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Victoire historique des néodémocrates

Darrell Dexter
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Nouveau Parti démocratique dirigé par Darrell Dexter formera le premier gouvernement néodémocrate de l'histoire de la Nouvelle-Écosse. Ce sera un gouvernement majoritaire.

Le Nouveau Parti démocratique dirigé par Darrell Dexter formera un gouvernement majoritaire en Nouvelle-Écosse.

Il s'agit d'une victoire historique, car ce sera le premier gouvernement néodémocrate de la province et le premier formé à l'est de l'Ontario.

Les néodémocrates comptent 31 élus, les libéraux de Stephen McNeil en ont 11 et les progressistes-conservateurs de Rodney MacDonald en ont 10. Aucun candidat du Parti vert de Ryan Watson n'a été élu et aucun indépendant non plus. M. MacDonald est à la tête du gouvernement minoritaire sortant.

Consultez notre section spéciale sur la campagne néo-écossaise.

Darrell Dexter obtient un cinquième mandat consécutif des électeurs de Cole Harbour, une circonscription qu'il représente depuis 1998. Il dirigeait l'opposition officielle depuis 2006.

Le chef progressiste-conservateur, Rodney MacDonald, est réélu dans la circonscription d'Inverness, au Cap-Breton. Il s'agit de son quatrième mandat consécutif.

Stephen McNeil, chef du Parti libéral, est réélu dans la circonscription d'Annapolis qu'il représente depuis 2003. Il s'agissait de ses premières élections à titre de chef du parti.

Le chef du Parti vert, Ryan Watson, est défait dans Halifax Citadel-Sable Island. Il ne s'agissait que des deuxièmes élections générales à laquelle participaient les verts et les premières sous la gouverne de M. Watson.

Les électeurs de Clare ont accordé un nouveau mandat au libéral Wayne Gaudet. Ce dernier représente cette circonscription acadienne depuis 1993.

Le progressiste-conservateur Chris d'Entremont, ministre des Services communautaires et ministre responsable des Affaires acadiennes dans le gouvernement sortant, est réélu dans Argyle.

Les électeurs de Richmond ont réélu le candidat libéral Michel Samson, qui les représente à Halifax depuis 1998.

Seules des femmes se portaient candidates dans Chester-St. Margaret's. C'est la néodémocrate Denise Peterson-Rafuse qui remporte la victoire. Elle détrône la progressiste-conservatrice Judy Streatch, ministre de l'Éducation dans le gouvernement sortant. Le frère de cette dernière, Steve Streatch, candidat du même parti dans Colchester-Musquodoboit Valley, essuie également une défaite devant son adversaire néodémocrate, Gary Burrill.

La circonscription de Colchester-Nord, qui ne comptait aussi que des candidates féminines, sera représentée à Halifax par sa députée sortante, la progressiste-conservatrice Karen Casey. Elle était ministre de la Santé dans le gouvernement sortant.

Ernest Fage, le seul député indépendant sortant et ancien ministre progressiste-conservateur, est défait dans Cumberland-Nord. Il était à nouveau candidat indépendant. Son adversaire néodémocrate, Brian Skabar, remporte la victoire.

Les circonscriptions acadiennes dans l'opposition

Les électeurs des trois circonscriptions acadiennes de la province, Argyle, Claire et Richmond, se retrouvent dans l'opposition. Cela n'inquiète pas le directeur général de Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, Jean Léger.

Il mise sur les liens que l'organisme a établis au fil des ans avec le député néodémocrate Graham Steele, qui agissait comme porte-parole de l'opposition pour les questions francophones.

« Moi, je ne pense pas que parce qu'il n'y a pas d'Acadiens, ce parlement-là ne sera pas à l'écoute de la communauté acadienne et francophone », souligne Jean Léger.

Réactions et prévisions

Gordon Earl, ancien député néodémocrate au fédéral, croit que le parti est tout à fait prêt à gouverner. Il affirme qu'il s'agit d'une victoire historique qui va permettre aux gens de Nouvelle-Écosse d'accueillir un changement salutaire.

Laurent Le Pierrès, éditorialiste au Chronicle Herald, qui avait vu juste dans ses prévisions électorales, voit le Cabinet qui sera formé sous peu comme un difficile équilibre entre la représentation des communautés rurales et celle de Halifax.

« Il [Darrel Dexter] a promis un Cabinet restreint de 12 ministres et a à sa disposition une grande rentrée de députés de choix. Ceux de la ville d'Halifax sont les plus expérimentés. Ce sera la quadrature du cercle pour que les régions rurales soient bien représentées », explique M. Le Pierrès.

Résumé de la campagne électorale

Cette campagne électorale a été déclenchée au début de mai à la suite du renversement du gouvernement minoritaire de Rodney MacDonald. Ce gouvernement a été défait au sujet d'un projet de loi qui lui aurait permis de dépenser les revenus des ressources extracôtières au lieu de les utiliser pour rembourser la dette publique.

L'économie et la création d'emplois étaient les enjeux dominants de la campagne. Les chefs ont croisé le fer à trois reprises lors de débats télévisés qui se sont généralement soldés par un match nul, selon les observateurs.

Le premier ministre progressiste-conservateur sortant, Rodney MacDonald, s'est mis plusieurs fois dans l'embarras durant la campagne électorale. Il a notamment reconnu que des fonds spéciaux reçus d'Ottawa l'an dernier ne sont pas allés au remboursement de la dette, tel que promis.

Le chef du NPD, Darrel Dexter, a pour sa part évité les faux pas, même si les partis adverses ont tout fait pour réveiller les vieilles peurs envers ce parti.

Quant aux libéraux, ils ont réussi à s'imposer comme un choix crédible grâce à leur nouveau chef, Stephen McNeil. Au dernier jour de la campagne, celui-ci a lancé un appel aux partisans conservateurs: « Votre parti est visiblement en chute, alors si vous voulez bloquer le NPD, votez pour moi », leur a-t-il dit.

Le nombre d'électeurs qui se sont présentés au scrutin anticipé, le week-end dernier, a augmenté de 20 % par rapport à 2006. Au total, 48 000 personnes ont voté par anticipation.

À la dissolution de la Chambre, les progressistes-conservateurs occupaient 21 sièges, les néodémocrates en avaient 20 et les libéraux en comptaient 9. Il y avait un député indépendant et un siège était vacant.

Il s'agit des cinquièmes élections générales dans la province en 11 ans. La province est dirigée par un gouvernement progressiste-conservateur minoritaire depuis 2003.

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