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L'opposition critique les fuites

'ichael Ignatieff
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les chefs libéral, néo-démocrate et bloquiste critiquent les fuites délibérées sur le budget conservateur qui sera déposé mardi. Sans dire s'il l'appuiera ou non, le libéral Michael Ignatieff se dit prêt à gouverner.

Les partis d'opposition à Ottawa ont tour à tour dénoncé la stratégie du gouvernement Harper de divulguer des détails du budget, quelques jours seulement avant qu'il ne soit déposé.

Jeudi, un haut responsable du Bureau du premier ministre Harper a révélé que le déficit atteindrait 34 milliards de dollars dès l'an prochain.

Puis, vendredi, le ministre Denis Lebel, responsable du développement économique pour les régions du Québec, levait le voile sur des mesures d'aide de deux milliards qui seront annoncées lors du budget de mardi.

Il a expliqué que son gouvernement prévoyait créer deux fonds d'un milliard de dollars chacun pour venir en aide aux communautés les plus touchées par la crise économique.

Puis, la ministre des Ressources naturelles a donné des détails sur ce fonds, vendredi, lors d'un discours où elle a spécifiquement mentionné l'industrie forestière, qui devrait recevoir au moins 150 millions, tandis que le ministre de l'Agriculture a parlé de 550 millions pour un programme spécifique à l'agriculture.

Le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe est renversé par le fait que le bureau du premier ministre décide lui-même de révéler le contenu du budget, quelques jours avant son dépôt. « Ça ne se fait pas, imaginez les conséquences sur le marché. Même, on pourrait questionner la légalité d'un tel chiffre », a-t-il dit.

Le chef libéral Michael Ignatieff affirme de son côté que le premier ministre Harper joue à des jeux politiques. Lors d'un discours à Toronto, il a dit que la fuite dans les médias était « irresponsable et coûteuse pour notre économie ».

Quant au chef néo-démocrate, Jack Layton, il croit que le premier ministre a décidé lui-même de laisser couler l'information pour sonder les réactions de la population.

Une chose toutefois continuera de demeurer secrète d'ici mardi: le vote du Parti libéral sur le budget.

Ignatieff exerce un peu de pression

Soufflant le chaud et le froid, le chef libéral a déclaré qu'il ne ferait pas de compromis sur les demandes libérales, et exigera que le budget de relance aide les démunis, qu'il crée des emplois et qu'il soit équitable pour toutes les régions du pays.

Si ces demandes sont contenues dans le budget, les libéraux devraient l'appuyer, car leur chef a dit qu'il ne voulait pas prendre un raccourci pour accéder au pouvoir, même s'il affirme être prêt à gouverner.

Je crois que c'est une très bonne chose de ne pas être trop pressé de devenir premier ministre. Dans un moment de crise, les Canadiens veulent qu'il s'occupe de leur job au lieu de s'occuper que de mon job. [...] En période difficile, les Canadiens veulent un gouvernement capable de mettre de côté les calculs politiques et ils veulent qu'il agisse.

Une citation de :Le chef libéral Michael Ignatieff

Le chef libéral prendra au moins 24 heures pour décider s'il appuiera ou non le budget.

La coalition libérale-néo-démocrate semble donc très fragile, le néo-démocrate Jack Layton ayant déclaré vendredi qu'il ne voterait pas en faveur du budget parce qu'il n'a pas confiance dans ce gouvernement.

« On doit attendre la décision des libéraux, [...] et je respecte ça. Nous autres, nous avons analysé la situation et on a décidé qu'on ne peut avoir confiance dans le gouvernement Harper », a-t-il dit.

La plupart des observateurs s'attendent à ce que le Bloc québécois vote contre le budget.

La décision libérale scellera donc le sort du gouvernement conservateur minoritaire, mais pour le moment le suspense se poursuit.

Légitimité d'un gouvernement de coalition: 35 experts se prononcent

Trente-cinq professeurs de droit constitutionnel et de science politique recommandent à la gouverneure générale d'inviter le chef de l'opposition à tenter de former un gouvernement, si les conservateurs sont défaits lors de la présentation du budget.

Les universitaires ont décidé de publier une lettre ouverte, intitulée « Le parlement est roi! », sur les règles du système constitutionnel, à la suite d'un sondage publié en décembre démontrant que la population est confuse.

Les spécialistes soulignent que dans notre système constitutionnel, la légitimité démocratique est fondée essentiellement sur le principe de gouvernement responsable, donc qui bénéficie de la confiance de la Chambre. S'il perd cette confiance, la gouverneure générale n'est plus tenue de suivre les conseils du premier ministre.

Elle peut soit appeler le chef d'un autre parti à former le gouvernement, soit dissoudre le Parlement et déclencher des élections. Comme la majorité des députés ont exprimé leur soutien à un gouvernement qui serait formé par le chef de l'opposition, les constitutionnalistes croient que « s'il y avait un vote de censure ou si une demande de dissolution du Parlement était présentée au terme d'une session parlementaire n'ayant duré que 13 jours, il serait judicieux pour la gouverneure générale d'inviter les partis d'opposition à tenter de former un gouvernement ».

(Source: Constitution Acts (Nouvelle fenêtre))

Avec les informations de La Presse canadienne

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