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Sans statut

Radio-Canada

Les éducatrices en garderie et les aides à domicile vivent dans l'incertitude depuis qu'elles sont devenues salariées de l'État. Le gouvernement Charest reste muet quant à leurs nouvelles conditions de travail.

En pleine campagne électorale, Jean Charest a déclaré qu'il n'empêcherait pas les 15 000 éducatrices en milieu familial et les 10 000 aides à domiciles de se syndiquer. Pour ces travailleuses, cette annonce a marqué un important changement de statut. Elles sont passées de travailleuses autonomes à salariées de l'État.

Garderie en milieu familialAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'éducatrice et propriétaire d'une garderie familiale Johanne Gaudreau s'amuse avec des tout-petits.

Depuis, les 25 000 travailleuses vivent toutefois dans l'incertitude. Elles sont sans nouvelles de leur nouveau patron. Plusieurs déplorent ne pas être informées de leurs conditions de travail.

Parmi elles, il y a Johanne Gaudreau. Cette femme dirige une garderie en milieu familial depuis 19 ans. Aujourd'hui, elle ne sait plus à quoi s'attendre.

Son budget mensuel prévoit des cours de musique et d'anglais, un conteur, un clown, des livres et des sorties. Des activités qui pourraient être compromises dans le futur, selon ce que décide Québec.

« Est-ce que je vais être encore capable de donner ces activités dans six mois avec ce que le gouvernement va mettre sur la table? » s'inquiète Mme Gaudreau.

Incompréhension

Johanne Gaudreau est loin d'être la seule dans cette situation.

À l'Association des éducatrices et éducateurs en milieu familial du Québec, on déplore le silence de Québec. « On ne leur explique pas c'est quoi leur statut. On ne leur explique pas leur salaire ou en quoi consiste le remboursement de leurs dépenses », déplore la directrice, Nathalie D'Amours.

Pour l'instant, les éducatrices reçoivent les mêmes montants qu'avant. Selon Mme D'Amours, le ministère entend réajuster ces sommes cette année. « On m'a répondu, au ministère: "ce n'est pas grave, en 2009 on leur fera des retenues si on leur en a trop payé" », rapporte-t-elle.

Facture salée

Personne ne sait ce que la syndicalisation des éducatrices en garderies et des aides à domicile coûtera aux contribuables. Toutefois, les estimations avoisinent 1 milliard de dollars par année.

De son côté, le gouvernement reste silencieux. Au bureau du nouveau ministre de la Famille, Tony Tomassi, on dit travailler sur le dossier et on avoue qu'il y aura un impact financier.

Et la facture pourrait être plus salée que prévu. La Commission des normes du travail a reçu en deux mois plus de 2000 plaintes émanant surtout des éducatrices en milieu familial. Ces salariées peuvent réclamer rétroactivement le salaire qu'elles auraient dû avoir depuis un an. Cela représente une facture potentielle de 90 millions, qui sera refilée à l'État.

En octobre dernier, la Cour supérieure du Québec a déclaré inconstitutionnelles les lois 7 et 8 qui interdisaient la syndicalisation des éducatrices en garderie et des aides à domicile. Le gouvernement Charest a décidé de ne pas interjeter appel.

Avec les informations de La Presse

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