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Agressions sexuelles « endémiques »

Présentation du rapport à la presse

Présentation du rapport à la presse

Photo : AFP / Peter Muhly

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le rapport d'une commission d'enquête affirme que les agressions sexuelles ont été « endémiques » dans les instituts catholiques pour garçons de 1936 aux années 1990.

En Irlande, les institutions catholiques pour garçons ont été le théâtre d'agressions sexuelles « endémiques » depuis la fin des années 1930.

C'est la conclusion à laquelle est arrivée une commission d'enquête irlandaise dans un rapport qui dénonce « le silence » des autorités religieuses. Le rapport publié mercredi est le fruit de neuf années de travaux durant lesquelles les enquêteurs ont interrogé des milliers de victimes.

Selon le rapport, « les autorités religieuses savaient que les agressions sexuelles étaient un problème persistant dans les institutions religieuses masculines » durant la période concernée, de 1936 aux années 1990.

Dans ce document de 2500 pages, les auteurs du rapport accusent l'Église catholique de « ne pas avoir écouté les personnes qui se plaignaient d'agressions sexuelles survenues par le passé ou de ne pas les avoir crues en dépit de preuves recueillies dans des enquêtes policières, de condamnations criminelles ou de témoignages ».

« Quand du personnel religieux commettait des abus, le problème était plutôt traité avec des procédures disciplinaires internes et avec la loi canonique. La Garda [police irlandaise] n'était pas mise au courant », ajoute la commission.

« Des hommes ayant déjà commis des agressions sexuelles quand ils étaient membres d'un ordre religieux continuaient à exercer en tant qu'enseignants », indique le rapport. Le rapport stigmatise également le ministère de l'Éducation qui, « dans les rares occasions où il était informé, se rendait complice du silence ».

Par ailleurs, le document précise que « la situation dans les institutions pour filles était différente. Même si les filles étaient soumises à des agressions sexuelles, celles-ci n'étaient pas systématiques ».

Témoignage d'une victime

John KullyAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

John Kelly

Photo : AFP / Peter Muhly

Certaines institutions s'apparentaient à de véritables « goulags », où des enfants vulnérables étaient traités comme des esclaves, a raconté John Kelly, coordinateur de l'organisation Survivants de maltraitances sur enfants (SOCA), décrivant la façon dont les pensionnaires devaient « parfois fabriquer les instruments de [leur] propre torture ».

On fabriquait les martinets avec lesquels ils nous frappaient. Certains [religieux] étaient si diaboliques que des morceaux de vieilles pièces anglaises de 3 pennies devaient être cousues sur les lanières.

Une citation de :John Kelly

« Nous confectionnions nos vêtements nous-mêmes, nous fabriquions nos propres chaussures. Nous n'avions pas beaucoup de nourriture provenant des fermes pour lesquelles nous travaillions. Contrairement aux frères et aux prêtres », se rappelle-t-il. « Les enfants étaient loués à des fermiers comme esclaves », a-t-il précisé.

M. Kelly était pensionnaire dans un établissement installé dans une ancienne caserne militaire britannique, au centre de l'Irlande. « Je n'étais pas John Kelly, j'étais le numéro 253, je m'en souviendrai toujours », a-t-il dit.

« Je pense que c'est un certain réconfort [le rapport], mais les blessures resteront ouvertes pour la simple raison que les problèmes n'ont pas été gérés correctement et que les responsables ne sont toujours pas désignés », a-t-il déclaré.

« Échec collectif »

La Commission d'enquête a été mise sur pied en 2000 par le premier ministre de l'époque, Bertie Ahern, après une série de documentaires télévisés et d'enquêtes de police qui avaient révélé l'ampleur du scandale.

En 1999, M. Ahern avait présenté ses excuses aux victimes, dénonçant « l'échec collectif [du pays] à intervenir, à déceler leurs souffrances, à leur venir en aide ».

Un organisme mis sur pied par le gouvernement parallèlement à la commission d'enquête a déjà versé plus de 1,5 milliard de dollars de dédommagements à 12 500 des quelque 14 500 victimes qui se sont manifestées.

La majorité des 30 000 à 40 000 enfants passés dans ces institutions, depuis la fin des années 1930, étaient en situation difficile, souvent orphelins ou délinquants.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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