiée en août dernier, se sont barricadés, craignant une répétition des émeutes de l'été 2008.

Ces incidents montrent que les tensions restent vives dans ce secteur de la ville. Selon certains jeunes qui se sont exprimés auprès d'un journaliste de Radio-Canada, mais qui ont refusé d'être interviewés face à la caméra, d'autres incidents du genre pourraient survenir dans le quartier au cours de l'été tant que Québec n'ordonnera pas la tenue d'une commission d'enquête sur la mort de Fredy Villanueva.

Appel à « la bonne volonté »

Réagissant à ces incidents, le ministre de la Sécurité publique Jacques Dupuis a lancé un appel à « la bonne volonté de tous ». « Les policiers ne sont pas là pour faire de la provocation. Depuis les événements de Montréal-Nord, les policiers font des efforts importants pour se rapprocher de la communauté et des jeunes », a-t-il déclaré lors d'un point de presse tenu à Québec.

Il a d'ailleurs souligné que ce sont des citoyens qui ont fait appel aux policiers, dans la mardi à mercredi. Selon lui, les affrontements sont le fait d'« agitateurs ». « Un certain nombre de personnes, qui sont en général des jeunes, cherchent à déstabiliser pour accomplir leurs actes, qui sont des actes de nature illégale. »

La coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés, Nicole Filion, explique plutôt les événements de mardi soir par « le climat de tension » entre les policiers et la population. « Les relations avec les policiers n'ont pas été facilitées dans les dernières années par la lutte aux gangs de rues et l'intervention du groupe Eclipse. C'est comme si la répression policière avait été ajoutée à l'exclusion sociale vécue dans le quartier », a-t-elle dit.

« Ce n'est pas une intervention policière qui va régler les problèmes de Montréal-Nord, c'est une intervention politique. »

— Une citation de  Nicole Filion, coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés

Qualifiant l'événement « d'isolé », le commandant du poste de quartier 39, Roger Bélair, estime pour sa part que le climat dans le secteur a pour effet que la police de Montréal se tient « aux aguets » lorsque des jeunes s'attroupent dans un parc pour manifester.

Quant à la possibilité que la présence massive de policiers ait pu attiser la colère des jeunes, M. Bélair affirme que la nécessité de procéder à des arrestations et le fait que les policiers ont été pris à partie a exigé l'envoi d'effectifs policiers supplémentaires.

Reste que cet événement aurait pu se produire « n'importe où sur l'île de Montréal où un groupe de jeunes s'attroupent et prennent la rue d'assaut », affirme Roger Bélair. Il considère que ce type d'événement ne peut être évité, les autorités policières ne pouvant que l'encadrer, le coordonner de façon à limiter les dégâts.

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