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Le contrat de GéniEau est suspendu

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay (archives)

Photo : La Presse canadienne / Peter McCabe

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le maire Gérald Tremblay annonce la suspension temporaire du contrat d'installation des compteurs d'eau attribué au consortium GéniEau, lié à l'entrepreneur Tony Accurso.

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a annoncé mercredi la suspension temporaire du contrat d'installation des compteurs d'eau dans les industries, les commerces et les institutions attribué au consortium GéniEau. L'attribution de ce contrat a fait l'objet d'interrogations de nature budgétaire, mais aussi éthique, au cours des derniers jours.

Le maire Tremblay a demandé « une communication complète » au Service des infrastructures, du transport et de l'environnement de la Ville de Montréal ainsi qu'à la firme BPR, qui a fait office d'expert-conseil auprès de la Ville tout au long du processus d'attribution du contrat.

« Je ne peux pas présumer que le contrat n'a pas été attribué selon les règles de l'art. »

— Une citation de  Gérald Tremblay

Le maire Tremblay soutient toutefois que son administration s'est fiée à ses fonctionnaires qui ont, de leur côté, pris des décisions sur la foi des recommandations de la firme d'experts-conseils BPR. Il rappelle que le conseil municipal a voté à l'unanimité en faveur de l'octroi du contrat.

« Cet important projet doit se concrétiser sur des bases solides et, par souci de transparence, je tiens à ce que toutes les informations pertinentes soient rendues publiques », a déclaré le maire Tremblay dans un communiqué publié mercredi en début de soirée.

Le maire Tremblay a l'intention de présenter une résolution au prochain conseil municipal, prévu le lundi 27 avril, visant à entériner le mandat qu'il a confié au vérificateur général de Montréal. Ce dernier a été chargé de faire les vérifications supplémentaires nécessaires dans ce dossier, une fois que la communication du Service des infrastructures lui aura été transmise.

Un avis de suspension a été formellement envoyé mercredi au consortium GéniEau, qui a obtenu le contrat de 356 millions de dollars en 2007, à l'époque où Frank Zampino était président du Comité exécutif de la Ville.

Questions éthiques: le cas de Frank Zampino

Or, rappelons que Frank Zampino a reconnu avoir passé ses vacances sur le bateau de Tony Accurso, l'un des entrepreneurs du consortium GéniEau. Trois sociétés appartenant à Tony Accurso sont soupçonnées d'être au centre d'une fraude fiscale évaluée à 4,5 millions de dollars.

Dans une lettre adressée au maire de Montréal, M. Zampino a expliqué connaître M. Accurso depuis plus de 25 ans et ne pas être intervenu pour lui faciliter l'accès aux marchés publics. En outre, il écrit avoir assumé tous les frais de transport et de séjour sur le yacht pour son épouse.

Cependant, autre aspect controversé du dossier, Frank Zampino travaille aujourd'hui en tant que vice-président de Dessau, une autre entreprise du consortium GéniEau. Deux autres anciens membres de l'administration Tremblay occupent aujourd'hui des fonctions au sein d'entreprises liées à ce dossier:

  • Robert Abdallah, ex-directeur général de la Ville, dirige l'entreprise Gastier, une filiale de Simard-Beaudry, depuis novembre 2008.
  • Yves Provost, responsable du dossier de l'eau à la Ville, a été embauché en décembre 2007 par la firme d'ingénieurs BPR, qui a rédigé l'appel d'offres du contrat des compteurs d'eau.

Questions budgétaires: l'exemple de Toronto

De plus, la Ville de Toronto a installé 72 000 compteurs pour 219 millions de dollars, tandis que Montréal compte en installer 33 000 avec un montant de 356 millions.

À ce sujet, la Ville se défend: « La portée des projets est difficilement comparable. Le projet de la Ville de Toronto vise uniquement l'installation de compteurs d'eau sur une période de 4 à 6 ans. Le projet de la Ville de Montréal a une durée de 25 ans et vise non seulement l'installation de compteurs, mais également la construction de chambres de vannes et l'entretien de l'ensemble des équipements pour la période du contrat. »

Le coût par compteur serait ainsi de 3,041 $ à Toronto et de 3,337 $ à Montréal, peut-on lire dans le communiqué.

La responsabilité du maire

Le chef de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville de Montréal, Benoît Labonté, croit que le maire Tremblay a pris la bonne décision en suspendant le contrat des compteurs d'eau attribué au consortium GeniEau. Il estime toutefois que la décision a été prise tardivement.

Benoit LabontéAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire de l'arrondissement Ville-Marie nourrit de grands projets pour Montréal.

M. Labonté souligne que l'administration Tremblay n'en est pas à son premier dossier aux odeurs de scandale en rappelant l'affaire de la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM), le scandale du service informatique et maintenant l'histoire des compteurs d'eau.

« On a l'impression que lorsque le maire découvre quelque chose, [on se dit] "ah, on s'est fait prendre. On va demander au vérificateur général de faire enquête!" », a déclaré M. Labonté en entrevue au RDI. « Mais si on ne s'était pas fait prendre, l'impression que ça laisse, c'est qu'on aurait continué. Ça, c'est inacceptable! »

M. Labonté estime que le maire doit assumer la responsabilité des gens qu'il nomme. « Le maire, dans la loi sur les cités et villes, a la responsabilité de la gestion de sa ville, un pouvoir de vérification, un devoir d'enquête, un devoir de contrôle. Or, c'est à lui de poser les questions avant. »

« Quand on gère un budget de plus de 5 milliards de dollars, incluant le budget de la Société de transport de Montréal (STM), je crois qu'il faut avoir ces mécanismes-là pour rassurer les citoyens. »

— Une citation de  Benoit Labonté

Le chef de Vision Montréal estime qu'il faut resserrer les normes d'éthique à la Ville de Montréal. Il présentera d'ailleurs une motion afin de créer un poste de Commissaire à l'éthique et un code de déontologie qui s'appliquerait autant aux élus, aux fonctionnaires qu'aux mandataires de la Ville de Montréal.

Le maire Tremblay abonde en ce sens. Il précise qu'il existe un code d'éthique, mais qu'il doit être mis à jour et le rendre plus sévère.

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