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Castro semonce Washington

Fidel Castro

Photo : La Presse canadienne / Granma

Radio-Canada
Mis à jour le 

Fidel Castro déplore que les États-Unis se soient limités à supprimer des restrictions touchant les Cubano-Américains, et n'aient rien fait pour lever l'embargo commercial imposé à l'île.

Le « comandante » à la retraite Fidel Castro aura quelque peu refroidi l'enthousiasme de ceux qui applaudissent la levée américaine de certaines restrictions envers Cuba.

Castro déplore que Washington n'ait rien fait pour lever l'embargo commercial imposé à l'île, au moment où il supprime des restrictions touchant les Cubano-Américains.

Dans une lettre publiée sur le site Internet du journal Granma, Fidel Castro dénonce vivement l'embargo américain, en vigueur depuis 1962.

« Du blocus, la plus cruelle des mesures, pas un mot. Ce qui est d'ailleurs un pieux euphémisme pour désigner ce qui constitue tout simplement une mesure génocidaire dont les dommages ne se mesurent pas seulement à ses retombées économiques: elle ne cesse de coûter des vies humaines et de causer de douloureuses souffrances à nos citoyens », peut-on lire.

Fidel Castro écrit qu'il ne tient pas Barack Obama responsable de la politique menée par ses prédécesseurs, mais affirme que « les conditions sont réunies pour qu'Obama utilise son talent à mener une politique constructive afin de mettre un terme à ce qui échoue depuis un demi-siècle ».

Un premier pas

Barack ObamaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Barack Obama accueillera les leaders du Proche-Orient. (archives)

Photo : AFP / Mandel Ngan

Lundi, le président Barack Obama ouvrait une brèche dans l'embargo et confirmait le rapprochement avec Cuba en décidant d'autoriser les Américains d'origine cubaine à voyager et à transférer des fonds sur l'île communiste de manière illimitée.

La Maison-Blanche préconise aussi d'autres assouplissements, comme l'élargissement de l'éventail des cadeaux qui peuvent être envoyés à Cuba. L'administration américaine va également autoriser des sociétés américaines à fournir des services de téléphonie mobile et de télévision aux habitants de Cuba. Elle permettra aussi aux Cubano-Américains de financer ces services pour leurs proches vivant sur l'île.

Ces mesures d'assouplissement avaient été promises par M. Obama durant sa campagne présidentielle. Elles excluent toutefois l'envoi de fonds à des responsables du régime et du Parti communiste cubain.

Ces nouvelles règles, qui ne nécessitent pas l'accord du Congrès, concerneraient près de 1,5 million d'Américains dont un membre de la famille vit à Cuba.

Les États-Unis imposent depuis 1962 un embargo à Cuba, sauf pour les produits alimentaires et pharmaceutiques.

Le Congrès américain a déjà voté, début mars, un allégement des restrictions sur les voyages à Cuba pour les Américains d'origine cubaine, leur permettant de s'y rendre une fois par an, au lieu d'une fois tous les trois ans, et de dépenser chaque jour jusqu'à 179 $, contre 50 $ précédemment.

L'annonce de ces nouvelles règles intervient à quelques jours du sommet des Amériques, qui aura lieu les 17 et 18 avril à Trinité-et-Tobago. Il s'agira du premier grand rendez-vous du continent avec le nouveau président américain, mais La Havane n'y est pas invitée.

La semaine dernière, sept représentants américains démocrates ont été reçus par le président cubain Raul Castro. Ils avaient plaidé en faveur de l'ouverture d'un dialogue avec l'île.

Des restrictions au gré des présidents

En septembre 1977, le président démocrate Jimmy Carter avait refusé de reconduire les restrictions imposées à l'île, ce qui avait permis aux Américains d'origine cubaine de s'y rendre librement pendant cinq ans. Toutefois, ces restrictions ont été rétablies par Ronald Reagan, en avril 1982.

Ce scénario s'était reproduit avec les présidents Bill Clinton et George W. Bush, qui ont respectivement allégé et renforcé les sanctions contre Cuba.

Des mesures applaudies

La levée des restrictions a été favorablement accueillie par des organisations américaines d'exilés cubains.

« Nous sommes heureux de la décision du gouvernement des États-Unis, parce que nous croyons que les Cubains ont le droit de voyager dans leur pays », a dit Orlando Gutierrez, du Directoire démocratique cubain.

Il a ajouté qu'il espérait maintenant que les États-Unis « exigent du régime de Raul Castro qu'il lève les restrictions imposant aux Cubains qui veulent se rendre sur l'île de détenir un visa ou un permis d'entrée ».

Angel De Fana, de l'organisation d'anciens prisonniers politiques cubains Plantado, parle d'« une opportunité dont doivent profiter tous les Cubains qui veulent faire quelque chose pour leurs frères sur l'île, pour les prisonniers politiques et leurs familles ».

La Fondation nationale cubano-américaine (FNCA) a également salué la décision du président Obama. « Nous sommes convaincus que c'est la bonne voie pour aider le peuple cubain à accéder à l'indépendance, à prendre conscience de sa responsabilité. Parce que le pire qui pourrait arriver pour les Cubains, c'est que rien ne change », a déclaré Francisco Pepe Hernandez, président de la FNCA.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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