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La publication du Journal de Montréal se poursuit

Le Journal de Montréal

archives

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les 260 employés du Journal de Montréal sont en lock-out depuis samedi matin. C'est leur premier conflit de travail depuis la création de leur syndicat en 1971.

La direction du Journal de Montréal a décrété un lock-out contre les 260 employés du quotidien de Quebecor dans la nuit de vendredi à samedi.

C'est le premier conflit de travail pour les employés du Journal de Montréal depuis la création de leur syndicat il y a près de 40 ans.

Dans un message aux lecteurs publié dans la livraison de samedi, la présidente et éditrice du Journal de Montréal, Lyne Robitaille, affirme que la décision était inévitable.

Selon Mme Robitaille, le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal, affilié à la CSN, refuse le dialogue et a choisi de livrer bataille pour sauvegarder des privilèges qui ont été accordés dans un monde qui n'existe plus ».

La convention collective [...] a le même effet qu'un sabot de Denver sur une voiture [...]

Une citation de :Lyne Robitaille, présidente et éditrice du Journal de Montréal

La durée de la semaine de travail est au nombre des principaux points en litige. La direction veut qu'elle passe de 30 à 37 heures.

« Une semaine de travail de 30 heures sur quatre jours n'a plus de sens. Face à une réduction importante de nos revenus, il n'est plus possible de payer six semaines de vacances à nos employés à une fois et demie leur salaire régulier. Face à des nouveaux médias qui se distinguent par leur agilité et leur souplesse, il n'est plus possible d'entretenir des descriptions de tâches rigides et désuètes », fait valoir Mme Robitaille.

Elle affirme aussi que le Journal ne peut plus fonctionner avec le même nombre d'employés, « aux mêmes conditions qu'il y a 10 ou 20 ans ».

La version syndicale

Le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal accuse l'employeur d'avoir rompu les discussions en quittant la table des négociations, jeudi. Selon le président du syndicat, Raynald Leblanc, en aucun moment, la direction n'a tenté de trouver une solution négociée.

Du point de vue du syndicat, Quebecor réclame le licenciement d'environ 75 employés du journal, l'élimination du service de la comptabilité, des diminutions de salaire de 25 % pour le personnel des petites annonces, une augmentation de 25 % de la semaine de travail sans rémunération additionnelle, une réduction de 20 % des avantages sociaux pour l'ensemble des travailleurs et des conditions inférieures pour les nouveaux employés.

En fin de semaine, le comité de mobilisation syndicale devait établir la stratégie à suivre. Pour l'heure, on sait que les employés ont mis sur pied une publication parallèle, sur le site ruefrontenac.com.

« Plus exigeant à Montréal qu'à Québec »

Denis Bolduc, représentant des employés du Journal de Québec durant le lock-out de 14 mois qui s'est terminé l'été dernier, estime que la société éditrice Quebecor est encore plus exigeante avec ses syndiqués de Montréal qu'elle ne l'a été avec ceux de Québec.

Quebecor continue de publier le Journal de Montréal durant le lock-out de ses employés.

La FPJQ inquiète

De son côté, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) s'inquiète de l'impact potentiel du lock-out sur la pratique journalistique et la qualité de l'information. « Une entreprise de presse n'est pas seulement une entité économique mettant sur le marché un quelconque produit qui doit être rentable », affirme la FPJQ.

« Toutes les questions débattues au cours des négociations qui viennent d'achopper doivent être évaluées selon leur capacité de mieux informer le public et non seulement en fonction de leur potentiel de souplesse dans l'organisation du travail et de réduction des coûts », ajoute la Fédération regroupant 2100 membres.

La FPJQ s'interroge notamment sur les conséquences de la volonté de Quebecor de parvenir à une intégration complète de ses différentes plateformes. La Fédération craint que les journalistes aient moins de temps et ne disposent pas des conditions nécessaires pour faire leur travail. Des problèmes déontologiques et une baisse de la diversité de l'information seraient à craindre.

« À court terme, le lock-out prive le Journal de Montréal de ses journalistes professionnels. Il en fera un média de moindre qualité, qui pourrait être alimenté par des sources non identifiées, voire douteuses ou illégales, comme ce fut le cas lors du long lock-out au Journal de Québec », soutient la FPJQ.

La Fédération demande à Quebecor de ne pas embaucher de briseurs de grève. La Commission des relations de travail a jugé récemment que l'entreprise n'avait pas respecté la loi antibriseurs de grève lors du conflit au Journal de Québec. Quebecor a porté ce jugement en appel.

Par ailleurs, quelque 200 journalistes et employés du service à la clientèle du quotidien montréalais The Gazette ont rejeté les dernières offres de l'employeur, dimanche, malgré la menace d'un lock-out qui pèse également sur eux.

Avec les informations de La Presse canadienne

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