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Les employés en lock-out

Le journal Le Réveil
Radio-Canada

Après le Journal de Montréal, Quebecor met en lock-out la trentaine de travailleurs syndiqués de l'hebdomadaire de Jonquière.

Après une ultime rencontre et la visite du président-directeur général de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, un conflit de travail au journal Le Réveil n'a pu être évité.

Quebecor a décrété un lock-out à l'hebdomadaire de Jonquière. L'entreprise évoque le rejet unanime de la dernière offre déposée lundi. La trentaine d'employés syndiqués de la rédaction, de l'administration et du montage ont rejeté dans une proportion de 100 % l'offre globale de règlement déposée par l'employeur.

Malgré plusieurs négociations, les deux parties n'ont pas réussi à s'entendre sur le nombre d'emplois touchés par le transfert à l'extérieur de la région de l'administration et de la mise en page du journal.

Les syndiqués ont jugé que l'offre était inacceptable, car elle contenait des abolitions de postes en échange de primes de départ bonifiées pour un certain nombre d'employés.

Quebecor indique qu'il maintiendra 18 emplois, soit 10 vendeurs de publicités, 3 cadres et 5 employés syndiqués.

De son côté, le syndicat soutient que, dans son unité, le nombre d'emplois passera de 80 à 5, en comptant la fermeture de l'imprimerie survenue la semaine dernière.

« Ce n'est pas des emplois que l'on coupe, parce qu'on n'en a plus besoin. C'est parce que l'on fait un transfert pour centraliser ça à Montréal ou dans les grands centres », a déclaré la présidente du syndicat, Dominique Savard.

Les dirigeants de Quebecor se sont dits extrêmement surpris du rejet à l'unanimité de la dernière offre patronale, qui accordait un an de salaire aux plus vieux employés mis à pied.

Au dire de la vice-présidente affaires publiques de Quebecor, Isabelle Dessureault, l'entreprise n'a plus le choix de centraliser les opérations.

« Nous avons une cinquantaine de journaux régionaux à travers le Québec. En ayant des employés qui font le montage pour plusieurs journaux et, bien évidemment, ils sont plus productifs. C'est la même chose pour l'administration. Si on continue d'investir dans des systèmes qui sont distincts dans chacun de nos 50 hebdos régionaux, ce sont des investissements que l'on ne peut plus se permettre. On le voit à travers l'Amérique du Nord au complet ce qui se passe du côté des journaux », a-t-elle expliqué.

Un appel à la solidarité

Les employés du journal demandent aux annonceurs d'arrêter d'acheter de la publicité dans l'hebdomadaire. Les syndiqués sont convaincus que Quebecor lèvera son lock-out, si la population se montre solidaire et que celle-ci prend conscience des enjeux du conflit.

L'appel au boycottage s'adresse particulièrement à la Ville de Saguenay, qui est le principal annonceur du journal. Une rencontre est d'ailleurs prévue avec le maire Jean Tremblay afin de le sensibiliser dans ce dossier.

Les syndiqués n'ont pas l'intention de publier un journal en parallèle comme c'est le cas avec les journalistes du Journal de Montréal, qui ont lancé un site Internet pour continuer à écrire.

Les travailleurs vont plutôt concentrer leurs efforts pour la mise en place d'une coopérative de travailleurs qui vise notamment à racheter le journal ou encore à faire concurrence à l'actuelle publication si Quebecor refuse de vendre.