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Un ambassadeur au lourd passé

Francisco Barrio Terrazas a été reçu jeudi par la gouverneure générale Michaëlle Jean.

Francisco Barrio Terrazas a été reçu jeudi par la gouverneure générale Michaëlle Jean.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

La nomination de Francisco Barrio Terrazas au poste d'ambassadeur du Mexique au Canada suscite de l'inquiétude chez des groupes de défense des droits de la personne, qui critiquent sa gestion de l'enquête sur des meurtres de femmes à Juarez.

La nomination de Francisco Barrio Terrazas au poste d'ambassadeur du Mexique au Canada crée des remous. Dans les deux pays, des organismes de défense des droits de la personne dénoncent cette nomination.

M. Barrio Terrazas est un ancien gouverneur de l'État du Chihuahua. Il était en poste à l'époque où des centaines de femmes ont été victimes de viol ou d'assassinat dans la ville de Juarez. Il a été critiqué pour son refus de demander une enquête. Il avait laissé entendre que les victimes avaient été responsables de leur malheur, car elles se promenaient la nuit, dans des endroits sombres et légèrement vêtues.

Son administration s'était attiré les critiques de la commission nationale des droits de la personne du Mexique. Selon la commission, M. Barrio Terrezas avait mal géré l'affaire des violences de Juarez, en plus de faire preuve d'une attitude méprisante à l'endroit des victimes et de leurs familles.

Des associations réagissent

Dans une lettre adressée au premier ministre canadien Stephen Harper, la Fédération des femmes du Québec réclame qu'Ottawa « rappelle au gouvernement du Mexique les engagements internationaux et nationaux contractés en matière de droits des femmes et qu'il consente les ressources adéquates pour prévenir et contrer véritablement tous les actes de violence perpétrés à l'encontre des femmes. » La FFQ ajoute que « le passé de M. Barrio ne nous donne aucune garantie que, comme représentant du Mexique, il sera sensible à cette question, bien au contraire ».

Une importante association de défense des droits de la personne de Juarez a aussi critiqué la nomination de l'ex-gouverneur. « Nous ne pouvons pas accepter que le Canada, un pays modèle dont la culture est fondée sur le respect des droits de la personne et sur la primauté du droit, puisse appuyer une personne qui a toléré le meurtre et le viol de femmes et de jeunes filles », a écrit l'association dans un communiqué.

Au bureau du premier ministre Stephen Harper, on indique que le gouvernement avait accepté la nomination de Francisco Barrio Terrazas en raison des liens étroits tissés avec le président Felipe Calderon. « Le président mexicain, Felipe Calderon, a mis en place des réformes du système judiciaire et des institutions des droits humains et nous applaudissons le Mexique pour ses progrès dans ces domaines », a déclaré à la Presse canadienne la porte-parole Karine Ledoux.

Avec les informations de La Presse canadienne