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Ignatieff couronné

Michael Ignatieff élu chef du Parti libéral du Canada.

Michael Ignatieff élu chef du Parti libéral du Canada.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Sans surprise, Michael Ignatieff est proclamé chef du PLC au terme d'un congrès à Vancouver. Il a été élu au suffrage universel, avec 97 % des voix, après modification de la constitution du parti.

C'était une formalité: Michael Ignatieff a été élu avec 97 % des voix chef du Parti libéral du Canada (PLC), samedi, au terme du congrès du parti à Vancouver.

Seul candidat en lice, M. Ignatieff a été élu au suffrage universel, après une modification de la constitution du PLC.

Les délégués présents au congrès ont adopté une proposition visant à faire élire les prochains chefs au suffrage universel. Le PLC est le dernier parti au pays à adopter une telle réforme.

Charge contre Harper

Prenant la parole juste après la proclamation des résultats de son élection, Michael Ignatieff a longuement critiqué Stephen Harper, qu'il a accusé de diviser le pays. Il a ajouté que le premier ministre avait provoqué une crise d'unité nationale, en novembre dernier, et qu'il n'avait réussi à sauver sa peau qu'en prorogeant les travaux du Parlement.

M. Harper, vous ne comprenez pas qu'un premier ministre est là pour unifier le pays et non pas le diviser. M. Harper, vous avez manqué à votre devoir.

Michael Ignatieff

« Nous, les libéraux, nous pouvons bâtir une fédération basée sur la coopération et non sur la confrontation », a jouté le nouveau chef libéral.

« Si vous nous regardez ce soir et que vous n'avez déjà pas rejoint un parti politique, venez et nous vous réserverons un bon accueil. [...] J'ai besoin de vous, le Canada a besoin de vous », a-t-il lancé aux Canadiens.

M. Ignatieff a également promis d'oeuvrer pour un Canada égalitaire et prospère, mais il a été plutôt vague sur ses intentions, s'il était élu. Il a toutefois plaidé, entre autres, pour une réforme de l'assurance-emploi, des chances égales en matière d'éducation et de travail, une meilleure intégration des immigrants et une prise en charge plus efficiente des Autochtones.

Sous le signe de l'unité

La direction du PLC a voulu mettre ce grand rassemblement sous le signe de l'unité du parti.

Vendredi, différentes activités ont eu lieu avant l'hommage, en soirée, au chef déchu, Stéphane Dion. Du reste, les délégués libéraux ont ouvert la porte à l'idée de faire revivre leur projet de taxe sur le carbone, chère à M. Dion.

Vendredi soir, les quatre derniers chefs du parti - Stéphane Dion, Paul Martin, Jean Chrétien et John Turner - ont été réunis sur une même scène. Une vidéo a également été présentée.

Michael Ignatieff est devenu chef intérim du PLC après la démission forcée de Stéphane Dion, en décembre dernier, au lendemain d'une tentative avortée de créer un gouvernement de coalition avec les néodémocrates et l'appui des bloquistes. Cette décision avait précipité le désistement de Bob Rae et de Dominic LeBlanc de la course à la direction et le couronnement de Michael Ignatieff.

Un contexte plus favorable

Michael Ignatieff

Michael Ignatieff affiche ses couleurs à Vancouver.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

M. Ignatieff a dit vendredi que l'atmosphère entourant son ascension à la direction du PLC lui rappelait la fébrilité qui régnait lorsque Pierre Elliott Trudeau avait été élu à ce poste en 1968.

Si M. Dion, qui a dirigé le PLC pendant deux ans, a mené le parti au pire résultat de son histoire lors des élections de l'automne dernier, la situation est différente aujourd'hui. Le PLC remonte dans les sondages et plusieurs croient que des élections pourraient avoir lieu plus tôt que tard.

La popularité de Michael Ignatieff a également permis de doubler le financement du PLC, qui a pu se débarrasser de ses dettes et amasser 1,8 million de dollars pendant les quatre premiers mois de l'année. M. Ignatieff a d'ailleurs remercié le premier ministre conservateur, Stephen Harper, pour cette remise en forme de son parti. Selon lui, M. Harper est responsable de la crise politique de l'automne dernier, qui a abouti à son accession à la tête du PLC.

Des élections le plus vite possible, dit Chrétien

Par ailleurs, l'ancien premier ministre Jean Chrétien estime que le PLC aurait intérêt à tenter de déclencher des élections le plus tôt possible. Selon lui, le Parti libéral est « très bien placé pour gagner » le prochain scrutin.

Michael Ignatieff n'a pas voulu se prononcer sur cette déclaration, tout en précisant que l'ancien premier ministre « a un bon jugement politique ». Pour sa part, le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, est de ceux qui croient que le Parti libéral a encore du pain sur la planche.

« Notre responsabilité, c'est de nous préparer pour que l'on puisse servir de vraie alternative au gouvernement et, maintenant, il faut se renforcer en tant que parti », a déclaré M. McGuinty.

Au sein du PLC, certains croient qu'il faut profiter au plus vite, soit au printemps, de la remontée du parti. D'autres, au contraire, prônent la patience. C'est le cas de stratèges de M. Ignatieff, qui croient qu'il serait plus prudent d'attendre à l'automne, voire après le dépôt du prochain budget fédéral. Ils soutiennent qu'un tel délai permettrait au parti d'amasser encore plus d'argent.

Message du premier ministre Harper

Le premier ministre Stephen Harper a lancé vendredi un message aux libéraux fédéraux qui sont réunis en congrès. Il a dit que ce n'est pas le temps de précipiter le pays dans une élection générale.

Répondant aux questions des journalistes lors d'une conférence de presse, M. Harper a dit que le Canada sort à peine d'une élection générale et qu'il s'attend à ce que M. Ignatieff et les autres partis agissent dans les meilleurs intérêts du pays en cette période de récession économique.

Par ailleurs, le premier ministre a dit qu'il n'envisageait pas de conclure un « pacte ou une entente » avec le Bloc québécois afin de maintenir son gouvernement minoritaire au pouvoir.

Avec les informations de La Presse canadienne