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Obama, « actionnaire réticent »

Radio-Canada

Le président américain défend sa décision d'injecter 30 milliards de dollars de plus dans GM et d'obtenir en retour 60 % des actions. Le gouvernement, dit-il, ne se mêlera pas de la gestion quotidienne de GM et se départira rapidement de ses parts.

General Motors, qui a été numéro un mondial de la vente de véhicules automobiles pendant 77 ans, s'est placé sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, lundi, devant un tribunal des faillites du district sud de New York. Cela lui permettra de compléter un vaste processus de restructuration entrepris depuis déjà plusieurs mois.

Des courtiers new-yorkais écoutent la déclaration du président Barack Obama.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des courtiers new-yorkais écoutent la déclaration du président Barack Obama.

Photo : La Presse canadienne / AP/Richard Drew

S'adressant à la presse à midi, le président Obama a prévenu que ce processus sera vraisemblablement plus long que celui en cours pour Chrysler. GM est une compagnie plus importante et plus complexe, a précisé M. Obama.

Le président américain s'est montré optimiste quant à l'avenir de GM, mais n'a pas caché que le chemin pour parvenir à des jours plus heureux était parsemé d'embûches. D'autres emplois seront perdus, a-t-il admis, et d'autres usines et d'autres concessionnaires fermeront leurs portes. Les syndiqués des Travailleurs unis de l'automobile (UAW) devront aussi faire de nouvelles concessions.

Barack Obama a affirmé que le gouvernement n'avait pas d'autre choix que d'investir 30 milliards de dollars de plus dans GM. Aucun autre prêteur n'aurait été en mesure d'avancer une telle somme, a-t-il dit, et cela aurait de toute façon été une erreur, étant donné que le constructeur croule déjà sous une énorme dette.

Le président affirme que son administration est actionnaire majoritaire de GM malgré elle, et qu'elle n'a pas l'intention de s'ingérer dans la gestion des opérations quotidiennes. Lorsque ce sera le moment d'ouvrir une nouvelle usine, la décision reviendra aux seuls gestionnaires de GM, a-t-il déclaré.

Le président-directeur général de GM, Fritz Henderson, s'est adressé aux médias tout de suite après le président américain. Les premiers ministres canadien et ontarien, Stephen Harper et Dalton McGuinty, doivent également faire le point à 13 h à Toronto.

Faillite inégalée dans le monde industriel

Dans son bilan déposé lundi matin, la firme de Détroit déclare des dettes totalisant 172,8 milliards de dollars américains, alors que ses actifs ne valent plus que 82,3 milliards. Il s'agit de la plus importante faillite d'une entreprise du secteur industriel enregistrée dans l'histoire des États-Unis.

Le siège social de GM, à Détroit.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le siège social de GM, à Détroit.

Photo : La Presse canadienne / AP/Paul Sancya

La Maison-Blanche, qui avait donné jusqu'au 1er juin à GM pour se restructurer à l'abri des tribunaux, avait confirmé dimanche soir que l'entreprise allait se mettre à l'abri de ses créanciers. Elle avait du coup dévoilé les détails du plan de restructuration qui sera soumis au juge par le fabricant automobile, dans lequel le Trésor américain a déjà investi 19,4 milliards de dollars depuis l'automne 2008.

L'administration Obama a ainsi annoncé qu'elle entendait investir 30,1 milliards de plus dans General Motors. Elle détiendrait ainsi 60 % des actions de l'entreprise et 8,8 milliards de la dette de l'entreprise. L'administration Obama ajoute qu'elle ne prévoit pas avoir à débourser d'autres sommes par la suite.

En vertu de ce plan, les gouvernements canadien et ontarien fourniraient ensemble une aide de 9,5 milliards de dollars américains à General Motors. Ils mettraient la main sur environ 12 % des actions et devront assumer une dette de 1,7 milliard. Ottawa investit cette somme pour s'assurer que les opérations canadiennes de la firme de Detroit seront maintenues dans les mêmes proportions qu'avant.

