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Washington et Téhéran se parlent

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'émissaire du président Obama pour l'Afghanistan et le Pakistan, Richard Holbrooke, profite de la conférence de La Haye pour s'entretenir brièvement avec le vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

L'envoyé spécial des États-Unis pour l'Afghanistan et le Pakistan, Richard Holbrooke, a eu un bref échange avec le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Mehdi Akhoundzadeh, lors de la conférence sur l'Afghanistan qui s'est tenue mardi, à La Haye, aux Pays-Bas.

Le président Hamid Karzaï rencontre différents diplomates, dont le vice-ministre iranien des Affaires étrangères (en complet rayé, en bas à gauche).Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président Hamid Karzaï rencontre différents diplomates, dont le vice-ministre iranien des Affaires étrangères (en complet rayé, en bas à gauche).

Photo : La Presse canadienne / AP/Bas Czerwinski

La rencontre, qui a eu lieu quatre jours après que le président Obama eut présenté sa nouvelle stratégie envers l'Afghanistan, réunissait des représentants de 90 pays.

La rencontre entre MM. Holbrooke et Akhoundzadeh a été confirmée par la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, lors de la conférence de presse de clôture. L'échange entre les deux hommes, a-t-elle, dit « n'avait pas été prévu et n'a porté sur aucune question particulière ».

Les deux hommes, a poursuivi Mme Clinton, « sont convenus de rester en contact ». La secrétaire d'État américaine a également dit qu'une lettre demandant la libération des ressortissants américains actuellement détenus en Iran avait été remise au représentant de Téhéran.

Les États-Unis et l'Iran n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis la Révolution islamique de 1979.

Se réconcilier avec les talibans

La secrétaire d'État américaine Hillary ClintonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton

Photo : La Presse canadienne / AP/Peter Dejong

Avant que l'annonce de cet échange ne soit faite, la rencontre avait été marquée par l'appel de Mme Clinton à une « réconciliation » avec les talibans qui renonceraient à l'extrémisme, et par un plaidoyer de la République islamique d'Iran en faveur du retrait des troupes étrangères du sol afghan.

« Nous devons soutenir les efforts du gouvernement afghan de séparer les extrémistes d'Al-Qaïda et des talibans de ceux qui ont rejoint leurs rangs non par conviction, mais par désespoir », a dit Mme Clinton. « C'est, en fait, le cas de la majorité de ceux qui combattent aux côtés des talibans ».

« Ils devraient se voir offrir une forme honorable de réconciliation et de réintégration dans une société paisible, s'ils sont désireux d'abandonner la violence, de rompre avec Al-Qaïda et de respecter la Constitution », a poursuivi la chef de la diplomatie américaine.

Sept ans après que le régime des talibans a été chassé du pouvoir par une coalition internationale menée par les États-Unis, l'Afghanistan est toujours en proie à une insurrection, particulièrement dans le sud du pays.

L'idée de négocier avec des talibans considérés modérés n'est pas nouvelle, mais elle gagne en popularité depuis que le président George W. Bush a quitté ses fonctions. Le président Obama l'avait lui-même récemment évoquée dans une entrevue au New York Times, au cours de laquelle il avait admis que les États-Unis n'étaient pas en train de gagner la guerre. Le président afghan, Hamid Karzaï, est aussi en faveur de pourparlers avec les talibans.

L'opinion de Téhéran

La Maison-Blanche avait invité la République islamique à participer à la conférence de La Haye afin de donner une nouvelle impulsion à sa stratégie afghane, et d'envoyer un nouveau signal démontrant sa volonté d'entreprendre un dialogue constructif avec la théocratie iranienne.

Délégué par le régime iranien pour l'occasion, Mohammad Mehdi Akhoundzadeh a notamment annoncé que l'Iran est « tout à fait prêt à participer aux projets destinés à combattre le trafic de drogue et aux projets de développement et reconstruction en Afghanistan ».

Le représentant de la République islamique a toutefois demandé aux troupes étrangères de quitter l'Afghanistan. « La présence de forces étrangères n'a pas amélioré les choses dans le pays, et il semble qu'une augmentation des troupes va se révéler inefficace, elle aussi », a déclaré Mohammad Mehdi Akhoundzadeh.

« Les dépenses militaires doivent être redirigées vers la formation de la police et l'armée afghanes, et le processus de reconstruction d'un gouvernement devrait être basé sur l'Afghanisation », a-t-il dit, tout en soulignant l'importance de l'élection présidentielle prévue en août prochain dans le pays.

Le ministre Akhoundzadeh a aussi mis en garde les Occidentaux contre la tentation de chercher à atteindre des objectifs autres que militaires. Elle doit s'en tenir, dit-il, à son objectif initial, qui était « d'aider la population à rétablir la stabilité et à reconstruire le pays ». Il a aussi plaidé en faveur d'un rôle accru de l'ONU en Afghanistan.

L'Iran collaborait avec la coalition internationale au début de la guerre en Afghanistan, à l'automne 2001. Ce partenariat a toutefois cessé après que le président Bush eut placé la République islamique dans le camp de ce qu'il a baptisé « l'axe du mal ».

La nouvelle stratégie américaine pour le Pakistan et l'Afghanistan annoncé vendredi dernier par le président Obama affirme haut et fort que l'objectif de la guerre est d'empêcher Al-Qaïda de prendre racine dans la région, afin d'éviter de nouveaux attentats contre des intérêts occidentaux. Elle préconise un renforcement de l'armée et de la police afghanes, la reconstruction des institutions civiles, une meilleure gouvernance de la part du gouvernement et une concertation internationale accrue.

Le président a notamment annoncé que 4000 soldats américains seront déployés dans le pays pour y former des soldats et des policiers afghans. L'objectif est d'obtenir un effectif de 134 00 soldats et 82 000 policiers d'ici 2011, afin que le pays soit en mesure d'assurer sa sécurité lui-même. Les États-Unis enverront également un contingent d'ingénieurs, d'avocats, de professeurs et de spécialistes afin de soutenir la société civile.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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