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Quand indépendantisme rime avec sectarisme

Nicolas Sarkozy et Jean Charest

Nicolas Sarkozy et Jean Charest

Photo : AFP / Pool/Philippe Wojazer

Radio-Canada

Le président français rappelle l'importance des liens qui unissent la France et le Québec, et fait un appel à l'unité et un plaidoyer contre le « sectarisme » des souverainistes, après avoir décoré Jean Charest.

Le président français, Nicolas Sarkozy, s'est écarté de son texte, lundi, lorsqu'il a remis la Légion d'honneur au premier ministre du Québec, pour parler de famille, d'attachement et de sectarisme.

Revenant sur les déclarations qu'il avait faites lors de sa visite au Québec, durant le Sommet de la Francophonie, il a répondu aux souverainistes qui avaient critiqué le changement de ton de la France envers le Québec et son amitié envers le Canada.

S'il n'a pas manqué de rappeler l'importance des liens entre la France et le Québec, il a aussi précisé que son pays était attaché au Canada.

M. Sarkozy a tourné la page sur la politique de « non-ingérence et de non-indifférence ». Cette politique « qui a été la règle pendant des années, honnêtement [...] n'est pas mon truc », a-t-il lancé.

Je le dis, pour moi le Québec, c'est ma famille, et le Canada, c'est mes amis.

Nicolas Sarkozy

Puis, le président français a précisé qu'il aimait les deux ensembles de manière différente: « Pour vous aimer, je n'ai pas besoin de détester les voisins [...], pour prouver qu'on aime les autres, on n'a pas besoin de détester leurs voisins ». Il a ajouté que ceux qui ne comprenaient pas cela « ne comprennent pas le refus du sectarisme, le refus de la division, le refus de l'enfermement sur soi-même et le refus de cette obligation de définir son identité par opposition féroce à l'autre ».

Embarrassé, le premier ministre Charest a eu une réaction prudente: « Je ne vois pas d'autre politique possible pour la France que celle de ni ingérence et ni indifférence, dans un cadre référendaire. [...] Et si jamais il devait y avoir un nouveau référendum, je ne vois pas d'autres politiques possibles pour la France que la non-ingérence, non indifférenciée. Ce que le président Sarkozy exprime, je pense, c'est un sentiment qui déborde les circonstances d'un référendum sur l'avenir du Québec », a-t-il dit.

Mais, de ce côté-ci de l'océan, les souverainistes n'ont pas accepté les nuances de M. Charest, ni les commentaires du président français, mal informé sur la situation au Québec, disent-ils.

Le président du Conseil de la souveraineté, Gérald Larose, a bondi: « On lui siffle dans l'oreille une chanson qui est totalement fausse par rapport à la réalité. S'il y a du sectarisme, ce n'est pas au Québec. S'il y a de l'agressivité, ce n'est pas au Québec. Ce mouvement de la souveraineté et de l'indépendance se vit dans un rapport démocratique exemplaire. C'est un projet qui a de l'envergure, qui a de la hauteur. Ce ne sont pas des petits mots plutôt mesquins sifflés dans l'oreille de M. Sarkozy qui vont arrêter ce projet-là ».

La députée péquiste de Rosemont, Louise Beaudoin, estime que le président Sarkozy fait preuve d'une méconnaissance profonde du Québec. « Ce que les Français eux-mêmes pensent de la question, c'est autre chose », a déclaré Mme Beaudoin à RDI.

La Légion d'honneur

Jean Charest a reçu l'insigne et le grade de Commandeur dans l'Ordre de la Légion d'honneur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jean Charest a reçu l'insigne et le grade de Commandeur dans l'Ordre de la Légion d'honneur.

Photo : AFP / Philippe Wojazer

Après avoir assisté au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le premier ministre du Québec avait fait un détour par Paris, où il a reçu lundi la Légion d'honneur.

Il a reçu l'insigne et le grade de Commandeur dans l'Ordre de la Légion d'honneur du président français, au terme d'un bref tête-à-tête entre les deux politiciens. Avant de recevoir cet honneur à l'Élysée, Jean Charest avait aussi été reçu à l'hôtel de ville de Paris par le maire Bertrand Delanoë.

Mardi, le chef du gouvernement québécois rencontrera son homologue français, François Fillon, à l'Hôtel Matignon, avant de se rendre au Sénat et de prononcer un discours en soirée devant la Chambre de commerce de Paris pour marquer l'ouverture du Salon de l'entrepreneur, dont le Québec est pour la première fois l'invité d'honneur.

Jean Charest n'est pas le premier chef de gouvernement québécois à se voir décerner la Légion d'honneur. Avant lui, Lucien Bouchard et Bernard Landry avaient aussi reçu le grade de Commandeur après avoir quitté la politique et, avant eux, Robert Bourassa et René Lévesque avaient été promus au rang de Grand Officier.

L'homme d'affaires franco-ontarien Paul Desmarais, un proche de Nicolas Sarkozy, a pour sa part reçu la plus haute distinction de l'Ordre, celle de Grand-Croix, il y a quelques mois.

L'Ordre de la Légion d'honneur en quelques lignes

La Légion d'honneur est un système de décoration honorifique national créé par le premier consul Napoléon Bonaparte en mai 1802 pour récompenser les mérites éminents militaires ou civils rendus à la France.

L'Ordre de la Légion d'honneur comprend trois grades et deux dignités.

Le premier des trois grades de la Légion d'honneur est celui de Chevalier, suivi de celui d'Officier, et enfin le grade le plus élevé est celui de Commandeur.

Après les grades viennent les dignités de Grand Officier et celle de Grand-Croix, qui est la plus haute distinction de l'Ordre de la Légion d'honneur.

Avec les informations de La Presse canadienne