Selon la Maison-Blanche, des créanciers possédant 54 % de la dette obligataire de GM, évaluée à 27,1 milliards de dollars, ont accepté l'offre du gouvernement fédéral de mettre la main sur 10 % des actions. Ils pourront mettre la main sur 15 % de plus ultérieurement. Le processus judiciaire, indique une note de la Maison-Blanche, permettra aux autres détenteurs d'obligations de GM et aux autres créanciers d'accepter cette offre.

La caisse de santé du syndicat américain des Travailleurs unis de l'automobile (UAW) obtiendra 17,5 % des parts de General Motors en vertu d'une entente conclue il y a quelques jours. Elle pourra à terme obtenir 2,5 % des parts de plus.

Au Canada, le syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) a aussi été forcé de conclure une nouvelle entente avec GM. On ne sait pas avec certitude si GM Canada, une filiale de GM, se placera aussi sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

Toujours selon la Maison-Blanche, la caisse de santé du syndicat américain des Travailleurs unis de l'automobile (UAW) et le gouvernement canadien pourront tous deux nommer un membre du nouveau conseil d'administration. Les autres seront nommés par le gouvernement américain.

Au cours du siècle, General Motors Corporation a été l'une des plus importantes compagnies au monde et l'une des plus connues. Aujourd'hui sera un jour historique pour la compagnie. Ce sera la fin de la vieille General Motors, et le début d'une nouvelle entreprise.

Maison-Blanche

Une nouvelle entreprise

Le plan de restructuration négocié par la Maison-Blanche prévoit que General Motors serait rentable avec des ventes annuelles de 10 millions de véhicules, contre 16 millions actuellement. Plusieurs détails sont déjà connus, puisqu'ils avaient déjà été négociés.

Une chaîne de montage de VUS chez General MotorsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : La Presse canadienne / Kim Clay

Ainsi, 11 usines seront définitivement fermées et 3 autres cesseront de fonctionner jusqu'à nouvel ordre. Selon Associated Press, le nom de ces 14 usines sera révélé lundi, tout comme le nom du futur propriétaire de la marque Hummer, dont GM a déjà annoncé qu'elle allait se départir.

L'une des trois usines où les employés seraient mis en chômage technique serait toutefois reconvertie en vue de construire une petite voiture. Cela permettra de faire passer la proportion des véhicules construits aux États-Unis pour être vendus dans le pays de 66 % à 70 %.

Le président des TCA, Ken Lewenza, s'attend à ce que des usines canadiennes de GM suspendent leur production pour la durée du processus de restructuration. Il affirme qu'il serait « extraordinairement surpris » que toutes les usines restent ouvertes au pays.

Au total, quelque 21 000 employés de GM perdront leur emploi et environ 2600 concessionnaires seront fermés aux États-Unis, et dont 245 au Canada. GM a aussi déjà annoncé qu'elle laissait tomber sa marque Pontiac pour se concentrer sur les marques Chevrolet, Cadillac, Buick et GMC. General Motors doit aussi se départir de Saturn, de Saab et d'Opel. Cette dernière compagnie devrait passer entre les mains du fabricant de pièces automobiles canadien Magna.

Pour les gouvernements américain et canadien, qui ont déjà engagé d'importantes sommes dans la restructuration de Chrysler, les enjeux sont élevés. Le retour de GM à la rentabilité n'est pas garanti, malgré la forte pression qui ne manquera pas de peser sur l'entreprise.

À la clôture de la séance, vendredi, à la Bourse de New York, une action de General Motors ne valait plus que 75 ¢US. Maintenant que l'entreprise s'est placée sous la protection des tribunaux, elles ne valent pratiquement plus rien.

Avec les informations de Associated Press, New York Times, Reuters, et La Presse canadienne

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