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  • Exclusif
  • L'essor d'une firme liée au ministre Whissell

    Depuis 2006, Transports Québec a accordé des contrats totalisant 28 M$ à une entreprise appartenant en partie au ministre du Travail du gouvernement Charest.

    La compagnie d'asphaltage ABC Rive-Nord, dans laquelle le ministre du Travail du gouvernement Charest, David Whissell, détient indirectement 20 % des parts, a reçu presque 28 millions de dollars en contrats de la part de Transport Québec depuis 2006.

    Les intérêts que le député d'Argenteuil détient dans ABC Rive-Nord par l'entremise d'une société ont été placés dans une fiducie sans droit de regard lorsqu'il a été nommé ministre, en 2007. Depuis, la valeur des contrats de l'entreprise de Mirabel s'est tout de même considérablement accrue.

    Le ministre David Whissell, à l'Assemblée nationale, en décembre 2007.Le ministre David Whissell, à l'Assemblée nationale, en décembre 2007. Photo : PC / Jacques Boissinot

    En 2006, alors que David Whissell était simple député, Transports Québec a alloué huit contrats d'une valeur de presque 5 millions de dollars à ABC Rive-Nord. La valeur des contrats est passée à 11 millions en 2007, puis à 11,5 millions en 2008. Cette année-là, ABC Rive-Nord a reçu deux fois plus de contrats qu'en 2006.

    La ministre des Transports, Julie Boulet, affirme que la compagnie associée à son collègue n'a eu droit à aucun traitement de faveur. « Moi, je n'ai pas de vue là-dessus. Il n'y a pas eu de représentation, et c'est un processus très très rigoureux d'appel d'offres qui se fait chez nous », a-t-elle déclaré lorsqu'interrogée à ce sujet.

    Pour le leader parlementaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, l'apparence de conflit d'intérêts est flagrante. « La perception du public vis-à-vis cette situation va être négative, et ils vont conclure qu'il y a un problème. Ça va soulever des questions. Ça en soulève », affirme-t-il

    Selon le PQ, c'était justement pour répondre au cas du ministre Whissell que le premier ministre Jean Charest a assoupli les règles d'éthique en 2007. Le PQ souhaite un retour aux règles qui étaient en vigueur en 2003, selon lesquelles tout député devenu ministre devait vendre les parts qu'il détenait directement ou indirectement dans une compagnie faisant affaire avec le gouvernement.