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Un massacre insensé

Le centre d'aide aux immigrants de Binghamton.

Le centre d'aide aux immigrants de Binghampton.

Photo : AFP / Stan Honda

Radio-Canada

La police tente toujours de faire la lumière sur le massacre de 13 personnes perpétré vendredi par un tueur solitaire dans un centre d'aide aux immigrants d'une petite ville américaine.

Les tueries se succèdent, l'horreur demeure. Le massacre perpétré vendredi à Binghamton, New York, lourd de 13 victimes, vient s'inscrire au bas d'une longue liste qui semble destinée à s'allonger sans fin.

Son précédent le plus terrible se nomme Virginia Tech, avec ses 32 victimes, en avril 2007, mais, depuis, s'étaient ajoutés à la liste le Nebraska (8 morts, décembre 2007) le Kentucky (5 morts, juin 2008), l'État de Washington (6 morts, septembre 2008), la Californie (9 morts, décembre 2008) et l'Alabama (11 morts, mars 2009).

Et, plus lointain, ces autres précédents entachés de sang: le Colorado (12 morts, avril 1999, à l'école secondaire Columbine), le Texas (23 morts, octobre 1991), l'Oklahoma (14 morts, août 1986), la Californie (21 morts, juillet 1984).

« C'est comme si on avait cette fois tiré notre numéro », a laissé tomber le pasteur Arthur Sugg, de Binghamton, qui voit dans cette récente tragédie la manifestation localisée d'un malaise national.

Les autorités sont toujours à tenter de déterminer ce qui a pu motiver le tueur, mais selon une première hypothèse, il avait été la risée d'autres personnes en raison de son mauvais anglais.

Selon des témoins, le massacre perpétré dans un centre d'aide aux immigrants a débuté à 10 h 30 et n'a duré que quelques minutes. L'assassin a procédé sans mot, les victimes sont mortes sans cri.

Après avoir ouvert le feu sur les deux réceptionnistes - dont l'une a survécu et a appelé la police - il est entré dans une salle de classe et a multiplié les tirs.

Dans les classes voisines, remplies d'immigrants venus des quatre coins du monde, c'était la stupeur, qui a rapidement fait place à la panique.

« J'ai entendu chaque coup de feu tiré. Je n'ai entendu aucun cri, que le silence, et les tirs », a confié à l'Associated Press Zhanar Tokhtabayeva, une immigrante du Kazakhstan.

Les autres classes se sont vidées et tous ont fui pour se cacher, certains dans des placards, d'autres à la chaufferie. Le massacre a pris fin. L'assassin est mort, s'étant enlevé la vie, après avoir fait 13 victimes et blessé gravement 4 autres personnes.

Les 37 survivants, terrorisés, ont cependant dû attendre trois heures, tapis dans leur refuge, avant que la police ne pénètre sur les lieux. La police, pourtant, s'était déployée rapidement autour du bâtiment, mais ignorant la situation à l'intérieur du bâtiment, craignant la prise d'otage, a préféré jouer de prudence.

Elle a enfin pénétré sur les lieux vers 13 h 30. Certains hommes, un temps, ont été menottés dans la confusion qui a suivi, la police ayant d'abord eu à se convaincre que l'assassin avait agi seul.

Le corps du tueur a été découvert dans un bureau, deux pistolets et des munitions à ses côtés. Il s'agit d'un immigrant d'origine vietnamienne, Jiverly Wong, 41 ans. Les autorités ont confirmé ces informations en conférence de presse, samedi. Il avait déjà fréquenté ce centre, où l'on dispense des cours, notamment de langue, en vue de l'obtention de la citoyenneté.

Selon le chef de la police locale, Joseph Zikuski, il avait été récemment congédié de son emploi.

Avec les informations de Agence France-Presse, New York Times, et BBC