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  • Pratiques douteuses

    Logo de l'OACI

    Logo de l'OACI

    Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

    Radio-Canada

    Radio-Canada apprend que des pays, dont le Canada, demandent une vérification spéciale de la gestion de l'Organisation de l'aviation civile internationale, qui fait face à des allégations de favoritisme et de dépenses inutiles.

    L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), qui regroupe 190 États, est en crise. Une dizaine de pays, dont le Canada et les États-Unis, soupçonnent certains cadres de cette organisation de l'ONU de trop dépenser et d'embaucher inutilement. Ils ont demandé une vérification spéciale du Bureau de coopération technique à Montréal.

    Il s'agit d'une crise sans précédent, selon Bachar Hakim, l'ex-directeur adjoint du Bureau de coopération technique, à la retraite depuis deux ans.

    Ce département de l'OACI aide les pays en développement à, entre autres, améliorer la sécurité de leur aviation.

    L'actuel directeur du bureau, Ricardo Heighes-Thiessen, voyagerait un peu trop au goût de certains États membres. Des documents obtenus par Radio-Canada démontrent qu'il a visité une quarantaine de pays en 2007 et 2008.

    Il s'est rendu en France, en Italie, en Espagne, aux Îles Figi et en Islande, des pays qui n'ont aucunement besoin de l'aide de l'OACI, selon nos sources.

    « Je crois qu'il [le directeur] aime faire du tourisme », ironise Bachar Hakim.

    Limousines et réception aux îles Seychelles

    Ricardo Heighes-Thiessen, directeur de la coopération technique de l'OACI.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    Ricardo Heighes-Thiessen, directeur de la coopération technique de l'OACI.

    Il dénonce aussi une conférence que Ricardo Heighes-Thiessen a organisée aux îles Seychelles, en Afrique, en octobre 2008, au coût de 150 000 $.

    Selon les factures obtenues par Radio-Canada, plus de 5700 $ ont été dépensés pour louer des limousines et 7500 $, pour organiser une réception.

    C'est une honte pour les Nations unies, affirme l'ex-directeur adjoint du Bureau de coopération technique de l'OACI.

    Les vérificateurs auraient aussi découvert un déficit de plus de 2 millions de dollars au Bureau de coopération technique.

    En outre, l'embauche de 25 nouveaux employés, dont la conjointe d'un cadre, demeure inexpliquée.

    Pour Bachar Hakim, il s'agit de favoritisme, car c'est la seule explication à ses yeux. L'OACI n'a pas besoin de ces employés, ajoute-t-il.

    Le secrétaire général de l'OACI, l'Algérien Taïeb Chérif, refuse de parler de vérification spéciale et considère qu'il s'agit plutôt d'une vérification de routine. Pour l'instant, il refuse de commenter ces allégations de favoritisme et de mauvaise gestion.

    M. Hakim est un de ceux, avec le représentant du Canada Lionel Alain Dupuis, qui tentent de sauver le Bureau de coopération technique de la faillite. Ils ont aidé les vérificateurs français qui ont découvert un déficit de plus de 2 millions de dollars.

    D'après un reportage de Christian Latreille.