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Charest désavoue Chaput

Le premier ministre du Québec, Jean Charest

Le PDG de la SODEC, Jean-Guy Chaput, n'a plus la confiance du premier ministre, à la suite des révélations du vérificateur général sur ses dépenses. Il affirme toutefois qu'il n'a pas l'intention de démissionner.

Le président et chef de la direction de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), Jean-Guy Chaput, n'a plus la confiance du premier ministre Jean Charest.

Après la publication, jeudi, d'un rapport du vérificateur général du Québec qui critique sévèrement les gestionnaires de la SODEC, M. Charest a affirmé que ces agissements étaient inappropriés, même si M. Chaput n'a rien fait d'illégal.

« M. Chaput doit avoir l'occasion de s'expliquer auprès de son conseil d'administration. Il faut lui offrir ça, et on verra les décisions qu'ils prendront. [...] La conclusion me semble assez évidente. Ça va être difficile pour M. Chaput de continuer dans son poste, alors qu'il ne sera pas renouvelé et que la confiance n'y est plus. »

Dans son rapport, le vérificateur Renaud Lachance souligne d'importantes lacunes dans le contrôle des dépenses et l'accès interne à l'information sur la gestion de l'organisme. M. Lachance a présenté plusieurs exemples frappants à l'appui de ses dires, notamment les frais de déplacement de M. Chaput, qui dépassent et sont parfois même le double des montants d'autres personnes voyageant au même moment, pour le même événement.

Par exemple, M. Chaput est revenu vendredi du Festival de Cannes, où sa chambre coûtait 1300 $ la nuit. Selon Renaud Lachance, une chambre avec vue sur mer n'était peut-être pas nécessaire pour que le président de la SODEC puisse accomplir ses fonctions.

Chaput se défend

Le président et chef de la direction de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), Jean-Guy ChaputLe président et chef de la direction de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), Jean-Guy Chaput

Jean-Guy Chaput n'a pas l'intention de démissionner. Interrogé par les journalistes à son arrivée à l'aéroport, M. Chaput a dit n'avoir rien négligé. « J'ai la même maudite chambre que l'autre avant moi allait dedans [sic] », a-t-il lancé, ajoutant qu'il s'agit d'une entente qui date de plusieurs années.

La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, envisage de demander à M. Chaput de rembourser des dépenses jugées exagérées par le vérificateur général.

Le vérificateur général a également soulevé que le bureau montréalais de la SODEC n'a pas le détail des activités de son commissariat à Paris et des dépenses de ce dernier lors d'événements majeurs. « Par exemple, une facture indiquait une dépense de plus de 80 000 $ justifiée uniquement par la mention "prestation de restauration", sans plus de détails », explique le vérificateur dans son rapport.

De plus, lors de déplacements au Québec, des employés de la SODEC ont remis, dans près des deux tiers des cas, des notes d'hôtel supérieures aux normes établies par l'organisme.

Enfin, 200 000 $ en frais de déplacement ont été insérés dans les dépenses de programmes d'aide financière, ce qui pourrait donner l'impression qu'il s'agissait d'aide versée au milieu culturel. Renaud Lachance qualifie cette façon de procéder « d'inappropriée ».

M. Lachance a indiqué que la SODEC avait promis de revoir ses pratiques de gestion. C'est le président du conseil d'administration de la SODEC, Jean Pronovost, qui a demandé au vérificateur général d'enquêter sur l'organisme, ce qui est tout à son honneur, a souligné Renaud Lachance.

Déjà des questions en 2006

En 2006, l'opposition officielle avait déjà interrogé la ministre de la Culture de l'époque, Line Beauchamp, sur le généreux compte de dépenses de Jean-Guy Chaput. « On peut même affirmer que les frais de représentation ne peuvent qu'aller en diminuant au cours des prochaines années », avait alors répondu la ministre.

C'est la ministre Beauchamp qui a nommé Jean-Guy Chaput, en 2004, au poste de président de la SODEC. Les deux se connaissaient déjà. M. Chaput avait engagé Mme Beauchamp à la radio communautaire CIBL, en 1991. Il a aussi participé à la nomination de Line Beauchamp comme directrice générale de Pro-Est, une société de promotion et de concertation socio-économique de l'est de Montréal, en 1993.

Questionnée au sujet de Jean-Guy Chaput vendredi soir, au conseil général du PLQ, à Laval, Line Beauchamp a dit qu'elle croyait que le vérificateur général avait « bien fait son travail ». Elle a ajouté qu'elle partageait l'avis de la ministre St-Pierre, disant que « le niveau de dépenses qu'on retrouve à la SODEC n'est pas acceptable ». Elle n'est pas allée jusqu'à réclamer le congédiement de M. Chaput, mais a dit qu'il faudrait « que ce soit accompagné de conséquences ». C'est au conseil d'administration de la SODEC de prendre une décision, a-t-elle dit.

Avant son embauche comme président de la SODEC, Jean-Guy Chaput avait une feuille de route particulière. Il a été condamné par la cour à rembourser des sommes au ministère du Revenu pour des déclarations de revenus incomplètes. Directeur d'une Caisse populaire à Montréal, il a dû démissionner en 1995. La Fédération des caisses populaires de Montréal lui reprochait son laxisme et des irrégularités dans sa gestion.

Avec les informations de La Presse canadienne