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Feu vert du BAPE

riviere-romaine-hiver

Rivière Romaine (archives)

Radio-Canada

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement conclut que le projet d'Hydro-Québec sur la Côte-Nord répond à un réel besoin énergétique, mais formule 24 recommandations pour en atténuer les impacts environnementaux.

Le projet de complexe hydroélectrique de 1550 MW sur la rivière Romaine, sur la Côte-Nord, pourra aller de l'avant. En effet, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) vient de donner un avis favorable à ce projet d'Hydro-Québec.

Au terme d'une consultation entamée le 27 octobre 2008, la commission conjointe d'évaluation environnementale conclut que « le projet répond à trois des objectifs de la stratégie énergétique du Québec ». Ces objectifs sont:

  • renforcer la sécurité des approvisionnements en énergie;
  • utiliser davantage l'énergie comme levier de développement économique;
  • accorder une plus grande place aux communautés locales et aux nations autochtones dans le développement énergétique.
Plan du projet de la Romaine

Plan du projet de la Romaine

Le BAPE fait toutefois 24 recommandations, des mesures de suivi ou d'atténuation des impacts dans son rapport de 269 pages publié jeudi. Ces recommandations concernent, entre autres, les oiseaux forestiers, la sauvagine, les saumons et les caribous.

Au sujet de la population, l'organisme note que « la réalisation du projet entraînerait vraisemblablement une importante création locale d'emplois et un besoin accru en services commerciaux et sociaux ».

Afin de « tirer pleinement parti des retombées économiques » et de prévoir les problèmes psychosociaux pouvant découler du projet, le BAPE recommande aussi qu'Hydro-Québec et les organismes gouvernementaux soutiennent la population. La société d'État devra aussi faire attention à la sécurité des utilisateurs.

Barrage de contestations

Ce projet, estimé à 6,5 milliards de dollars, a suscité de nombreuses réactions, ne serait-ce qu'à en juger par les 120 mémoires reçus par le BAPE. Plusieurs groupes environnementaux s'y sont opposés, notamment la Fondation Rivières et l'acteur Roy Dupuis. Ils avaient notamment demandé la tenue d'audiences publiques à Montréal et à Québec afin de faire entendre leur voix - ce que le BAPE a toujours refusé.

La directrice de Fondation Rivières, Anne-Marie Saint-Cerny, estime que le rapport du BAPE ait l'un « des plus désolants qui [lui] ait été donné de voir ». Elle remet en question le sérieux de l'analyse des commissaires et critique le fait que les commissaires aient proposé des mesures de suivi des conséquences potentielles que le projet pourrait avoir sur l'écosystème, et notamment les stocks de saumon.

« Le BAPE avait l'occasion de mettre sur la table le même débat qui se passe à l'heure actuelle aux États-Unis et en Ontario, c'est-à-dire: comment se développe-t-on, comment travaille-t-on, au 21e siècle dans le domaine de l'énergie? », soutient Mme Saint-Cerny. La Fondation Rivières propose de construire un parc éolien à la place du complexe hydroélectrique.

De son côté, Nature Québec estimait que le projet de la Romaine altérerait de façon irréversible le régime hydrique du golfe Saint-Laurent, aux dépens de ses espèces vivantes. Sans compter des impacts sur le parc national de l'archipel Mingan, créé pour protéger un écosystème unique.

Les Innus Takuaikan Uashat Mak Mani-Utenam ont déjà indiqué qu'ils s'opposeront par tous les moyens à la réalisation du complexe, qu'ils avaient qualifié d'« illégal ». Ils avaient d'ailleurs expédié une mise en demeure aux premiers ministres Jean Charest et Stephen Harper.

Le projet en bref

Le complexe de la Romaine sera constitué de quatre centrales alimentées par des réservoirs, pour une production annuelle moyenne de 8 TWh. Il permettra à Hydro-Québec d'augmenter ses exportations d'électricité dans un premier temps et, à terme, d'alimenter le marché québécois, où la demande est appelée à progresser selon l'entreprise.

Selon Hydro-Québec, le projet aura des retombées économiques de 3,5 milliards de dollars, dont 1,3 milliard de dollars sur la Côte-Nord, et qu'il créera de 1000 à 2000 emplois par année pendant sa réalisation. L'entreprise publique espère commencer les travaux de construction cet été afin de les finir en 2020. La première mise en service est prévue en 2014.

Avec les informations de La Presse canadienne