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Expulsion de deux diplomates canadiens

Le siège de l'OTAN à Bruxelles

Le siège de l'OTAN à Bruxelles (archives)

Photo : La Presse canadienne / Geert Vanden Wijngaert

Radio-Canada

En représailles à l'expulsion par l'OTAN de deux diplomates russes, Moscou retire l'accréditation de deux Canadiens travaillant pour l'Alliance dans la capitale russe. Ottawa convoque l'ambassadeur de la Russie.

Moscou a confirmé mercredi l'expulsion de deux diplomates canadiens travaillant pour le Bureau d'information de l'Organisation du Traité de l'Atlantique nord (OTAN). Il s'agit de la directrice du Bureau, Isabelle François, et d'un employé, Mark Opgenorth.

La décision de retirer l'accréditation des deux diplomates a été communiquée mercredi matin à l'ambassadeur canadien en Russie, Ralph Lysyshyn, convoqué pour l'occasion au ministère russe des Affaires étrangères.

La Russie n'a pas caché qu'il s'agissait de représailles après « un acte inamical de la part de l'OTAN à l'égard de représentants russes auprès de l'OTAN », une référence à la récente expulsion de deux diplomates russes en poste au quartier général de l'OTAN à Bruxelles. Moscou avait déjà indiqué qu'elle réagirait à cette décision avec fermeté.

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a rappelé qu'il souhaitait un rapprochement avec la Russie, mais a indiqué qu'il fallait aussi faire passer clairement les messages sur les droits de l'homme, la démocratie et l'espionnage. « Nous voudrions que les Russes se comportent de façon plus acceptable », a déclaré M. Harper.

Ce n'est pas la guerre froide, mais ce n'est pas une relation idéale.

Le premier ministre Stephen Harper

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a convoqué l'ambassadeur russe au Canada, Georgyi Mamedov, pour obtenir des explications. Il a dit que le Canada « s'oppose sérieusement » à cette décision, qu'il a qualifiée d'« un peu bizarre » dans un contexte de rapprochement entre l'OTAN et la Russie. L'ambassadeur Mamedov a assuré que ces expulsions ne constituaient pas une mesure de représailles contre le Canada, mais plutôt contre l'OTAN.

Rappelons qu'en février dernier, deux bombardiers russes Tupolev 95 se sont approchés de l'espace aérien canadien, ce qui avait provoqué une vive réaction du gouvernement canadien. Le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, avait qualifié de « grosse coïncidence » le fait que ce vol survienne tout juste avant la visite du président américain Barack Obama à Ottawa.

Lors d'une comparution devant le comité parlementaire de la défense, le chef de la section politique de l'ambassade de Russie à Ottawa, Dmitry Trofimov, a minimisé l'incident, indiquant qu'il ne s'agissait que d'un vol de routine. Devant le même comité parlementaire, un commandant de la Force aérienne du Canada, le major-général Marcel Duval, a estimé qu'il s'agissait d'un « entraînement normal », surtout depuis que la Russie a repris ses vols d'entraînement militaire, en 2007.

Relations tendues

La semaine dernière, l'OTAN a ordonné l'expulsion de deux diplomates russes à la suite de l'affaire Herman Simm. Ce dernier est un haut fonctionnaire estonien condamné en février dernier par la justice de son pays à 12 ans de prison pour avoir livré plus de 2000 documents secrets de l'OTAN à Moscou. M. Simm a avoué avoir fourni des informations à des « membres des renseignements russes », mais Moscou a tout nié, parlant d'une « provocation grossière » basée sur des « prétextes fantaisistes ».

Les relations entre la Russie et l'OTAN, initialement mise sur pied pour contrer l'Union soviétique, sont marquées par de fortes tensions. Plus tôt cette semaine, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé qu'il ne participera pas au Conseil Russie-OTAN, prévu fin mai.

La décision de l'OTAN de mener des exercices militaires en Géorgie a aussi soulevé l'ire de Moscou. Ces exercices s'ouvrent officiellement mercredi. L'intervention militaire russe en Géorgie, l'été dernier, avait particulièrement contribué à la détérioration des relations entre la Russie et l'Alliance militaire.

La Géorgie et l'Ukraine sont d'anciennes républiques soviétiques qui aspirent à être membres de l'OTAN, comme l'ont fait d'autres pays de l'ancien bloc de l'Est depuis l'effondrement de l'URSS. Moscou s'y oppose vivement.

Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

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