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Obama en mode dialogue

Barack Obama au Sommet des Amériques

Barack Obama au Sommet des Amériques

Photo : AFP / Thomas Coex

Radio-Canada

Le président américain souhaite « un nouveau départ » avec Cuba, estimant que les deux pays peuvent amorcer une nouvelle ère, et un « nouveau chapitre de dialogue » à l'échelle continentale.

Nouvel épisode du changement voulu par Barack Obama du côté des relations internationales: les Amériques.

À l'occasion du Sommet des Amériques qui s'est ouvert vendredi à Trinité-et-Tobago, avec 34 pays du continent américain et des Caraïbes, le président américain a promis à ses homologues un « nouveau chapitre de dialogue » d'égal à égal.

Peu après avoir foulé le sol de l'île de Trinité, Barack Obama a donné le ton en abordant la question sensible de Cuba. Il s'est dit prêt à dialoguer avec l'île communiste sur toute une série de sujets, dont les droits de l'homme, l'économie, la liberté d'expression, la réforme démocratique et la drogue, à condition que ce dialogue soit productif.

« Permettez-moi d'être clair: je ne souhaite pas parler pour parler. Mais je pense que nous devons orienter les relations cubano-américaines vers une nouvelle direction », a déclaré le président américain.

Je sais qu'il y a un long voyage à faire pour dépasser des décennies de méfiance, mais il y a des mesures cruciales que nous pouvons prendre vers une nouvelle ère.

Barack Obama

Ses propos font écho à ceux du président cubain Raul Castro, qui avait affirmé jeudi que son gouvernement était prêt à « discuter de tout » avec Washington, y compris « des droits de l'homme, de la liberté de la presse et des prisonniers politiques ».

Un embargo « anachronique »

Plusieurs dirigeants du continent pressent aussi Washington d'agir. Dernière en date, la présidente de l'Argentine, Cristina Kirchner, a appelé vendredi son homologue américain à lever l'embargo « anachronique » de son pays contre Cuba.

Le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA), José Miguel Insulza, a, quant à lui, annoncé qu'il demanderait le mois prochain, lors de l'assemblée générale de l'organisation, la réintégration de Cuba.

En 1962, l'OEA avait exclu Cuba, jugeant le système communiste incompatible avec les principes de l'organisation. Cette décision avait coïncidé à l'époque avec l'embargo commercial imposé par les États-Unis à La Havane.

Le président américain a d'ailleurs voulu mettre ses détracteurs devant leurs responsabilités. « Les États-Unis ont changé. Cela n'a pas toujours été facile, mais ils ont changé », a-t-il fait valoir. Et d'ajouter: « J'estime donc important de rappeler aux dirigeants ici présents que les États-Unis ne sont pas les seuls à devoir changer ».

Le Venezuela plus pressant

Le président Obama a aussi cherché à désamorcer le président vénézuélien Hugo Chavez, qui préconise une levée pure et simple de l'embargo cubain. Les deux hommes se sont montrés souriants devant les photographes et ont échangé une poignée de main historique.

Avec cette même main, j'ai salué il y a huit ans (George W.) Bush. Je veux être ton ami.

Hugo Chavez à Barack Obama

La veille du début de ce sommet, le président vénézuélien Hugo Chavez avait annoncé qu'il ne signerait pas la déclaration finale du sommet, estimant qu'elle faisait l'impasse sur l'embargo imposé contre Cuba par Washington depuis 1962.

Contrairement à certains de ses homologues latino-américains, qui préconisent une levée de l'embargo de façon graduelle, le président Chavez voudrait exiger de Barack Obama la levée complète. Il est soutenu en cela par les présidents du Honduras, du Nicaragua et de la Bolivie.

Ouverture des Américains

Du côté de l'administration Obama, l'heure semble au déblocage, certes, mais du chemin reste à faire. Avant d'atterrir à Trinité-et-Tobago, le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a déclaré que les États-Unis appréciaient le rapprochement cubain, mais qu'il y avait des mesures concrètes que Cuba peut appliquer.

Ils peuvent certainement décider de libérer les prisonniers politiques, ils peuvent certainement décider de ne plus détourner une partie de l'argent envoyé par les expatriés. Ils peuvent certainement décider d'instaurer une plus grande liberté de la presse.

Robert Gibbs

M. Gibbs a ajouté: « Ce qui nous a le plus surpris, c'est le fait que Castro ait admis qu'ils s'étaient peut-être trompés. Je crois que nous avons été particulièrement étonnés de ça ».

Traditionnellement, Cuba rejetait vigoureusement que l'amélioration des relations avec les États-Unis puisse passer par des réformes intérieures.

Rappelons aussi que le président américain avait ordonné lundi la levée des restrictions sur les voyages des Américano-Cubains et les transferts d'argent vers l'île communiste.

Harper présent

Le premier ministre Stephen Harper s'est rendu à Trinité-et-Tobago, vendredi, pour participer au Sommet des Amériques. M. Harper entend discuter avec ses homologues des questions d'économie et de sécurité qui se posent dans les Amériques.
Le premier ministre est accompagné du ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, et du ministre d'État des Affaires étrangères pour les Amériques, Peter Kent.
Après le sommet, Stephen Harper se rendra en Jamaïque.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters