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Ottawa tergiverse

Lawrence Cannon
Le ministre fédéral des Affaires étrangères, Lawrence Cannon Photo: La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, annonce que le gouvernement portera en appel la décision de la Cour fédérale lui ordonnant de rapatrier Omar Khadr, mais sa porte-parole dément.

Il y a visiblement un imbroglio au sein du gouvernement Harper au sujet du rapatriement d'Omar Khadr.

En réponse aux questions de l'opposition à la Chambre des communes, vendredi, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a déclaré, après hésitation, qu'Ottawa portera en appel la décision de la Cour fédérale qui lui ordonne de rapatrier Omar Khadr de Guantanamo Bay.

Lors de son intervention, M. Cannon a fait un lien entre le jeune Canadien emprisonné à Gunatanamo Bay depuis l'âge de 15 ans et Karine Blais, la militaire canadienne dont les funérailles avaient lieu vendredi matin dans la municipalité des Méchins, dans le Bas-Saint-Laurent.

Le ministre a déclaré que Khadr fabriquait des bombes, les mêmes bombes qui tuent des civils en Afghanistan et qui tuent des militaires canadiens en Afghanistan.

Cependant, sa porte-parole s'est empressée de contacter La Presse canadienne pour démentir le ministre. Le gouvernement n'aurait pas encore pris sa décision quant à porter ou non le jugement en appel, selon elle.

La décision de la Cour fédérale

Omar KhadrOmar Khadr Photo : PC / The Canadian Press photo/HO

Un juge de la Cour fédérale a statué, jeudi, que le premier ministre Stephen Harper avait l'obligation de demander aux États-Unis le rapatriement du jeune Canadien Omar Khadr, emprisonné à Guantanamo depuis six ans.

Le juge Walter O'Reilly estime que le refus, jusqu'ici, du premier ministre d'agir en ce sens viole la Charte canadienne des droits et libertés.

Le jugement affirme par ailleurs que le Canada a contrevenu à ses obligations contenues dans la Convention internationale des droits des enfants et celle contre la torture. En laissant Omar Khadr croupir à Guantanamo, le gouvernement a été complice du mauvais traitement qui lui a été infligé.

M. Harper a toujours refusé de s'impliquer dans cette affaire, indiquant que Khadr faisait face à de sérieuses accusations et que les procédures légales aux États-Unis devaient suivre leur cours.

Aux Communes, le chef conservateur a également fait valoir que les précédents gouvernements libéraux n'ont, eux non plus, pas fait respecter les droits d'Omar Khadr. « C'est une politique des gouvernements fédéraux depuis longtemps », a-t-il dit.

Interpellé par le leader du Bloc québécois, Gilles Duceppe, sur ses intentions relativement à la décision de la cour, le premier ministre a dit qu'il devait premièrement l'examiner, mais a ajouté qu'il envisageait de faire appel de cette dernière.

« Guantanamo va fermer, il va faire quoi M. Harper? Il va l'envoyer sur la lune, Omar Khadr? Voyons donc, c'est d'un ridicule complet. Quand je dis que ce parti est borné idéologiquement... », a commenté Gilles Duceppe.

Omar Khadr

Ressortissant canadien, Omar Khadr a été fait prisonnier au début de la guerre d'Afghanistan, en 2002, alors qu'il n'avait que 15 ans. Depuis, il est détenu à la prison de la base militaire américaine de Guantanamo, à Cuba. Il est accusé d'avoir tué un soldat américain. Omar Khadr est le dernier ressortissant d'un pays occidental à être encore détenu à Guantanamo.

C'est la deuxième fois en un mois et demi que la Cour fédérale rabroue le gouvernement Harper pour avoir manqué à ses obligations à l'endroit de Canadiens emprisonnés à l'étranger. Le mois dernier, il a été forcé de fournir un soutien consulaire à un condamné à mort albertain détenu au Montana.

Avec les informations de La Presse canadienne

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