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Deux élus ripostent

Hôtel de ville de Montréal

L'hôtel de ville de Montréal

Photo : La Presse canadienne / Peter McCabe

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les conseillers municipaux Sammy Forcillo et Cosmo Maciocia demandent à La Presse de faire une mise au point, après la publication d'un article sur des allégations de corruption dans l'administration du maire Tremblay.

Deux élus municipaux de Montréal contre-attaquent à la parution d'un article paru mardi dans La Presse concernant des allégations de corruption au sein de l'administration du maire Gérald Tremblay.

L'avocat des conseillers municipaux Sammy Forcillo et Cosmo Maciocia, Me Claude-Armand Sheppard, a fait parvenir mardi une mise en demeure à La Presse pour lui demander de publier une mise au point sur l'affaire.

Dans le document, on peut lire que: « Messieurs Sammy Forcillo et Cosmo Maciocia affirment qu'ils n'ont été mêlés ni de près ni de loin aux incidents allégués, n'ont aucune connaissance des individus qui auraient prétendu agir en leur nom et n'ont trempé en aucune façon dans les agissements mentionnés dans l'article. [...] Bien que la police ne les ait jamais contactés, nos clients sont prêts à rencontrer les autorités de la SQ en aucun temps pour répondre à toutes les questions qui pourraient leur être posées au sujet de cette affaire qui, quant à ce qui les concerne, est fausse du début à la fin. »

En soirée, La Presse n'a pas voulu commenter ces développements. Dans son édition de mardi, le quotidien de la rue Saint-Jacques écrit que la Sûreté du Québec a ouvert une enquête pour une affaire de corruption à la Ville de Montréal portant sur un contrat de réfection de l'hôtel de ville.

Paul Sauvé, un entrepreneur en construction, a confié au journal qu'un membre de la mafia lui aurait demandé 40 000 $, une somme qui était selon lui destinée à deux élus de l'équipe du maire de Montréal. M. Sauvé avait obtenu un contrat de 10,6 millions de dollars pour la réfection du toit de l'hôtel de ville.

La Presse a dit connaître les noms des deux élus, mais ne les a pas dévoilés. Le quotidien précise qu'il n'a « aucune information montrant que les conseillers municipaux ont été mêlés à cet incident ».

Dans l'article de La Presse, la SQ a refusé de commenter l'affaire. Un agent a toutefois déclaré au quotidien, sous le couvert de l'anonymat, qu'une enquête était en effet en cours. La SQ a confirmé mardi matin aux médias qu'il y a bel et bien une enquête, sans toutefois donner plus de détails.

L'entrepreneur Paul Sauvé, qui faisait face à de graves difficultés financières, a également confié à La Presse avoir fait appel aux Hells Angel après avoir eu des problèmes sur ses chantiers avec la FTQ. Selon M. Sauvé, les Hells Angels auraient alors tout fait pour prendre le contrôle de son entreprise.

Le maire fustige La Presse

Dans un point de presse, mardi matin, le maire Tremblay a réagi avec vigueur aux allégations de corruption envers deux membres de son administration. Il accuse le quotidien montréalais de vouloir discréditer son administration.

Gérald Tremblay se défend devant les allégations de La Presse sur une affaire de corruption à l'hôtel de ville.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a tenu à faire le point sur les allégations publiées dans La Presse

Gérald Tremblay n'accepte pas que son administration soit mêlée à cette affaire, qui est selon lui une situation « d'extorsion sur un chantier de construction ». « On ne se servira pas de l'administration de Montréal pour essayer de régler les problèmes de corruption dans l'industrie de la construction », a-t-il déclaré.

Le maire montréalais s'est montré très critique envers le traitement de l'information par le quotidien. « Je trouve que le traitement fait par La Presse en première page est un traitement qui tente encore une fois de discréditer mon administration. Ce n'est pas de l'éthique journalistique », a avancé M. Tremblay.

Pour qualifier l'article, il a parlé « d'insinuations, de suppositions et d'allégations non prouvées ». Le maire a ensuite mis au défi le journal de nommer les élus s'il avait des preuves. Lors de la conférence de presse, il a même refusé de répondre à une journaliste de La Presse.

M. Tremblay a rappelé qu'il a demandé personnellement au Service de police de Montréal (SPVM) de faire enquête sur l'affaire, et que le SPVM a ensuite confié le dossier à la Sûreté du Québec. Gérald Tremblay a d'ailleurs demandé qu'on « laisse l'enquête suivre son cours ». Il dit avoir parlé aux conseillers municipaux concernés, qui disent ne rien avoir à faire avec cette histoire.

Je l'ai déjà dit et je le répète de façon très claire: le journal La Presse a décidé qu'il y aurait un autre maire à Montréal, mais ce ne sont pas des éditorialistes qui vont choisir qui sera le prochain maire ou la prochaine mairesse. Ce sont les citoyens qui vont le faire.

Une citation de :Gérald Tremblay

Les réactions

Le chef de l'opposition officielle à la Ville de Montréal, Benoît Labonté, a commenté l'affaire, soulignant qu'il y avait déjà eu plusieurs enquêtes sur l'administration Tremblay. « Je pense que le principal dirigeant de la Ville doit se demander s'il a encore l'autorité morale pour la diriger », a déclaré M. Labonté.

Quant au journaliste André Noël, auteur de l'article, il affirme que La Presse n'a aucune intention cachée. Il a ajouté que d'aucune façon le quotidien n'essayait de mousser un autre candidat en prévision de la campagne électorale à venir.

Philippe Cantin, vice-président à l'information et éditeur adjoint à La Presse, croit que c'est le rôle de son journal de fouiller de tels dossiers. En réponse aux allégations du maire quant aux intentions cachées de son journal, il répond que le seul « agenda » de La Presse est l'intérêt public.

M. Cantin a du reste affirmé que La Presse avait l'habitude de faire des mécontents lorsque sont publiées des histoires dans les domaines politique, économique ou sportif. « C'est la 5e enquête policière qui est déclenchée, la 3e dans les deux derniers mois, il y a peut-être là une perception, là, qui n'est pas causée par La Presse et qui est causée, purement et simplement, par le déroulement des événements », a-t-il ajouté.

Le maire de Montréal ne dictera pas « l'agenda » de La Presse.

Une citation de :Philippe Cantin, éditeur adjoint à La Presse

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