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Compressions fédérales dans la recherche

La comète Lulin dans un ciel étoilé

La comète Lulin dans un ciel étoilé

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/NASA

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada retire ses subventions au personnel technique et scientifique de l'observatoire situé en Estrie, l'un des plus performants en Amérique du Nord.

Alors qu'on célèbre partout dans le monde l'Année mondiale de l'astronomie, le meilleur outil d'observation des astres au Canada devra se serrer la ceinture.

La radio de Radio-Canada a appris que l'Observatoire du Mont-Mégantic, en Estrie, se voyait retirer les subventions fédérales destinées à son personnel technique et scientifique.

Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) du Canada effectue des compressions dans ces infrastructures de recherche de 140 000 $ pour cette année et de 325 000 $ pour les années subséquentes, sur un budget annuel de 1 million de dollars. L'Observatoire reçoit également un financement annuel de l'Université de Montréal, de l'Université Laval et du gouvernement du Québec.

La décision du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada est présentée comme définitive.

En entrevue à RDI, le directeur de l'Observatoire, l'astrophysicien René Doyon, a précisé que le CRSNG avait décidé de ne subventionner que les infrastructures de recherche à envergure nationale ou internationale. Il a donc restreint l'accès ou carrément aboli certains des autres programmes qu'il finançait.

M. Doyon a admis que l'Observatoire ne pouvait fonctionner à son niveau actuel avec 325 000 $ en moins par année. Il a affirmé qu'il allait d'abord examiner ses nombreuses options, et n'a écarté aucune possibilité, y compris lorsqu'on a évoqué la création d'un fonds qui pourrait être financé par le secteur privé.

L'Observatoire du Mont-Mégantic

Avec son miroir de 1,60 mètre de diamètre, le télescope du Mont-Mégantic est le plus grand et le seul instrument professionnel dans l'est de l'Amérique du Nord.

C'est aussi l'un des plus performants grâce à la réserve naturelle de ciel étoilé qui l'entoure et qui le protège de la pollution lumineuse, une première mondiale en milieu urbain.

René Doyon a assuré que l'Observatoire serait ouvert l'été prochain comme prévu, et que le télescope serait accessible au public. M. Doyon a déclaré qu'il n'y avait aucune menace de fermeture à l'heure actuelle.

Ce n'est pas l'avis d'autres acteurs du milieu. En entrevue à la radio de Radio-Canada, le directeur exécutif de l'Observatoire, Robert Lamontagne, de l'Université de Montréal, n'a pas exclu la possibilité d'une fermeture de l'observatoire.

« Cela met en péril le fonctionnement de l'observatoire et, par le fait même, la continuation de l'astronomie au Québec, du moins en terme d'astronomie d'observation », a déploré M. Lamontagne.

Ce serait catastrophique pour les chercheurs et ce le serait tout autant pour les étudiants, croit l'astronome Laurent Drissen, de l'Université Laval.

« Il y a des centaines de doctorants qui ont été formés à l'Observatoire du Mont-Mégantic. En coupant cela, cela coupe carrément les pieds de l'astronomie au Québec. On a formé des générations d'astronomes. C'est comme si ce qu'on avait fait depuis 30 ans, finalement, ça ne revenait à rien », a lancé M. Drissen.

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