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Forte opposition aux douaniers armés

Un manifestant à Akwasasne au début du mois de mai (archives)
Radio-Canada

Les Mohawks de la réserve autochtone maintiennent leur opposition au projet d'armer les douaniers du poste frontalier de Cornwall, alors que ceux-ci considèrent cette mesure comme essentielle à leur sécurité.

Les Mohawks de la réserve autochtone d'Akwasasne maintiennent leur opposition au projet d'armer les douaniers du poste frontalier de Cornwall. Quant aux fonctionnaires, ils considèrent cette mesure comme essentielle à leur sécurité.

Au coeur des arguments de la communauté mohawk: le poste frontalier de Cornwall se trouve sur la réserve autochtone, près d'un quartier résidentiel. Plusieurs résidents s'inquiètent pour la sécurité de leurs enfants. Ils craignent aussi de voir cette mesure attiser les tensions et provoquer éventuellement des actes de violence à la frontière. « Nous ne voulons pas de douaniers sur notre territoire. Nous ne leur faisons pas confiance », commente l'un d'eux, Stacy Boots.

Un avis que ne partage pas le syndicat des douaniers. « Si l'on se fie au nombre d'événements qui ont eu lieu là - il y a eu une prise d'otages, le bureau s'est fait tirer dessus -, ce n'est pas une place de tout repos », commente Ron Morand, président du syndicat.

C'est l'un des endroits les plus dangereux à travailler au Canada.

Ron Morand, président du syndicat des douaniers

Quant à l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), elle se fait rassurante: « Nous avons établi des normes élevées pour assurer la sécurité du public et de nos employés. Les agents des services frontaliers sont tenus de suivre une formation rigoureuse adaptée à leurs fonctions et aux réalités qu'ils doivent affronter », a déclaré Rick Comerford, directeur général régional de la région du Nord de l'Ontario de l'ASFC.

Il ajoute que ses services ont établi un dialogue avec le Conseil des Mohawks d'Akwesasne sur ce sujet. « Tout récemment, soit le 4 mai 2009, Stephen Rigby, président de l'ASFC, et moi-même avons rencontré les membres du Conseil et nous nous engageons à maintenir ce dialogue avec eux », précise-t-il.

La réserve d'Akwasasne se trouve à cheval entre l'Ontario, le Québec et les États-Unis, ce qui en fait une plaque tournante pour divers trafics, notamment la contrebande de tabac. Dans le cadre de l'opération Colisée contre la mafia montréalaise, la Gendarmerie royale du Canada affirmait aussi que de la marijuana en direction des États-Unis y transitait.

Nouvelle manifestation prévue

Les autochtones prévoient toutefois tenir une manifestation la semaine prochaine, à l'image de celle qu'ils ont déjà tenue au début du mois de mai. Le grand chef du Conseil mohawk d'Akwesasne, Tim Thompson, avait alors déploré l'attitude du gouvernement. Selon lui, Ottawa n'a pas pris la peine de consulter la communauté mohawk. Et d'invoquer la proximité du quartier résidentiel.

Rappelons qu'Ottawa avait annoncé en 2006 qu'il procéderait à l'armement de 4800 agents des services frontaliers d'ici 2016 à tous les points d'entrée terrestres et maritimes. À Cornwall, les agents ayant reçu la formation requise commenceront à porter l'arme à feu de service à compter du 1er juin 2009, précise l'ASFC.