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La création des Expos

Radio-Canada

Le 3 octobre 2004, à 16 h 24, le voltigeur Endy Chavez a frappé un faible roulant au deuxième but pour ainsi devenir le dernier retrait de l'histoire des Expos.

Il fermait un livre dont la rédaction avait commencé le 8 avril 1969 avec une victoire de 11-10 sur les Mets de New York.

Cette journée-là de 1969 était la concrétisation du rêve montréalais d'obtenir la première franchise du baseball majeur hors des États-Unis.

Le sport était pourtant bien ancré à Montréal dans les années 1950 grâce aux Royaux, de la Ligue internationale, et à sa vedette Jackie Robinson. Mais l'équipe a fermé ses portes en 1960 lorsque son équipe-mère, les Dodgers, est déménagée de Brooklyn à Los Angeles.

Gary Carter

Gary Carter adulé

Photo : La Presse canadienne / Archives

Gerry Snyder, une figure de proue de la politique municipale montréalaise, s'est alors mis en tête d'aller chercher une équipe du baseball majeur. Et après sept ans de labeur, le 27 mai 1968, Montréal recevait sa franchise.

L'établissement

Encore fallait-il lui trouver un nom. « Royals » avait été pris par Kansas City. Donc les propriétaires, Charles Bronfman en tête, ont demandé l'appui de la population.

Les Voyageurs et, ironiquement, les Nationaux, ont été retenus, mais l'Exposition universelle de 1967 imprégnait encore les esprits. Les Expos sont ainsi nés de la volonté populaire.

Maintenant, le stade... Le stade De Lorimier, ancien domicile des Royaux, était trop petit. L'Autostade des Alouettes, situé dans la Cité du Havre, coûtait trop cher à rénover (il fallait ajouter un toit et 12 000 sièges).

Le maire Jean Drapeau a alors jeté son dévolu sur une petite enceinte de 3000 places, le stade Jarry. Six mois plus tard, le stade pouvait accueillir 28 500 spectateurs.

Le stade olympique s'est toutefois imposé d'office en 1977, en raison de la météo difficile en début de saison, mais aussi en septembre et en octobre. La Ligue avait déjà plusieurs fois menacé Montréal de lui retirer sa franchise si les joueurs n'obtenaient pas un toit, à proprement parler.

C'était le premier épisode de la relation amour-haine entre le baseball montréalais et les stades...

Les glorieuses années 1980

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Gary Carter, Tim Raines et compagnie

Photo : La Presse canadienne / Archives

Menés par les légendaires Gary Carter, Tim Raines, Andre Dawson, Tim Wallach et Steve Rogers, les Expos atteignent la finale de la Nationale en 1981. Ce sera le plus prestigieux voyage automnal de l'histoire de l'équipe.

Le tristement célèbre circuit de Rick Monday, en neuvième manche du match décisif, a toutefois brisé le coeur de millions de partisans, qui n'ont jamais oublié le goût amer en bouche.

Montréal a dû attendre jusqu'à 1994 pour ravoir une équipe championne. Cette fois, l'équipe dirigée par Felipe Alou possédait le meilleur dossier du baseball majeur
(74-40).

Mais le 12 août 1994, une grève est venue anéantir la Série mondiale, et par le fait même, l'existence des Expos. La campagne pour un nouveau stade a pris du plomb dans l'aile, et les nouveaux propriétaires (Bronfman avait vendu l'équipe en 1990) ont fermé leur bourse.

Larry Walker, John Wetteland, Marquis Grissom, Ken Hill, Jeff Fassero, Wil Cordero, Moises Alou, Mel Rojas et Pedro Martinez ont tous quitté l'équipe dans les années subséquentes.

« J'aurais voulu accepter une réduction de salaire pour que l'équipe reste ensemble, mais on ne m'a même pas offert de contrat, avait révélé Walker à ESPN. Où était l'argent? Nous ne le saurons jamais. »

Certains voient d'ailleurs dans la vente de l'équipe par Bronfman la véritable mort des Expos, bien avant la fatidique grève. Et de 1995 à 2004, personne n'a pu annuler le service funèbre...