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Labonté laisse la voie libre à Harel

Louise Harel
Louise Harel
Radio-Canada

L'ex-ministre péquiste Louise Harel sera candidate à la direction du parti Vision Montréal, première étape en vue de la conquête de la mairie aux élections municipales de novembre prochain.

Louise Harel part à la conquête de la mairie de Montréal. L'ex-ministre péquiste des Affaires municipales sous Lucien Bouchard sera candidate à la direction de Vision Montréal.

Dans un revirement inattendu, le chef du parti, Benoît Labonté, a annoncé mercredi qu'il s'éclipsait à son profit, en vue des élections municipales du 1er novembre.

Lors d'un point de presse conjoint, M. Labonté a annoncé avoir informé l'exécutif du parti qu'il retirait sa candidature et demandé que soit convoqué un congrès spécial pour désigner un nouveau chef et nouveau candidat à la mairie.

M. Labonté a présenté Mme Harel comme étant la plus à même de « faire de Montréal la grande métropole qu'elle doit être », avertissant que « quatre années de plus d'une administration Tremblay fossiliseraient Montréal et la rendraient ingouvernable ».

Louise Harel, qui a précisé avoir l'intention, si élue, d'offrir la présidence du comité exécutif de la Ville à M. Labonté, dit répondre à l'appel de centaines de citoyens de tous horizons qui l'ont interpellée pour qu'elle fasse le saut.

M. Labonté et Mme Harel en conférence de presse.M. Labonté et Mme Harel en conférence de presse.

Se défendant, tant en français qu'en anglais, de vouloir relancer le débat sur les fusions municipales, elle a plaidé pour un rééquilibrage des pouvoirs entre Montréal et ses 19 arrondissements.

« Cette structure empoisonne la vie des Montréalais, elle affaiblit Montréal et pervertit son avenir », a déploré Mme Harel, qui parle de paralysie ambiante et de fierté à retrouver. Selon elle, Montréal est « surgouvernée » et suradministrée ».

Disant que de nombreux citoyens partagent sa déception face au fonctionnement actuel de la Ville, mais aussi face au leadership de Gérald Tremblay, elle appelle francophones, anglophones, fédéralistes et souverainiste à unir leurs forces, et à ne plus laisser à Ottawa et à Québec le soin de décider pour Montréal.

Louise Harel a aussi tendu la main aux militants de Projet Montréal, dont le chef Richard Bergeron était jusqu'à récemment prêt à se désister à son profit. Elle leur propose un dialogue qui, dit-elle, pourrait conduire jusqu'à une plate-forme commune, voire une alliance formelle.

Elle a par ailleurs fait de la question d'un financement populaire, démocratique et transparent de Vision Montréal un élément central en vue de rétablir la confiance entre les citoyens et leur ville.

Marois lui souhaite la meilleure des chances

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a brièvement commenté la candidature de Mme Harel, par l'entremise de son attaché de presse.

Elle s'est « réjouie qu'une femme se porte candidate à la mairie de Montréal » et a présenté Mme Harel comme une femme « de grande qualité » et une « grande amie à qui je souhaite la meilleure des chances ».

Mme Harel fera face à un maire sortant affaibli dans l'opinion publique. L'étoile de l'ancien ministre libéral de l'Industrie sous Robert Bourassa a pâli au cours des derniers mois dans la foulée des scandales concernant la Société d'habitation et développement de Montréal et le contrat des compteurs d'eau.

O'Sullivan lance des pointes à Harel

La candidate à la mairie de Montréal Louise O'Sullivan a de nouveau dénoncé mercredi la venue probable de Louise Harel dans la course à la mairie.

Se défendant d'en faire un contentieux entre anglophones et francophones, elle appréhende un alignement de la Ville de Montréal sur les volontés de l'État québécois, en raison notamment du rôle que Mme Harel a joué dans le dossier des fusions municipales sous le gouvernement de Lucien Bouchard. « On ne veut pas être vendu à Québec », a-t-elle plaidé.

L'ancienne conseillère municipale de l'arrondissement de Ville-Marie, qui a derrière elle quatre ans d'expérience au comité exécutif, se demande par ailleurs si Louise Harel connaît assez bien les enjeux des arrondissements pour diriger la métropole.

Mme Harel a été élue à Montréal pour gérer de Québec. Elle connaît les dossiers du Québec à fond, mais est-ce qu'elle connaît les enjeux locaux des Montréalais? Je ne pense pas.

Louise O'Sullivan

Un coup de sonde révélateur?

Dans un sondage Angus Reid publié dans La Presse le 11 mai dernier, on demandait aux Montréalais pour qui ils voteraient parmi les candidats suivants: Martin Cauchon, Denis Coderre, Jacques Duchesneau, Liza Frulla, Louise Harel, Pierre Marc Johnson, Robert Laramée et Gilbert Rozon.

Mme Harel était arrivée en tête, avec 17 % des intentions de vote. Elle était suivie de Pierre Marc Johnson, avec 11 % des suffrages, Liza Frulla 9 % et Denis Coderre 9 %.

La firme avait aussi mesuré la popularité de chacune de ces personnalités à celle du maire Gérald Tremblay. Mme Harel recueillait alors 45 % des intentions de vote, contre 26 % pour M. Tremblay (et 29 % d'indécis), soit le meilleur résultat.

Le sondage d'Angus Reid a été mené les 6 et 7 mai auprès de 805 personnes vivant sur l'île de Montréal. La marge d'erreur est de 3,5 points.

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