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La Caisse et la crise

Radio-Canada

Parce qu'elle investit ses actifs notamment dans les marchés internationaux, entre autres dans les bourses américaines qui peinent à se relever d'une tempête sans précédent, la Caisse de dépôt n'a pu s'en tirer indemne.

Le 25 février 2009, le Caisse de dépôt a confirmé avoir subi une perte de 25 % en 2008, soit 39,8 milliards de dollars.

Les préjudices étaient prévisibles dès les premiers symptômes de la crise, qui se sont manifestés par une déprime du papier commercial adossé à des actifs non bancaires (PCAA).

La Caisse de dépôt est l'un des plus grands détenteurs de PCAA non bancaire au Canada, avec des actifs de 12,6 milliards de dollars au 31 décembre 2007. Elle détient en fait, à elle seule, le tiers du marché canadien de PCAA.

Une entente s'est toutefois conclue en décembre 2008, incluant des investisseurs et des gouvernements, pour la restructuration du PCAA canadien, afin de transformer ce placement à court terme, sérieusement malmené par la crise hypothécaire américaine, en obligations à long terme.

La Caisse s'est réjouie de cette entente, soulignant que « la restructuration permet d'éviter une liquidation désordonnée du PCAA, ce qui aurait entraîné des pertes substantielles pour tous les porteurs ».

Comprendre le PCAA

Le papier commercial adossé à des actifs non bancaires (PCAA) est issu de l'achat d'actifs de différents prêteurs dans des secteurs comme les hypothèques, les prêts-baux automobiles et les cartes de crédit.

L'institution financière acquiert ces créances et les regroupe dans une fiducie. L'achat de ce portefeuille d'actifs est financé par l'émission de papier commercial.

Le papier commercial est la représentation des titres de dettes à court terme ainsi émis. Ces derniers sont des obligations dont un particulier ou une entreprise doit s'acquitter dans un délai relativement court, dans ce cas-ci de 30 à 90 jours.

Chaque fois qu'une émission arrive à échéance, d'autres investisseurs s'impliquent. La crise des hypothèques à risque aux États-Unis a rendu ces titres moins attirants et a fait chuter la demande. Des obligations sont donc restées sans preneur.

En dépit de l'instabilité et de la volatilité des marchés financiers, la Caisse a indiqué qu'elle disposait des liquidités suffisantes pour respecter tous ses engagements envers ses déposants.

Ces dernières années, la Caisse a investi davantage dans les placements privés, l'immobilier et les fonds de couverture. Ces derniers, qui représentaient 5 % du portefeuille global au 31 décembre 2007, ne sont pas liés aux fluctuations des marchés financiers.

Depuis sa création, la CDPQ affiche un rendement annuel moyen de 9,3 %. Le rendement moyen annuel de la CDPQ au cours des cinq dernières années a été de 12,4 %. L'objectif de rendement à long terme est d'environ 7 %.

Il faut préciser que le rendement de la Caisse de dépôt ne se mesure pas sur une seule année, mais sur plusieurs. L'institution gère l'argent de ses déposants dans une perspective à long terme. Il est donc possible que les pertes subies en 2008 soient amorties par des rendements plus importants au cours des prochaines années.

En 2002, la Caisse avait connu quelques moments difficiles, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Le ralentissement économique qui s'en est suivi a nui à ses rendements, qui ont toutefois rebondi les années suivantes.

Consulter l'évolution du rendement global de la Caisse de dépôt de 1966 à 2007 (Nouvelle fenêtre)

Un PDG qui démissionne

La crise financière mondiale donne des maux de tête à bien des gestionnaires. Nommé président et chef de la direction de la Caisse de dépôt le 5 septembre 2008, Richard Guay a été mis au repos par son médecin le 12 novembre suivant. Il a prolongé son congé de maladie jusqu'au 5 janvier 2009, avant d'annoncer sa démission pour des « raisons personnelles ».

Le 13 mars 2009, après un intérim assuré par Fernand Perreault, premier vice-président, groupe Immobilier, c'est Michael Sabia qui a pris la tête de la Caisse. Le nouveau président et chef de la direction s'est donné le plan d'action suivant:

  • Renforcer les pratiques en matière de gestion du risque, par la simplification et la transparence de ces pratiques;
  • Revoir en profondeur la stratégie de placement sur la base d'un équilibre entre risque et rendement;
  • Développer une meilleure communication entre la Caisse, les déposants et le public;
  • Voir comment la Caisse pourrait bénéficier du dynamisme des entreprises du Québec, tout en améliorant le rendement.
Michael Sabia en brefAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : La Presse canadienne / Ian Barrett