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« Une chasse aux sorcières »

Siège de la CDPQ
Radio-Canada

Le ministre des Finances est piqué au vif par les interrogations du PQ au sujet des investissements de la Caisse dans Gesca, une filiale de Power Corporation qui a finalement embauché son ex-PDG Henri-Paul Rousseau.

Le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, confirme que la Caisse de dépôt et placement du Québec a doublé ses investissements dans Gesca, une filiale de Power Corporation entre 2001 et 2007.

Mercredi, le Parti québécois s'est interrogé sur ces investissements qui se sont faits en partie sous le règne de l'ex-PDG Henri-Paul Rousseau alors que ce dernier a été embauché par Power Corporation lorsqu'il a quitté la Caisse, en juin 2008.

La Caisse de dépôt et placement prête de l'argent depuis 2001 à Gesca, une filiale du groupe Power Corporation, entre autres propriétaires du quotien La Presse. Cette aide est passée de 30 millions de dollars à 60 millions en avril 2007, soit un an avant que l'ex-PDG Henri-Paul Rousseau quitte l'institution pour travailler chez Power Corporation.

La chef du PQ, Pauline Marois, s'interroge. « Est-ce qu'au moment où ils ont été achetés, [M. Rousseau] savait qu'il allait se retrouver à la société Power? C'est ça qu'il faut poser comme question parce que, en apparence, ça soulève beaucoup de questions. »

Une « chasse aux sorcières », selon Bachand

Le premier ministre Jean Charest estime que cette intervention est de la pure démagogie. « Attention, sur cette question-là, ce n'était pas Henri-Paul Rousseau qui était là quand la décision a été prise, c'était Bernard Landry qui était ministre des Finances du Québec. »

Furieux, le ministre Raymond Bachand accuse pour sa part le député péquiste Francois Legault et Pauline Marois de se livrer à une véritable chasse aux sorcières. « Hier, ils ont sorti une phrase du rapport annuel de la Caisse, et il s'est "fourré", il s'est induit en erreur sur la façon dont c'était interprété. Et ce matin, Pauline Marois fait une erreur grossière d'un placement qu'elle met sur le dos d'Henri-Paul Rousseau et qui a été fait sous Jean-Claude Scraire et Bernard Landry. »

Le PQ et le député de Québec Solidaire, Amir Khadir, y voit un argument de plus pour que le Québec se dote d'un commissaire à l'éthique.

Quant à la Caisse de dépôt elle-même, l'institution a fait savoir que l'ancien PDG n'était pas intervenu en faveur de ce placement privé, un prêt à taux variable remboursable au gré de l'emprunteur. « La Caisse participe à plusieurs dizaines de prêts de ce type auprès d'autant d'entreprises différentes », a expliqué la CDP dans un communiqué.

De plus, les gestionnaires de portefeuilles « ont les niveaux d'autorisation nécessaires » pour consentir ces prêts sans l'autorisation de la direction, a-t-elle ajouté.

Mardi, le PQ dénonçait le fait que la CDP n'investissait pas suffisamment dans l'économie québécoise. Le parti accuse le gouvernement Charest d'avoir fait une erreur, il y a cinq ans, en modifiant le mandat de la Caisse.

La commission parlementaire chargée de faire la lumière sur les pertes de 40 milliards de dollars et d'entendre les ex-dirigeants de la Caisse doit poursuivre ses travaux le 7 mai.