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Alex a réglé ça comptant

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

J'avais 8 ans. Mon père venait de me laisser dans la cour de la nouvelle école où j'entamais ma 3e année.

Je lui ai envoyé la main, le coeur battant. Dix pas plus loin, je recevais un ballon en plein visage. J'ai continué de marcher comme si de rien n'était, les poings serrés dans les poches malgré la joue qui brûlait.

J'étais un navot.

Un navot (nouvel étudiant), ça écoute. Ça se la ferme. Ça paye son dû.

Payer son dû. C'est ce qu'Alex Harvey doit faire à sa première saison sur l'équipe senior canadienne de ski de fond. Voyez. À sa première épreuve de sprint par équipe en Coupe du monde, dimanche dernier à Whistler, on lui a assigné comme coéquipier George Grey, l'un des meilleurs fondeurs... de distance!

Remarquez, pas un mauvais choix non plus. Le parcours était plus long que d'habitude, trois fois 1,6 km par série au lieu de 1,1 ou 1,2 km. Et comme tu fais quatre séries dans la journée si tu te rends en finale, ça prend de la jambe. Mais George Grey n'est pas un « finisseur » comme on dit. Il ne brûlera pas la piste quand vient le temps d'ouvrir les gaz au moment crucial, lorsque la ligne d'arrivée tombe dans la ligne de mire.

Quoi qu'il en soit, Alex a réglé ça tout de suite, au comptant. Cash! Médaille de bronze au terme d'un sprint furieux en fin de parcours où il a rattrapé le Russe Petukhov. Une poussée féroce, 3e place à l'arraché par 0,2 s.

Alex HarveyAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alex Harvey

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Quand il sort les crocs, Alex Harvey est un animal. Tasse-toi de là parce qu'il va te passer sur le corps. Encore 50 mètres et il gagnait la course ou au pire faisait 2e, soutient son entraîneur Louis Bouchard.

Le brave George doit sûrement adorer le « p'tit » Alex. À 29 ans et une dizaine d'années au sein de l'équipe nationale, il n'avait jamais rien remporté sur la scène internationale.

Alex Harvey, 20 ans et déjà incontournable dans l'équipe canadienne senior... Pas dans le monde, on se calme, mais au Canada.

D'ailleurs, plusieurs des meilleurs au monde n'ont pas fait le voyage outre-mer à Whistler. Ils se concentrent plutôt sur les Championnats du monde en février.

Ça n'enlève rien à la légitimité de cet exploit. Ce Alexey Petukhov, qu'il a rattrapé, est l'un des meilleurs sprinteurs au monde, médaillé de bronze à la Coupe du monde précédente, juste avant Noël, qui regroupait la crème de la crème.

Et justement, le 19 février à Liberec, en République tchèque, tout ce gratin aura de la compagnie à la ligne de départ. Il y aura un navot dans le lot.

Mais ce navot-là aura déjà payé ses comptes.

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