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Entre reconnaissance et grogne

Monique Jérôme-Forget

Monique Jérôme-Forget

Photo : La Presse canadienne / Clement Allard

Radio-Canada

Monique Jérôme-Forget quitte ses fonctions de ministre des Finances et de députée de Marguerite-Bourgeoys pour se consacrer à sa vie familiale. L'opposition en impute la responsabilité au premier ministre Charest.

La ministre des Finances du Québec tire sa révérence après plus de 10 ans à l'Assemblée nationale. Son départ est immédiat.

Monique Jérôme-Forget a annoncé son départ en conférence de presse mercredi matin, à l'Assemblée nationale, en présence du premier ministre Jean Charest, qu'elle a qualifié d'ami à vie.

La ministre des Finances et ministre responsable des Infrastructures, surnommée la « dame de fer » par les journalistes politiques, veut désormais se consacrer à sa vie familiale. Elle a souligné qu'elle avait décidé depuis un certain temps de quitter la politique.

« Je quitte de façon sereine, je vais retrouver ma famille, mes petits-enfants, ma filleule, mon mari », a dit Mme Jérôme-Forget.

« Ce budget, pour moi, il était important parce que je savais que l'année 2009 serait difficile et je voulais être aux côtés de M. Charest pour ce budget, j'y tenais beaucoup. Et il souhaitait que je sois là, je pense », a-t-elle expliqué.

Mme Jérôme-Forget, 68 ans, qui possède une maison au Mexique, entend s'y installer dans quelques semaines avec son conjoint, l'ex-ministre de la Santé sous le premier gouvernement Bourassa, Claude Forget.

Jean Charest ému

Le premier ministre Charest s'est dit très ému par le départ de Mme Jérôme-Forget.

Monique Jérôme-Forget et le premier ministre Jean CharestAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les PPP sont l'une des importantes réalisations de l'ancienne ministre Monique Jérôme-Forget, ici en compagnie du premier ministre Jean Charest, en avril dernier.

Photo : La Presse canadienne / Clement Allard

Il a souligné la longue carrière politique de sa fidèle alliée, qui s'étale sur plus de 40 ans. Il a aussi noté les défis des mandats que sa ministre a néanmoins relevés au gouvernement du Québec.

Le premier ministre a mentionné les trois réalisations dont lui et Mme Forget sont le plus fiers: le règlement de l'équité salariale, le programme d'infrastructures et la gestion serrée des finances publiques.

Rigueur, rigueur, rigueur

« Tu as ramené de la rigueur à la gestion des affaires de l'État », a affirmé le premier ministre en rappelant l'importance des trois budgets que Mme Jérôme-Forget a préparés au cours des dernières années.

Jean Charest n'a pas tari d'éloges au sujet du courage, du leadership, de la persévérance, la détermination et l'originalité de Mme Jérôme-Forget.

« La sacoche, le syndrome de la pépine », des expressions colorées du cru de la ministre démissionnaire, dont le monde va se souvenir longtemps, a déclaré Jean Charest.

Un exemple pour les femmes

Le premier ministre a aussi souligné que Monique Jérôme-Forget a été un exemple pour les femmes du Québec tout au long de sa carrière en politique.

Elle a été élue pour une première fois à l'Assemblée nationale le 30 novembre 1998.

Mme Jérôme-Forget n'a pas répondu aux questions après son annonce mercredi matin à Québec. Elle a dit néanmoins que « les journalistes allaient s'ennuyer d'elle et qu'elle s'ennuiera d'eux ».

La Caisse de dépôt et placement

Au sujet de la commission parlementaire sur les déboires de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Monique Jérôme-Forget a déclaré qu'elle serait disponible pour témoigner si les commissaires la convoquaient.

Elle a tenu une conférence de presse, en après-midi à Montréal, au cours de laquelle elle a réitéré sa disponibilité à comparaître devant la commission parlementaire malgré sa retraite de la politique.

Mme Jérôme-Forget a aussi défendu son bilan et son renom de politicienne transparente, qui « parle vrai et qui donne toujours l'heure juste ».

Elle a ajouté qu'elle tirait sa révérence avec « le sentiment du devoir accompli », notamment au sujet de l'équité salariale, de l'infrastructure et du resserrement de la gestion des finances publiques.

Au sujet du moment qu'elle a choisi pour partir, Mme Jérôme-Forget a expliqué qu'en janvier, en février puis en mars, elle avait dit au premier ministre qu'elle quitterait ses fonctions au lendemain du vote sur le budget. Les députés de l'Assemblée nationale ont adopté le budget hier.

Les réactions de l'opposition

Les partis de l'opposition à l'Assemblée législative croient que la démission de Monique Jérôme-Forget survient à un bien mauvais moment, en raison du contexte économique difficile.

C'est surtout le premier ministre Jean Charest que le Parti québécois et l'Action démocratique cherchent à blâmer pour le départ de la ministre des Finances.

Du point de vue de la chef de l'opposition officielle, la péquiste Pauline Marois, le premier ministre a fait jouer à Mme Jérôme-Forget un rôle de paratonnerre, en lui faisant assumer des décisions difficiles, comme l'annonce de déficits et de hausses de taxes.

Mme Marois soutient que le départ de Monique Jérôme-Forget, comme celui l'été dernier de Philippe Couillard, fait la démonstration que M. Charest ne sait pas retenir en politique les éléments forts de son gouvernement.

Les derniers mois, marqués par les déboires de la Caisse de dépôt et placement, ont terni l'image de Mme Jérôme-Forget, a estimé la chef péquiste, en point de presse.

Avec les informations de La Presse canadienne

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