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La reconstitution est annulée

Plaines d'Abraham, Québec

Les plaines d'Abraham

Photo : iStockPhoto

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Commission des champs de bataille nationaux annule la reconstitution des batailles des plaines d'Abraham et de Sainte-Foy pour des raisons liées à la sécurité du public et des participants.

Devant le tollé médiatique et politique provoqué par la reconstitution des batailles des plaines d'Abraham et de Sainte-Foy, la Commission des champs de bataille nationaux retire l'événement du programme des activités.

L'événement devait se dérouler l'été prochain à Québec.

Le président de la Commission des champs de bataille nationaux, André Juneau, a expliqué que les propos radicaux et les menaces voilées de certains groupes opposés à l'événement forcent l'annulation de l'événement pour des raisons de sécurité du public et des participants.

La commission craint des débordements

« Compte tenu des excès de langage enregistrés ces derniers jours et des menaces faites par médias interposés, nous ne pouvons, en tant que gestionnaires responsables, risquer de compromettre la sécurité des familles et des enfants qui pourraient assister à l'événement », a déclaré André Juneau.

André Juneau, président de la Commission des champs de bataille nationauxAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

André Juneau, président de la Commission des champs de bataille nationaux

« Bien que je m'interroge sur la méthode utilisée par certains de faire appel à la violence pour faire valoir leur opinion dans notre société démocratique moderne, j'annonce la décision de la commission d'annuler les reconstitutions des batailles de 1759 et de 1760 devant l'impossibilité de la commission d'assurer la sécurité du public et des reconstituteurs », a finalement annoncé le président de la Commission des champs de bataille nationaux.

Réfutant au passage les accusations voulant que les activités soulignant la commémoration des batailles des plaines d'Abraham et de Sainte-Foy soient de nature festive, André Juneau a auparavant annoncé que l'activité « Le bal masqué » avait été annulé pour ménager les susceptibilités, en dépit du fait, a-t-il souligné, que ces bals étaient une pratique fréquente de l'aristocratie française de Québec, à cette époque.

Aucune pression d'Ottawa, assure André Juneau

M. Juneau, qui a assuré aux journalistes n'avoir été l'objet d'aucune pression d'Ottawa dans ce dossier, a précisé que la nature de l'événement n'était nullement politique ou dirigée par le gouvernement fédéral, comme l'ont laissé entendre plusieurs opposants à la reconstitution des batailles.

Le but de cette commémoration, a précisé André Juneau, était de rassembler le plus grand nombre de personnes autour de cette reconstitution qui souligne « l'un des plus importants événements de l'histoire de l'Amérique ».

Le ministre du Patrimoine, James Moore, a dit qu'il était désolé que les événements aient dû être annulés « à cause des menaces de violence d'extrémistes séparatistes ».

De passage à Québec où il a rencontré le maire de la ville, le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a déclaré que la bataille des plaines d'Abraham était clairement une défaite, un moment tragique pour la population française, mais qu'il fallait se souvenir de ce qui est venu après. Selon lui, il s'agit de 250 ans de survivance, mais surtout d'épanouissement des francophones, d'un bout à l'autre du Canada.

Il a ajouté que ce n'était pas à lui de décider s'il fallait ou non commémorer la bataille des plaines, et que les souverainistes avaient droit à leur point de vue, mais que « dans un Canada libre, il y a parfois deux versions de l'histoire nationale. Ce que je n'aime pas, franchement, c'est que les souverainistes essaient de dominer le débat (...) et moi je veux avoir mon mot à dire ».

Quant au maire de Québec, Régis Labeaume, qui a déjà dit qu'il assisterait aux cérémonies de commémoration, sa réaction était prévisible: il est très déçu.

« C'est très décevant, il n'y a pas de doute. Je pense qu'il y a eu une erreur de vente quelque part. Ce qui m'a étonné, je dois dire, ce sont les excès sur la violence. Ça m'a laissé un drôle de goût dans la bouche, dans une société démocratique comme la nôtre. Ils ont eu beaucoup de place, ils ont été mieux couverts », a-t-il dit, en faisant allusion aux opposants.

De son côté, la députée du Bloc québécois de Québec, Christiane Gagnon, a dit qu'elle accueillait bien la décision de la Commission. Elle aurait toutefois aimé que M. Juneau reconnaisse que son projet de bataille était porteur de division. « Il s'agit d'une opération de visibilité pour le gouvernement fédéral, qui visait à célébrer la conquête anglaise », a-t-elle dit.

Par ailleurs, outre le bal masqué et la reconstitution des batailles de 1759 et 1760, les autres activités soulignant le 250e anniversaire de la bataille de plaines d'Abraham ont été maintenues.

Les nationalistes en demandent plus

Les réactions n'ont pas tardé au Québec après l'annonce du président de la Commission des champs de bataille nationaux. En dépit de l'annulation de la reconstitution des batailles de 1759 et 1760, la manifestation populaire prévue dimanche sur la colline du Parlement à Ottawa est maintenue.

En début d'après-midi, mardi, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et le Mouvement Impératif français ont par ailleurs exigé que le gouvernement fédéral annule purement et simplement les activités de commémoration de la bataille des plaines d'Abraham. Les deux organismes réclament par ailleurs qu'Ottawa remette la gestion des plaines d'Abraham à la Commission de la capitale nationale du Québec.

Selon les deux organismes, le fait que le site des plaines d'Abraham soit de juridiction fédérale constitue un vestige du colonialisme britannique.

Avec les informations de La Presse canadienne

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