•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ottawa craint le protectionnisme

Barack Obama

Photo : AFP / Saul Loeb

Radio-Canada

Une clause du plan de relance économique du nouveau président américain, Barack Obama, prévoit de n'employer que des métaux fabriqués aux États-Unis.

Le gouvernement Harper craint que l'adoption du plan de relance économique du nouveau président américain, Barack Obama, n'entraîne une poussée de protectionnisme.

Une clause incluse dans le programme de 819 milliards de dollars inquiète particulièrement Ottawa. Cette clause indique que le fer et l'acier devront être entièrement achetés aux États-Unis dans le cadre de ce plan de relance. La seule façon de retrouver des produits étrangers serait que l'offre d'acier américain ne suffise pas, ou que son prix augmente la facture finale du projet de plus de 25 %.

Le ministre fédéral de l'Industrie Tony Clement se dit très préoccupé. Le ministre s'attend à ce que les États-Unis respectent leurs obligations en matière de libre-échange.

Le Canada, qui est cosignataire de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) avec les États-Unis, exporte 40 % de son acier au sud de la frontière.

Le plan de relance américain a été adopté par la Chambre des représentants mercredi. Il est maintenant à l'étude au Sénat. L'Europe, qui a déjà mené une « guerre de l'acier » avec les États-Unis, suit également de près cette affaire.

La question du protectionnisme américain pourrait être abordée par le premier ministre Stephen Harper lors de la visite du président américain à Ottawa, le 19 février.

Le gouvernement Harper a aussi déjà dit qu'il souhaitait discuter de l'élaboration d'une politique nord-américaine sur les changements climatiques avec la nouvelle administration Obama. Il pourrait aussi être question de commerce, de sécurité, des questions frontalières et de l'Afghanistan.

Une mesure « légitime », selon Joe Biden

Du côté américain, le vice-président Joe Biden a défendu cette clause jeudi. « Je n'y vois pas, comme le font certains des purs tenants du libre-échange, un signe avant-coureur de protectionnisme. Je trouve légitime que, dans une certaine mesure, on prévoit d'acheter américain, dans ce plan », a-t-il déclaré lors d'une interview à la chaîne CNBC.

Un grand nombre d'aciéries américaines travaillent à un rythme ralenti, atteignant un niveau historiquement bas. Les défenseurs de la clause « Buy America » sur le fer et l'acier estiment que cela permettra de relancer l'emploi dans la sidérurgie américaine.

À l'instar du Canada, les entreprises européennes de sidérurgie ne sont nullement de cet avis. Elles estiment qu'une telle clause enfreint les engagements des États-Unis auprès de l'Organisation mondiale du commerce.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters