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Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.




Avec cette série de reportages, Gino Harel vous propose un survol des principaux enjeux économiques et sociaux auxquels sont confrontées les Philippines. Des enjeux qui, à cause de la crise financière mondiale, doivent être considérés sous un jour nouveau.




90 millions de citoyens

Situé en Asie du Sud-est et composé de plus de 7000 îles, l'archipel des Philippines compte d'innombrables rivages paradisiaques. Mais, derrière cette image de carte postale, se cachent d'autres réalités, comme la faim, la pauvreté ou le chômage

Pour les 90 millions de Philippins qui peuplent ce pays, l'immigration est souvent la seule solution pour fuir la misère. Le phénomène a connu une forte croissance dans les années 80, sous le régime du président Ferdinand Marcos.

Depuis, l'exportation de la main-d'oeuvre philippine n'a cessé de croître. En 2008, l'exode des travailleurs a connu une année record puisque 1 377 823 Philippins sont partis travailler à l'étranger.

Même s'ils se trouvent à des milliers de kilomètres de chez eux, ces pionniers participent activement à l'économie de leur pays d'origine: on estime que leur revenu cumulé représente, annuellement, environ 10 % du produit intérieur brut philippin.

9 millions d'expatriés

Qu'ils soient marins, ouvriers de chantier, cuisiniers, plombiers, femmes de chambre, domestiques, électriciens, serveurs de restaurant ou aides familiales, ces hommes et ces femmes ont envoyé, en 2008, plus de 20 milliards de dollars à leurs proches, qui les ont ensuite réintroduits, d'une façon ou d'une autre, dans l'économie philippine.

Pas étonnant, dans cette mesure, que le gouvernement philippin, en plus de rendre publiquement hommage à leur contribution dans l'économie nationale, encourage et facilite leur embauche par les employeurs du monde entier.

Aujourd'hui, on estime qu'il y a environ 9 millions de Philippins qui travaillent à l'étranger. Près de 4,5 millions seraient installés en permanence dans leur nouveau pays d'accueil, alors que les autres vont et viennent, d'année en année.

Mais tous les Philippins ne partagent pas l'enthousiasme du gouvernement pour les vertus de l'immigration économique. Nombreux sont ceux qui dénoncent ce système et qui affirment qu'il vaudrait mieux créer des emplois sur place plutôt que de pousser la main d'oeuvre hors du pays.

Exode et coût social

Les aspects économiques ne sont pas leurs seuls arguments. Ils dénoncent aussi le coût social de ce système: chaque fois qu'un Philippin ou une Philippine quitte son pays, c'est souvent toute une famille qui se retrouve sans père ou sans mère pour des années, ou pour toute la vie.

Manille et sa région métropolitaine comptent plus de 10 millions d'habitants, et c'est dans les rues de la capitale philippine que les problèmes sociaux sont les plus visibles.

La ville attire de nombreux Philippins qui ont choisi de quitter leur région natale, faute de pouvoir y survivre. Mais, à Manille, les possibilités d'embauche sont limitées. Alors, pour tous les sans-emploi, la grande ville se transforme en une sorte de zone de transit vers l'étranger.

Ils ne sont pas les seuls à errer sur les trottoirs de la capitale. Il y a aussi ces milliers d'enfants, livrés à eux-mêmes, qui constituent des proies faciles pour les réseaux de prostitution et les milieux criminels.

Ces problèmes ne constituent pas l'exclusivité de Manille. Ils existent aussi dans de nombreuses villes de province, et jusque dans des régions touristiques, comme Olongapo City.

Les effets de la crise

Depuis quelques mois, les Philippins d'outre-mer font face à un nouveau défi: la crise financière mondiale. Les compressions de personnel n'épargnent pas les sociétés qui les emploient, et de plus en plus d'expatriés doivent retourner chez eux plus tôt que prévu.

Pour absorber l'augmentation de la main-d'oeuvre disponible, et pour offrir du travail aux Philippins restés au pays, le gouvernement de la présidente Gloria Macapagal-Arroyo s'efforce de favoriser la création d'emplois.

Exploiter les ressources naturelles du pays est une solution qui a déjà fait ses preuves dans le passé. De nombreux projets miniers ont vu le jour dans les années 90. Ils avaient, d'ailleurs, attiré plusieurs compagnies canadiennes.

Mais l'exploitation de ces ressources ne se fait pas sans susciter la controverse: ces dernières années, les dégâts environnementaux causés par certaines compagnies minières étrangères ont mis les groupes écologistes en état d'alerte.

Ils surveillent de très près les compagnies qui projettent d'extraire les ressources naturelles du pays, même lorsqu'elles n'en sont qu'au stade de l'exploration.


*Gino Harel s'est récemment rendu aux Philippines pour ses reportages grâce à une bourse de l'Association canadienne des journalistes, en partenariat avec l'Agence canadienne de développement international.

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