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L'élection de la controverse

Radio-Canada



Trente ans après la Révolution islamique de 1979, les élections présidentielles du 12 juin 2009 s'annonçaient comme le premier jalon sur la route d'une éventuelle réconciliation entre l'Iran et l'Occident. Or, l'annonce de la réélection du président, Mahmoud Ahmadinejad, a provoqué le plus important et le plus long mouvement de contestation populaire du pays. Un mouvement que la communauté internationale suit avec intérêt.

En dépit des interdictions, ils ont été des dizaines, voire des centaines de milliers à manifester dans les rues de Téhéran et dans d'autres villes, exprimant leur mécontentement face à un scrutin qu'ils considéraient entaché par de nombreuses irrégularités. Selon les résultats officiels, le président sortant, Mahmoud Ahmadinejad, qui briguait un second mandat, a obtenu 62,63 % des voix, contre 33,75 % pour son principal rival, Mir Hossein Mousavi.

Durant la campagne électorale, le président Ahmadinejad a fait face aux tirs croisés de ses adversaires. Ils l'ont tous attaqué sur sa gestion de l'économie, jugée désastreuse, et pour son style belliqueux, qui a contribué à mettre l'Iran au ban d'une partie de la communauté internationale.

Rassemblement politique du candidat Mir Hossein Mousavi

Rassemblement politique du candidat Mir Hossein Mousavi

Photo : AFP / Atta Kenare

L'élection arrivait à un moment charnière de l'histoire du pays, après un changement de garde et de ton à Washington. À plusieurs reprises après son élection, le président des États-Unis, Barack Obama, a tendu la main à la théocratie iranienne. Il affirme vouloir « s'asseoir à une même table » que les Iraniens pour régler les différends qui les opposent depuis la révolution.

La réponse de l'ayatollah Khamenei est venue à la fin mars. Le Guide suprême a déclaré: « Nous observons, surveillons et jugeons. Si vous changez, nous changerons aussi notre comportement ». Il a prévenu que les mots ne suffisaient pas, et que des actions concrètes devraient être prises. Le débat en est resté là.

L'économie et les relations extérieures représentaient donc les deux enjeux majeurs de cette élection, à laquelle 46,2 millions d'Iraniens étaient appelés à participer. Le débat sur les libertés individuelles s'est poursuivi en parallèle.