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Attentat d'envergure à Lahore

Des policiers pakistanais à l'extérieur d'un camion touché par les assaillants.

Des policiers pakistanais à l'extérieur d'un camion touché par les assaillants.

Photo : AFP / Arif Ali

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une dizaine d'assaillants armés jusqu'aux dents attaque l'autobus de l'équipe de cricket du Sri Lanka en plein jour, au coeur d'une mégapole. L'attaque a fait au moins 8 morts et 7 blessés.

Au Pakistan, l'équipe de cricket du Sri Lanka a été la cible d'un attentat d'envergure, mardi, à Lahore. Une dizaine d'assaillants ont attaqué l'autobus qui la transportait à la roquette, à l'arme automatique et à la grenade tout près du stade Gaddafi, où elle devait disputer un match contre le Pakistan.

Huit Pakistanais - six policiers et deux civils - ont été tués dans cette attaque, tandis que six joueurs et un entraîneur de l'équipe sri lankaise ont été blessés. L'attentat, qui aurait duré une trentaine de minutes, selon Reuters, a été perpétré en plein jour à un carrefour giratoire de Lahore, une ville de plus de 6 millions d'habitants.

Selon des témoins, les assaillants suivaient un modus operandi similaire à celui utilisé lors des attentats de Mumbai, en Inde, il y a quatre mois. Aucun d'eux n'a toutefois été capturé. Ils ont pris la fuite dans Lahore, déclenchant une vaste chasse à l'homme dans la ville.

Les joueurs de l'équipe sri lankaise ont pour leur part été transportés au stade Gaddafi, d'où ils ont été évacués par hélicoptère. Le capitaine de l'équipe a déclaré que les joueurs touchés n'avaient été que légèrement blessés.

Au cours des derniers mois, plusieurs équipes de cricket, dont celles de l'Inde et de l'Australie, ont refusé d'aller jouer au Pakistan pour des raisons de sécurité. L'attaque compromet la tenue du Championnat du monde de cricket dont le Pakistan doit être l'hôte en 2011. Le cricket est un sport immensément populaire au Pakistan.

« Je pense que du cricket international est hors de question jusqu'à ce qu'il y ait un changement significatif, un changement de régime, je présume », a déclaré sur les ondes de la BBC le président de l'International Cricket Council, David Morgan.

Un attentat planifié avec minutie

Ces images de deux des assaillants ont été diffusées à la télévision pakistanaise.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ces images de deux des assaillants ont été diffusées à la télévision pakistanaise.

Photo : AFP / NDTV

Selon le gouverneur du Punjab, Salman Taseer, les assaillants se sont enfuis dans une zone commerciale située non loin du lieu de l'attaque.

« Une chose que je veux dire, c'est que c'est le même modèle, les mêmes terroristes qui ont attaqué Mumbai », a-t-il déclaré. Les attentats de Mumbai, qui ont fait plus de 170 morts cet automne, ont été minutieusement planifiés. L'Inde en impute la responsabilité au groupe pakistanais Laskhar-e-Taïba.

Le chef de la police de Lahore, Habib-ur Rehman, est d'avis que les joueurs s'en tirent à bon compte. Une roquette tirée en direction de leur autobus a raté la cible et des grenades lancées sous le véhicule n'ont pas explosé. Sur les lieux, les policiers ont retrouvé des grenades, des explosifs et un pistolet. Deux bombes placées sous des véhicules ont aussi été désamorcées à proximité du lieu de l'attaque.

« J'ai vu une roquette tirée vers nous », a raconté le chauffeur de l'autobus de l'équipe. « Elle nous a ratés et a heurté un poteau électrique. Ensuite, ce fut l'enfer ». Le chauffeur de l'autobus qui transportait les arbitres du match, qui suivait derrière, a pour sa part été tué.

Le Punjab déstabilisé

L'attentat survient au moment où le Pakistan et le Punjab, la plus riche et la plus populeuse des provinces pakistanaises, sont déjà en ébullition sur le plan politique. Le président Asif Ali Zardari a démis le gouvernement de ses fonctions la semaine dernière, et a donné la responsabilité de l'administration au gouverneur.

Cette décision est intervenue dans la foulée d'un jugement de la Cour suprême bannissant de la vie politique le principal dirigeant de l'opposition, Nawaz Sharif, et son frère, Shabahz, qui était le premier ministre de la province. Ces décisions ont entraîné des manifestations partout dans le Punjab et ailleurs au pays.

Dans les heures qui ont suivi l'attentat, le ministre pakistanais des Transports maritimes, Sardar Nabil Ahmed Gabol, a accusé l'Inde d'être derrière l'attaque. « Les éléments que nous avons recueillis montrent que ces terroristes sont venus ici en franchissant la frontière indienne », a-t-il déclaré à la télévision privée Geo. « Nous avons affaire à un complot en vue de nuire à l'image du Pakistan dans le monde. »

Le Pakistan et l'Inde se sont livré trois guerres en 60 ans d'histoire, et leur relation a été ébranlée par les attentats de Mumbai. Le Pakistan est toutefois secoué par de multiples attentats répondant davantage à une logique intérieure au cours des dernières années, dont celui qui a coûté la vie à l'ex-première ministre Benazir Bhutto en décembre 2007. Le pays est en proie à une violente insurrection talibane dans le nord-ouest du pays.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et BBC

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