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20 leaders, 1 accord

Radio-Canada

Les pays du G-20 s'entendent pour verser 1000 G$US supplémentaires au FMI et à d'autres institutions internationales, conviennent de mettre un terme au secret bancaire et annoncent qu'ils publieront une liste des paradis fiscaux dérogeant aux règles de l'OCDE.

Le sommet des dirigeants des 20 plus grandes puissances économiques mondiales, réunis à Londres jeudi, vient de se terminer. Le premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé que les pays du G-20 se sont entendus sur une série de mesures destinées notamment à mieux réguler le système financier international.

Le premier ministre Gordon Brown lors de la conférence de presse de clôture.Le premier ministre Gordon Brown lors de la conférence de presse de clôture. Photo : La Presse canadienne / AP/Alastair Grant

L'hôte du sommet a annoncé dans un premier temps que les pays du G-20 se sont entendus pour mettre un terme au secret bancaire. À ce sujet, ils ont publié une liste des paradis fiscaux (Nouvelle fenêtre) qui refusent de se conformer aux règles édictées par l'OCDE.

Paradis fiscaux non coopératifs: 4 critères

Le Centre de politique et d'administration fiscales de l'OCDE met de l'avant quatre critères pour établir si un pays peut être considéré comme un paradis fiscal non coopératif:

  • Des taux d'imposition insignifiants ou inexistants
  • Une absence de transparence
  • Des entraves légales ou administratives à l'échange de renseignements
  • Des indications qu'on attire des investissements pour de seules considérations fiscales et non susciter de l'activité économique

Le sommet a également permis de conclure une entente pour que les primes des grands banquiers de la planète ne puissent être versées qu'au mérite. Il n'est plus question, a dit M. Brown, de récompenser les échecs. Dans la même veine, le premier ministre britannique a aussi annoncé que les fonds spéculatifs et les agences de notation de crédit seront contrôlés plus étroitement.

Les pays du G-20, a ajouté Gordon Brown, ont aussi convenu d'une approche commune pour les actifs des banques qui ont été contaminés par l'effondrement du système de prêts hypothécaires à haut risque. Les détails de cette entente n'ont pas été dévoilés.

Gordon Brown a aussi fait savoir que les pays du G-20 verseront 1000 G$US supplémentaires au FMI et à d'autres institutions internationales afin qu'ils soient en mesure de soutenir adéquatement les pays pauvres et les pays émergents.

Les ressources du FMI passeront ainsi de 250 à 750 milliards de dollars. Une tranche de 250 milliards sera fournie par les États membres; l'autre tranche de 250 milliards proviendra de droits de tirage spéciaux. Le FMI sera aussi autorisé à vendre une partie de ses réserves d'or.

Le Conseil de stabilité financière, qui existe depuis 1999, sera aussi renforcé afin qu'il puisse mieux superviser les échanges internationaux. Il collaborera avec le Fonds monétaire international dans le but de prévenir de nouvelles crises.

M. Brown a aussi annoncé que les pays du G-20 s'entendaient sur la nécessité de conclure le cycle de négociations de Doha, complètement embourbé à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et de parvenir à un nouvel accord sur les émissions de gaz à effet de serre qui succédera au protocole de Kyoto après 2012.

Aujourd'hui, le monde s'est uni pour lutter contre la récession mondiale. Pas avec des mots, mais avec un plan de reprise mondiale et de réformes assorti d'un calendrier clair.

Gordon Brown

La plupart des dirigeants réunis au G-20 se sont déclarés satisfaits de ce vaste plan d'action. Les bourses mondiales ont réagi positivement à l'annonce des décisions du G-20. Les Bourses asiatiques avaient aussi clôturé en hausse, avant que même que le sommet ne soit terminé.

Des principes établis en novembre

Les chefs d'État et de gouvernement du G-20, qui ont soupé ensemble mardi soir, étaient réunis en séance plénière depuis environ 5 h 30, HAE, au centre d'exposition Excel, dans l'est de la capitale britannique, afin de mettre au point les détails d'une entente dont les grands principes ont été établis lors d'une précédente réunion des leaders, en novembre.

Stephen Harper était absent à la photo de famille des leaders du G-20.Le premier ministre canadien Stephen Harper a raté la « photo de famille » des leaders du G-20. Selon un porte-parole, il se faisait breffer par ses conseillers. M. Harper aurait normalement dû apparaître à côté de la chancelière allemande Angela Merkel. La photo a dû être reprise. Photo : AFP / Eric Feferberg

Lors de cette précédente rencontre, tenue à Washington, les dirigeants du groupe s'étaient entendus pour relancer l'économie de façon concertée, pour mieux réglementer le système financier et pour financer davantage le Fonds monétaire international.

Au cours des derniers jours, des dissensions étaient apparues entre les pays plus préoccupés par la nécessité de dépenser plus d'argent public pour relancer l'économie, comme les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon, et ceux qui préconisent une refonte en profondeur du système financier international, comme la France et l'Allemagne.

Le sommet du G-20 se déroule sous haute sécurité. Un important périmètre de sécurité a été déployé autour du centre d'exposition Excel. Quelques dizaines de manifestants se sont rassemblés dans le secteur jeudi matin, mais sans plus. Mercredi, quelques milliers de manifestants militant pour différentes causes sont descendus dans les rues de Londres. Des échauffourées ont eu lieu devant la Bank of England et une succursale de la Royal Bank of Scotland. La police a effectué des dizaines d'arrestations et un manifestant est mort, vraisemblablement en raison de son état de santé.

Le plaidoyer de Ban Ki-moon

Le PM britannique Gordon Brown accueille le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à son arrivée au sommet.Le PM britannique Gordon Brown accueille le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à son arrivée au sommet. Photo : AFP / Philippe Wojazer/Pool

Dans une lettre publiée jeudi par le quotidien britannique The Guardian, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a prévenu que la crise économique mondiale menaçait de provoquer des troubles sociaux, des faillites d'États, voire une « catastrophe » humanitaire.

« Faute de parvenir à une relance mondiale, nous nous exposons à une catastrophe dans le développement de l'homme », écrit M. Ban.

« Je crains que le pire n'arrive - une crise politique à grande échelle découlant d'une instabilité sociale croissante, de l'affaiblissement des gouvernements et de populations mécontentes, qui ont perdu toute foi en leurs dirigeants et en leur propre avenir. »

Le secrétaire général de l'ONU estime que « les choses s'effondrent à une vitesse alarmante » dans les pays les plus pauvres de la planète et plaide conséquemment pour une « véritable relance budgétaire mondiale ».

Les pays en voie de développement, croit M. Ban, ont besoin de 1000 milliards de dollars en 2009 et 2010. « Il y a une marge étroite entre des banques en faillite et des pays », écrit M. Ban.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, Le Monde, et BBC