•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Chaput reste et s'explique

Jean-Guy Chaput
Jean-Guy Chaput
Radio-Canada

Le PDG de la Société de développement des entreprises culturelles, Jean-Guy Chaput, nie les révélations de dépenses exagérées du vérificateur général, et affirme qu'il ira jusqu'au bout de son mandat, même s'il est désavoué par le gouvernement Charest.

Le PDG de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), Jean-Guy Chaput, affirme qu'il restera en place jusqu'à la fin de son mandat, le 2 octobre prochain.

Lors d'une conférence de presse destinée à répondre au rapport critique du vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, M. Chaput a réfuté les allégations de dépenses « somptueuses », affirmant qu'il n'y a pas eu d'exagération dans les frais de la SODEC.

Il a toutefois ajouté qu'il ne voulait pas « minimiser l'importance du rapport », car, selon lui, des correctifs sont nécessaires dans le fonctionnement de la société d'État, dont une amélioration des pratiques comptables.

M. Chaput a notamment apporté des précisions sur la chambre qu'il a louée à 1300 $ la nuit, à Cannes. Il a affirmé que cette chambre, située au 3e étage, était très ordinaire et n'avait rien de « somptueux ».

Même s'il convient que le prix est cher, il a rappelé que c'est la réalité à Cannes et que la SODEC, outre son stand qui s'avère « insuffisant », avait besoin de cet espace pour recevoir des gens et tisser des liens d'affaires.

Concernant les dépenses du commissariat européen de la SODEC à Paris, dont des frais de restauration de 80 000 $ révélés par le vérificateur général, M. Chaput a expliqué qu'il s'agissait d'une série de réceptions promotionnelles échelonnées sur une quinzaine de jours sur les Champs-Élysées, où la SODEC avait élu domicile durant la semaine du cinéma québécois à Paris.

Il a mentionné que la SODEC avait produit une pièce justificative, soit une facture unique du Publicis Drugstore.

M. Chaput a tout de même admis qu'il y a « un resserrement à faire dans nos façons de faire », surtout pour ce qui est des activités du commissariat européen.

S'agissant des frais administratifs de plus de 200 000 $ insérés dans les dépenses de programmes d'aide financière, le PDG de la SODEC a indiqué qu'il avait eu l'aval du conseil d'administration et de la ministre de la Culture pour agir de la sorte.

Il a expliqué que contrairement aux domaines de la musique et du livre, dans le secteur du cinéma, c'est la SODEC qui agit directement comme opérateur afin de promouvoir les productions québécoises.

D'après M. Chaput, il ne s'agit pas de dépenses inappropriées, comme le laissait entendre le vérificateur général, qui a fait remarquer que le procédé utilisé laissait croire que cet argent était versé à des organismes culturels.

J'y suis, j'y reste

Le PDG de la SODEC a par ailleurs réaffirmé son intention de rester à la tête de la société jusqu'à la fin de son mandat, le 2 octobre prochain.

Il a refusé de commenter les déclarations de Jean Charest et de la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, à son propos, préférant s'en remettre au Secrétariat aux emplois supérieurs qui, selon lui, lui a demandé de terminer son mandat.

Je n'ai pas des goûts somptueux, je n'ai pas dépensé, je n'ai pas pris de l'argent qui devait être là. Donc à partir de là, je n'ai pas à démissionner.

Jean-Guy Chaput, PDG de la SODEC

M. Chaput a assuré qu'il avait l'autorité morale pour le faire, et a affirmé avoir beaucoup fait durant son mandat pour la promotion de la culture québécoise et son rayonnement dans le monde.

Il a ajouté que son sort est désormais entre les mains du C.A., qui se réunira vendredi prochain pour donner suite au rapport du vérificateur général.

Un PDG désavoué

La ministre Christine St-Pierre a déclaré plus tôt, mardi matin, que Jean-Guy Chaput n'avait plus l'autorité morale pour diriger la société d'État.

Au lendemain de la publication du rapport, alors qu'il revenait du Festival de Cannes, M. Chaput avait été questionné sur la nécessité de louer une chambre à 1300 $ la nuit dans le cadre du Festival de Cannes.

Après la publication du rapport, le premier ministre Jean Charest a affirmé que ces agissements étaient inappropriés, ajoutant qu'il serait « difficile pour M. Chaput de continuer dans son poste, alors qu'il ne sera pas renouvelé, et que la confiance n'y est plus ».

Vendredi, M. Chaput a affirmé n'avoir rien négligé et avoir l'intention de rester en poste jusqu'à la fin de son mandat, en octobre.

Samedi, en marge du conseil national du Parti libéral du Québec, la ministre St-Pierre a réagi aux propos de M. Chaput, indiquant que « c'est la première réaction; il va réfléchir au cours du week-end ».