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Le pape exprime des regrets

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Recevant une délégation de l'Assemblée des Premières Nations, le pape Benoît XVI exprime ses regrets -mais pas ses excuses - pour les sévices subis par les élèves des pensionnats autochtones du Canada.

À Rome, le pape Benoît XVI a exprimé ses regrets pour les sévices subis par des milliers d'enfants autochtones dans les pensionnats dirigés par des prêtres catholiques, mercredi, lors d'une audience privée accordée à une délégation de l'Assemblée des Premières Nations et de la Conférence des évêques catholiques du Canada.

Des autochtones canadiens réunis à la place Saint-Pierre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : AFP / VINCENZO PINTO

Le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), James Weisberger, a déclaré à la presse que le pape s'est dit « désolé de ce qui s'est passé, personnellement et au nom de l'Église », dans ces pensionnats. Il ne s'est toutefois pas excusé, comme l'ont fait depuis plus de 10 ans les églises anglicane, presbytérienne et unie.

« Considérant les souffrances que certains enfants indigènes ont connues dans des pensionnats canadiens, le pape a exprimé son chagrin pour l'angoisse provoquée par la conduite déplorable de certains membres de l'Église et offert sa sympathie et sa solidarité dans la prière », indique un communiqué du Vatican.

Environ 150 000 Autochtones, Métis et Innus ont été déracinés de leur famille pendant une centaine d'années, à compter de 1874, pour être envoyés dans environ 135 pensionnats autochtones créés par le gouvernement fédéral sur le territoire canadien.

Selon la Commission de vérité et de réconciliation des pensionnats indiens, quelque 135 pensionnats indiens ont été ouverts par le gouvernement au fil des années dont 25 en Alberta, 18 en Saskatchewan, 17 en Colombie-Britannique, 15 au Manitoba et en Ontario, 13 au Nunavut et 10 au Québec. Environ 75 % d'entre eux étaient gérés par l'Église catholique.

En entrevue à CBC, après cette audience, le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine, a dit espérer que les regrets du pape permettront de clore l'histoire. « Le fait que le mot "excuse" n'ait pas été utilisé ne devrait pas diminuer [l'importance] de ce moment d'aucune façon », a-t-il dit.

Nous voulons reconnaître ce fait. [...] Nous voulons nous excuser d'une manière ou d'une autre pour toute cette histoire.

Une citation de :Gérard Pettipas, archevêque du diocèse Grouard-McLennan

Des agressions de toutes sortes, dont plusieurs de nature sexuelle, ont déjà été reconnues par l'Église canadienne, pour qui l'audience avec le pape devrait sceller la réconciliation. De nombreux groupes réclament des excuses du pape, qui n'en prononce pas souvent.

Avant la rencontre, Phil Fontaine, chef de l'Assemblée des Premières Nations, avait déclaré depuis la place Saint-Pierre que ces pensionnats étaient l'expression d'une politique raciste, « une politique qui visait à tuer l'Indien chez l'enfant ».

Les Autochtones ont reçu des excuses officielles du Canada et des compensations pouvant aller jusqu'à 6 milliards de dollars. Pour le chef des Premières Nations, cette question est définitivement close. Phil Fontaine affirme qu'il ne s'est pas rendu au Vatican pour l'argent ni pour établir une responsabilité légale, mais pour une question morale.

D'après les reportages de Luc Chartrand et Manon Globensky

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