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Deux condamnés à mort en Chine

Le tribunal de la province d'Hebei où ont été rendues les sentences.

Le tribunal de la province d'Hebei où ont été rendues les sentences.

Photo : La Presse canadienne / AP/Greg Baker

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Deux personnes seront exécutées pour avoir ajouté un produit industriel toxique à du lait en poudre, un geste qui a entraîné la mort de 6 enfants et en a rendu malades 300 000 autres.

En Chine, deux hommes accusés d'avoir joué un rôle dans le scandale du lait en poudre contaminé à la mélamine ont été condamnés à la peine de mort, jeudi, par un tribunal de Shijiazhuang, dans la province de Hebei. La supercherie avait entraîné la mort de 6 enfants et en avait rendu malades 300 000 autres, l'an dernier.

Dix autres personnes ont été condamnées dans cette affaire. Un homme a écopé d'une peine de mort avec sursis, qui sera vraisemblablement commuée en peine de prison à vie. Trois autres personnes, dont l'ex-directrice de la firme Sanlu, qui est au coeur du scandale, ont été condamnées à la prison à perpétuité. Six autres, dont trois autres dirigeants de Sanlu, ont écopé de peine de 5 à 15 ans de prison.

Les autres accusés doivent également recevoir leur sentence jeudi, dans d'autres tribunaux de Shijiazhuang. Les verdicts dans cette affaire sont rendus un mois après à la fin du procès des 21 dirigeants et fournisseurs du groupe Sanlu, et au moment où des millions de Chinois s'apprêtent à fêter leur Nouvel An.

L'un des hommes condamnés à mort, Zhang Yujun, a été reconnu coupable d'avoir « mis en danger la sécurité publique ». Il a fabriqué 600 tonnes de lait dans lequel il ajoutait de la mélamine, un produit utilisé dans divers procédés industriels, pour simuler un apport en protéines. Le stratagème permettait de couvrir le fait que le lait était dilué pour accroître les marges de profit.

L'autre homme qui sera exécuté, Geng Jinping, a également produit du lait frelaté qu'il vendait à Sanlu, qui le mettait sur le marché. Le produit toxique a créé des problèmes rénaux chez les nourrissons et les enfants qui en ont consommé. Vingt-et-une autres firmes de l'industrie laitière ont aussi distribué des produits contaminés.

L'ex-directrice de Sanlu, Tian Wenhua, était pour sa part accusée d'avoir permis la production et la vente de produits contaminées. Elle a aussi été condamnée à une amende d'environ 3,5 millions de dollars. Mme Tian a plaidé coupable le mois dernier.

Sanlu, autrefois considérée comme le fleuron de l'industrie laitière chinoise, est aujourd'hui acculée à la faillite. Elle a été condamnée à une amende d'environ 9 millions de dollars. Le scandale qui a frappé Sanlu s'inscrivait dans une série de révélations sur des produits contaminés qui a nui à la réputation des exportations chinoises.

Les verdicts rendus jeudi ne dissipent pas toute la colère des Chinois touchés par cette affaire, qui avait créé une véritable psychose en septembre dernier. Plusieurs déplorent qu'aucun dirigeant du Parti communiste chinois (PCC) n'ait été accusé de quoi que ce soit dans cette affaire.

Des cadres du parti unique sont soupçonnés d'avoir tu l'affaire à la veille des Jeux olympiques de Pékin, afin de ne pas ternir l'image de la Chine. Le chef du parti de Shijiazhuang et le maire de la ville ont d'ailleurs perdu leur emploi dans la foulée du scandale.

Les sociétés chinoises impliquées dans le scandale ont créé un fonds d'indemnisation destiné aux familles touchées. Certaines jugent toutefois que le montant qu'ils devraient recevoir est ridicule et refusent de l'accepter.

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