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GM se passera de Pontiac

Radio-Canada

General Motors annonce qu'il abolira l'équivalent de 23 000 emplois d'ici 2011; la marque Pontiac disparaîtra d'ici 2010. Au Canada, le nombre de travailleurs passera de 10 300 à 4400 en 2014.

Au bord de la faillite, le constructeur automobile américain General Motors a présenté un plan de restructuration accéléré, qui se traduira notamment par la suppression de 23 000 postes (équivalent temps plein) aux États-Unis, l'abolition de la marque Pontiac et une diminution du nombre de ses concessionnaires.

Le Pontiac Torrent assemblé en Ontario.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Pontiac Torrent assemblée en Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Image General Motors

L'effectif américain de GM, longtemps le premier constructeur automobile au monde, passera ainsi de 61 000 à 40 000 employés en 2010, puis à 38 000 employés en 2011. Selon GM, il s'agit d'une réduction de 7000 à 8000 employés supplémentaires par rapport à ce qui avait été annoncé dans le plan de restructuration de février dernier.

La firme de Détroit a en outre confirmé des informations qui circulaient depuis quelques jours: elle abolira graduellement la marque Pontiac d'ici 2010. Elle se concentrera dorénavant sur ses marques Chevrolet, Cadillac, Buick et GMC. En 2010, GM prévoit ainsi offrir 34 marques de commerce, comparativement à 48 en ce moment. Une décision concernant les marques Saab, Saturn et Hummer sera prise d'ici la fin de l'année.

GM au Canada

GM Canada n'a pas tardé à effectuer ses propres annonces, lundi, peu après que la société-mère eut dévoilé son nouveau plan de restructuration aux États-Unis. L'entreprise a annoncé que le nombre de travailleurs dans ses usines canadiennes passera de 10 300 en 2008 à 4400 en 2014. Le nombre de ses concessionnaires au pays passerait de 705 à 425, voire jusqu'à 395, à la fin de 2010.

GM affirme que trois nouveaux modèles seront assemblés aux usines d'Oshawa et d'Ingersoll, dans le sud de l'Ontario, soit les Chevrolet Camaro et Equinox et le GMC Terrain. La compagnie a aussi déjà annoncé qu'elle va fabriquer de nouvelles boîtes de vitesse à St. Catharines. Au cours des derniers mois, GM déjà annoncé que l'usine de camionnettes d'Oshawa fermera ses portes le 14 mai 2009, tandis que l'usine de transmission de Windsor cessera sa production en 2010. Au total, GM embauche 12 000 personnes au Canada.

GM annonce de plus une réduction de 42 % du nombre de ses concessionnaires automobiles aux États-Unis. Si le plan va de l'avant, ce nombre passera de 6246 à 3605 en 2010, ce qui constitue une réduction supplémentaire de 500 concessionnaires par rapport à ce qui avait été précédemment annoncé. Le plan serait mis en oeuvre quatre ans plus tôt que prévu.

Le fabricant automobile annonce aussi que le nombre de ses usines d'assemblage, d'emboutissage et de fabrication de transmissions passera de 47 à 34 d'ici 2010, puis à 31 en 2012. Il s'agit là aussi d'une accélération de la restructuration annoncée en février dernier.

Avec ce plan, GM prévoit que ses coûts de main-d'oeuvre passeront de 7,6 à 5 milliards de dollars américains d'ici 2010, ce qui constitue une baisse de 34 %. Des modifications au contrat de travail des employés seront nécessaires. La firme estime qu'au total, ses coûts structurels passeront de 30,8 à 23,2 milliards en 2010, soit une réduction additionnelle de 1,8 milliard par rapport au plan précédent.

General Motors soutient que ce plan lui permettra d'atteindre le seuil de la rentabilité avec un volume de production de 10 millions de véhicules. Entre 1995 et 2007, GM produisait plutôt de 15 à 17 millions de véhicules par année. Le constructeur croit être en mesure de maintenir une part de marché de 19,5 % en 2009, et de 18,4 à 18,9 % les années subséquentes.

Restructuration de la dette

Le constructeur américain a également annoncé des mesures pour restructurer sa dette. Il prévoit la conversion de 27 milliards de dollars de dette obligataire en actions ordinaires, à raison de 225 actions par tranche de 1000 $ de dette.

GM affirme que cette offre constitue un « élément vital », de son plan de restructuration. L'entreprise prévient que, si l'offre n'est pas acceptée, elle prévoit se placer sous la protection de la loi américaine sur les faillites dès le 1er juin. Elle prévient les créanciers qu'ils pourraient alors recevoir une offre moins généreuse.

Dans un communiqué, le groupe présidentiel chargé de la restructuration du secteur automobile a qualifié cette annonce d'« étape importante dans les efforts de restructuration de la compagnie ». Le groupe ajoute que « l'administration n'a pas pris de décision finale en ce qui concerne le prêt en cours fait à GM ou tout investissement à venir dans la société. ».

Deuxième tentative

Ce nouveau plan de restructuration est soumis près d'un mois après que le président américain Barack Obama a rejeté le précédent. Le plan soumis par Chrysler avait été rejeté au même moment. La Maison-Blanche avait jugé que ces plans n'allaient pas assez loin et qu'ils ne garantissaient pas la survie à terme des deux entreprises.

GM s'est vu accorder 60 jours pour soumettre un nouveau plan de restructuration plus réaliste, tandis que Chrysler s'est vu sommé de conclure une entente avec le groupe italien Fiat d'ici la fin avril. Fiat a depuis exigé que les syndiqués de Chrysler fassent de nouvelles concessions pour réduire les coûts de la main-d'oeuvre. Les syndiqués des TCA ont accepté une entente à cet effet en fin de semaine.

Depuis décembre, GM a reçu 15,4 milliards de dollars américains de Washington, tandis que Chrysler a obtenu 4 milliards. Ottawa et Queen's Park ont déjà dit être prêts à verser 4 milliards de dollars aux deux entreprises pour les maintenir à flot. Dans le cas de GM, le prêt de 3 milliards est conditionnel à ce que la compagnie négocie d'autres concessions avec ses employés, ses retraités et les concessionnaires. Une première entente a été conclue en mars. Dans le cas de Chrysler, le prêt de 1 milliard de dollars est conditionnel à l'union avec Fiat.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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