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Loin des objectifs, dit Fraser

Graham Fraser, commissaire aux langues officielles

Graham Fraser, commissaire aux langues officielles (archives)

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Radio-Canada

Le Canada n'a pas encore atteint ses objectifs, 40 ans après l'adoption de la Loi sur les langues officielles, selon le commissaire Graham Fraser.

Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, affirme que le Canada n'a pas encore atteint ses objectifs 40 ans après l'adoption de la Loi sur les langues officielles.

Dans son rapport annuel déposé mardi au Parlement, le commissaire affirme que le Canada n'a pas su tirer pleinement avantage de son bilinguisme. Selon lui, à peine une personne sur cinq réussit à se faire servir en français à l'extérieur du Québec.

Le commissaire met en garde Ottawa contre la tentation de faire des compressions dans les langues officielles.

Une vision dynamique de la dualité linguistique basée sur le respect, le dialogue et le partenariat ne peut se développer que si le gouvernement fait preuve d'un engagement continu, malgré les défis économiques de l'heure.

Graham Fraser

À quelques mois des Olympiques de Vancouver

M. Fraser s'inquiète par ailleurs de la capacité du comité organisateur des Jeux olympiques de Vancouver, en 2010, d'offrir des services et des communications en anglais et en français.

Le commissaire n'est pas certain que le comité et les nombreuses institutions fédérales soient en mesure de respecter leurs promesses à l'égard des services dans les deux langues.

C'est particulièrement le cas avec les aéroports lorsqu'il est question d'y obtenir des services dans la langue de son choix. La ville-hôte des prochains Jeux a obtenu le pire résultat au pays (30,2 %), se classant derrière ceux de Toronto (39 %), d'Halifax (41,7 %) et d'Ottawa (55,6 %). C'est Montréal qui a obtenu la meilleure note à cet égard avec 87,2 %.

Je crois que c'est assez lamentable. [...] L'une des raisons pour lesquelles nous avons mené cette vérification horizontale sur les services offerts dans les aéroports, c'était en prévision des Jeux olympiques. Et la moitié des voyageurs étrangers qui vont aller à Vancouver vont passer par Toronto.

Graham Fraser

D'ailleurs, le commissaire recommande au ministre des Transports de déposer un nouveau projet de loi afin d'assurer la protection des droits linguistiques des clients d'Air Canada. Au cours des années, le transporteur aérien a régulièrement été cité dans le rapport annuel sur les langues officielles comme l'un des pires exemples.

L'an dernier, Air Canada avait hérité de la première place des 10 pires organismes fédéraux répertoriés dans le rapport du commissaire. Cette année, un tel palmarès n'a pas été dressé.

Un manque de cohérence et de leadership

Selon M. Fraser, le gouvernement fédéral manque de cohérence et de leadership dans la mise en oeuvre de la loi.

« Le gouvernement canadien a trop souvent négligé le fait que la santé du régime linguistique canadien dépend de celle de toutes ses composantes. Il suffit que le leadership des institutions fédérales s'affaiblisse dans un secteur de la dualité linguistique pour que des problèmes surgissent sur tous les plans », a-t-il indiqué.

M. Fraser estime que la participation des gestionnaires de la fonction publique est nécessaire pour régler certains problèmes qui subsistent dans l'offre de services bilingues et dans le milieu de travail.

« Il arrive fréquemment que les institutions fédérales négligent d'indiquer par un accueil bilingue que les services sont disponibles dans les deux langues. De plus, on se contente trop souvent d'offrir à la minorité linguistique une version traduite des services offerts à la majorité », a-t-il souligné.

Selon le recensement de 2006, on compte 9,6 millions de Canadiens (30,7 % de la population) qui parlent le français et 26,6 millions (85 %) qui parlent l'anglais.