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Henri-Paul Rousseau n'est pas l'exception

Henri-Paul Rousseau

Henri-Paul Rousseau

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plusieurs hauts dirigeants de sociétés d'État ont des clauses contractuelles qui leur garantissent le versement d'indemnités de départ substantielles, même s'ils quittent de leur plein gré, une pratique très controversée.

Les juteuses primes de départ versées aux dirigeants des grandes entreprises et organismes publics, même lorsqu'ils quittent leurs fonctions de leur plein gré, sont une pratique répandue au sein de la fonction publique québécoise.

L'ex-PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Henri-Paul Rousseau, qui a encaissé une indemnité de 378 750 $ alors qu'il quittait la Caisse pour un poste prestigieux chez Power Corporation, n'est pas le seul dans cette situation.

Plusieurs autres hauts dirigeants de sociétés d'État disposent eux aussi de clauses contractuelles (dites clauses bonbons) qui leur garantissent le versement de primes de départ même s'ils partent de leur plein gré ou encore pour la retraite.

Les PDG de la Société générale de financement (SGF), de la Société des alcools (SAQ) ainsi que d'Hydro-Québec jouissent également de cette clause qui leur garantit le versement d'un an de salaire lorsqu'ils quitteront leurs fonctions, qu'ils soient licenciés ou qu'ils partent de leur propre chef.

Chez Hydro-Québec, le contrat du PDG Thierry Vandal comporte une clause qui lui garantit 410 000 $, soit 12 mois de salaire, sans condition, s'il quitte ses fonctions.

À la Société des alcools du Québec, le PDG Philippe Duval toucherait quant à lui 273 333 $ en vertu d'une clause identique.

Le PDG de la Société générale de financement (SGF), Pierre Shedleur, bénéficie lui aussi de ce genre de clause dans son contrat.

Des primes qui provoquent de vives réactions

Selon l'ex-président du Mouvement d'éducation des actionnaires, Yves Michaud, cette pratique est inacceptable :« Quand on quitte délibérément, on ne touche pas une indemnité de départ. Ça, ça ressemble aux parachutes dorés de tous les escrocs de la finance internationale ».

Cette pratique serait d'ailleurs peu répandue dans le secteur privé.

Selon La Presse, qui a vérifié auprès de plusieurs sociétés privées cotées en bourse comme SNC-Lavalin, Transcontinental ou l'ex-Alcan, aucun haut dirigeant ne touche de dédommagement salarial s'il part de son plein gré, surtout si c'est pour occuper un poste dans une entreprise concurrente.

Pour plusieurs observateurs, ce genre de clause entre d'ailleurs en conflit avec tous les principes de base de la rémunération.

Selon Sylvie St-Onge, professeur au HEC à Montréal, les indemnités de départ sont nocives parce qu'elles incitent les PDG à s'en aller. Selon elle, aucune étude n'a prouvé que ces primes et indemnités augmentent la performance des dirigeants et des entreprises. « Il y a beaucoup de croyances erronées que l'on véhicule. (...) Le lien entre la rémunération variable, c'est vraiment l'enrichissement des gestionnaires et non pas la performance des entreprises ».

Au syndicat des professionnels du gouvernement du Québec, le président demande à Henri-Paul Rousseau, par décence, de rembourser l'indemnité qu'il a reçue du gouvernement. Selon son président, Gilles Dussault, « ça n'a pas cours ce genre de pratique là dans le secteur privé. Alors, merde!! C'est quoi cette histoire-là! Est-ce que M. Rousseau avait un patrimoine génétique si rare qu'il fallait le graisser autant dès le départ? Ça ne marche pas ».

Du côté de l'opposition officielle, on est un peu plus modéré. Mais, on reconnaît que cette pratique, amorcée sous le gouvernement du Parti québécois, peut avoir des effets pervers. Selon la chef du PQ, Pauline Marois, il faudrait éviter les indemnités et verser des salaires plus élevés. « Allons plutôt dans cette voie-là, dit-elle, plutôt que d'accorder à côté, toutes sortes d'avantages qui viennent simplement essayer de compléter la rémunération ».

En période d'instabilité économique, ce genre d'indemnité versée à un patron millionnaire peut choquer les contribuables. Au bureau du premier ministre, on se défend en disant que c'est le secrétariat aux Emplois supérieurs qui fixe ces conditions.

Avec les informations de La Presse

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