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Base américaine: rien n'est décidé

Base militaire américaine de Manas
Des soldats américains montent la garde à l'entrée de la base militaire de Manas. Photo: AFP / VYACHESLAV OSELEDKO
Radio-Canada

C'est la semaine prochaine que le Parlement du Kirghizistan se prononcera sur la fermeture prochaine de la base aérienne américaine, établie dans le pays depuis 2001.

L'avenir de la base aérienne américaine de Manas, proche de la capitale kirghize, Bichkek, n'est toujours pas décidé.

Le gouvernement du Kirghizistan avait bien annoncé mercredi sa décision de fermer cette base installée en 2001, dans l'ex-république soviétique, mais on apprend, jeudi, que la décision est reportée à la semaine prochaine. Le premier ministre du Kirghizistan, Igor Tchoudinov, a indiqué que des négociations se poursuivaient avec Washington.

Le projet de loi du gouvernement prévoit mettre un terme à l'accord qui permet aux États-Unis d'avoir une base aérienne de 1200 hommes à l'aéroport Manas, dans la capitale kirghize Bichkek.

Le Parlement devait examiner le projet de loi jeudi avant de passer au vote. La majorité des députés étant acquise au président Bakiev, l'adoption du projet de loi devait être une formalité. Une fois adopté, le projet de loi accorderait un délai de six mois à Washington pour fermer sa base à Manas.

Le réseau d'installations aériennes dont disposent les Américains dans les républiques d'Asie centrale est d'importance stratégique pour l'approvisionnement des troupes de la force multinationale de l'OTAN qui combat les talibans en Afghanistan.

La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a dit que le projet de fermeture de la base était « regrettable », mais a précisé lors d'une conférence de presse, jeudi, que les négociations se poursuivaient.

En zone d'influence russe

Si jamais la base américaine devait être fermée, il s'agirait d'une victoire pour Moscou, qui tente depuis plusieurs années de rétablir son influence politique et militaire dans les anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale. C'est d'ailleurs à Moscou, en présence du président Dmitri Medvedev, que le président Bakiev a annoncé mardi son intention de fermer la base de Manas.

Peu auparavant, le président kirghiz avait obtenu un crédit de 2 milliards de dollars de Moscou. Qui plus est, la Russie a remis en état et réactivé mercredi une station radar au Kirghizistan dans la région de Tchouï.

Depuis son arrivée au pouvoir à l'été 2005, le président Bakiev menaçait Washington de fermer la base de Manas. Chaque fois, Washington réglait la question en augmentant le loyer qu'il verse à Bichkek.

« On ne peut être assis entre deux chaises. [...] Nous avons une mentalité similaire avec les Russes. Le russe est une langue de communication reconnue officiellement au Kirghizstan et un million de nos migrants travaillent en Russie en apportant au Kirghizistan un milliard de dollars. Nos relations avec la Russie doivent rester étroites. Les États-Unis n'ont pas justifié nos attentes du point de vue économique », a expliqué mercredi à l'Agence France Presse le député du parti proprésidentiel Narynbek Moldobaïev.

Toujours mercredi, les présidents d'au moins six ex-républiques de l'URSS se sont réunis à Moscou dans le cadre du traité de sécurité collective (ODKB) et de la Communauté économique eurasienne (EvrAzEs).

Cette percée géopolitique en Asie centrale pour Moscou s'ajoute à la fermeture d'une autre base américaine, en 2005, dans la République d'Ouzbékistan où les États-Unis étaient installés depuis 2001.

Base de ManasUn mirador de la base américaine établie à l'aéroport de Manas. Photo : AFP / VYACHESLAV OSELEDKO

À l'ambassade des États-Unis à Bichkek, on affirmait mercredi n'avoir reçu aucun document ou notification voulant que le gouvernement kirghiz désire fermer prochainement la base de Manas.

« Nous avons toute une série de projets et des intérêts que nous allons continuer de faire valoir auprès du gouvernement et de la population du Kirghizstan », a ajouté mercredi l'ambassade américaine à Bichkek.

Mardi, un porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell, déclarait cependant que la base au Kirghizistan était « extrêmement importante » pour son pays et qu'il espérait pouvoir continuer d'utiliser encore cette base.

Les talibans accentuent la pression dans la passe de Khyber

Il est vrai que les bases américaines d'Asie centrale, notamment celle du Kirghizistan, revêtent une importance stratégique pour les troupes américaines engagées en Afghanistan. D'autant que les attaques des talibans s'intensifient dans la passe de Khyber, qui est la principale voie de ravitaillement des troupes de l'OTAN entre le Pakistan et l'Afghanistan.

Les troupes de la coalition se tournent par conséquent vers les installations américaines en Asie centrale pour assurer leur approvisionnement par le nord de l'Afghanistan.

Mardi, après avoir interrompu la circulation du côté pakistanais de la passe de Khyber en dynamitant un pont (Lire notre article), les insurgés talibans ont incendié mercredi une dizaine de camions de ravitaillement de l'OTAN dans le nord-ouest du Pakistan.

Avec les informations de Agence France-Presse

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