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Un signe de vie d'Amanda Lindhout

Amanda Lindhout en Somalie avant son enlèvement

Amanda Lindhout en Somalie avant son enlèvement

Photo : Presse canadienne

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La journaliste canadienne et le photographe australien Nigel Brennan, enlevés en août dernier en Somalie, décrivent des conditions de détention éprouvantes dans un appel de détresse.

La journaliste canadienne Amanda Lindhout et le photographe australien Nigel Brennan, enlevés en août dernier en Somalie, ont lancé un appel de détresse lundi.

Lors d'un entretien téléphonique de cinq minutes avec l'Agence France Presse, ils ont décrit une captivité éprouvante et appellent leur gouvernement à aider au versement d'une rançon. Ils ne pouvaient répondre à certaines questions et semblaient lire ou réciter un texte, peut-être sous la contrainte, précise l'agence.

Celle-ci précise qu'aucune identification formelle des deux journalistes n'a pu être réalisée pendant l'entretien, mais que la manière de s'exprimer des reporters ne laisse pratiquement aucun doute sur leur identité.

« Je suis malade depuis plusieurs mois »

« Je suis malade depuis plusieurs mois. À moins que mon gouvernement, le peuple canadien, toute ma famille et mes amis puissent réunir 1 million de dollars, je mourrai ici, c'est certain. J'appelle mon gouvernement à venir en aide à ma famille et à payer ma rançon », a déclaré Amanda Lindhout, en larmes.

« La situation ici est vraiment désespérée et sérieuse. Je suis otage depuis neuf mois, les conditions sont très mauvaises. Je ne bois pas d'eau potable, je suis nourrie au mieux une fois par jour. Je suis maintenue enchaînée dans une pièce noire sans fenêtre, toute seule. »

— Une citation de  Amanda Lindhout

Quand on lui a demandé si elle avait été violentée par ses ravisseurs, la jeune femme a expliqué qu'elle ne pouvait répondre à ces questions: « Ce que je viens de dire, c'est tout ce que je peux dire ».

Prudence à Ottawa

Contacté par Radio-Canada.ca, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, Daniel Barbarie, a indiqué que les représentants de son département prenaient « toutes les mesures appropriées en ce moment afin d'obtenir plus d'information concernant le bien-être de Mme Lindhout, et assister la famille pour assurer sa libération ainsi que celle de M. Brennan ».

M. Barbarie a ajouté que son ministère ne partage pas d'information « qui pourrait compromettre nos efforts ou qui pourrait mettre en danger la personne concernée. En traitant d'une situation où des vies pourraient être en danger, la prudence et le bon jugement sont de mise ».

Nigel Brennan se dit menotté depuis quatre mois

Son collègue Nigel Brennan a dit être menotté depuis quatre mois. « Ma santé est très précaire et se détériore rapidement en raison d'une forte fièvre. J'implore mon gouvernement de m'aider en tant que citoyen australien », a-t-il expliqué, tout en semblant épuisé nerveusement.

« Je demande l'aide de ma famille par tous les moyens possibles pour que la rançon pour ma libération puisse être payée. J'aime beaucoup mon pays, j'aime ma famille, ma petite amie », a-t-il ajouté.

Les ravisseurs menaçants

Un homme se présentant comme l'intermédiaire des ravisseurs, un certain « Adan Nur » a prévenu: « Ils ont assez souffert comme ça et nous maintenons nos exigences. Quiconque se préoccupe de leur situation devrait aider à leur libération, sinon ils souffriront davantage ».

Amanda Lindhout et Nigel Brennan ont été enlevés le 23 août dernier par des inconnus armés, sur la route reliant Mogadiscio à Afgoye, où ils voulaient visiter des camps de déplacés.

Notons que dans cette dernière communication, Mme Lindhout évoque une rançon de 1 million de dollars. Le montant initialement réclamé par les ravisseurs s'élevait à 2,5 millions.

Amanda Lindhout est originaire de Red Deer en Alberta. Elle collabore habituellement avec le magazine Red Deer Advocate, ainsi qu'avec les chaînes de télévision France 24 et Global National News.

Des enlèvements fréquents, une durée qui l'est moins

Également pris en otages avec eux, un journaliste somalien et deux chauffeurs ont été libérés en janvier.

Des étrangers sont régulièrement enlevés en Somalie, pays en guerre civile depuis 1991, et libérés contre rançon. Journalistes et humanitaires s'avèrent particulièrement visés. La durée de captivité des deux journalistes pigistes se fait toutefois particulièrement longue au regard de prises d'otages similaires qui n'excèdent souvent pas plusieurs semaines.

Quatre employés européens de l'organisation non gouvernementale française Action contre la faim et leurs deux pilotes kenyans, enlevés début novembre, restent également otages.

Avec les informations de Agence France-Presse

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