•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Jour de colère

Les funérailles du dirigeant du Hamas Nizar Rayan et de sa famille, tués jeudi, ont eu lieu vendredi dans la bande de Gaza.

Les funérailles du dirigeant du Hamas Nizar Rayan et de sa famille, tués jeudi, ont eu lieu vendredi dans la bande de Gaza.

Photo : AFP / MOHAMMED ABED

Radio-Canada

À l'appel du Hamas, des milliers de Palestiniens manifesteent en Cisjordanie leur opposition aux frappes israéliennes dans la bande de Gaza.

Des milliers de Palestiniens ont manifesté vendredi dans les rues de la Cisjordanie pour exprimer leur indignantion en cette « journée de la colère », décrétée par le Hamas.

La Cisjordanie a été bouclée par les autorités israéliennes pour une durée de 48 heures. À Jérusalem-Est, seuls les femmes et les hommes de plus de 50 ans et munis d'une carte d'identité israélienne sont autorisés à se rendre sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam, où les manifestants palestiniens doivent se rassembler.

À Ramallah, fief de l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, une manifestation qui réunissait des centaines de personnes, qui avait commencé de façon pacifique, a dégénéré. Des heurts sont survenus entre partisans du Fatah, du président Abbas, et du Hamas, du premier ministre Ismaïl Haniyey, qui contrôle la bande de Gaza.

Des coups ont été échangés et la police palestinienne a dû intervenir pour séparer les belligérants. Des manifestants ont déploré cette division entre les différentes factions palestiniennes. Selon eux, cette division ne sert que les intérêts israéliens.

À Jérusalem-Est, où quelque 3000 fidèles ont d'abord prié dans le calme, des manifestants ont lancé des pierres en direction de policiers israéliens, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes.

Des manifestations ont aussi eu lieu à Qalqilya, à Jénine et dans la région de Bethléem, entre autres.

La police israélienne a été mise en état d'alerte pour tenter d'empêcher les troubles qui pourraient survenir en marge des manifestations ainsi que les attentats-suicides.

D'autres manifestations ont lieu vendredi dans le monde, notamment en Indonésie, au Pakistan et en Inde.

À Montréal, des manifestants se sont rassemblés vendredi en soutien aux Palestiniens de la bande de Gaza. Les protestataires, qui répondaient à l'appel de l'organisme Palestiniens et Juifs unis, ont demandé l'arrêt de l'offensive militaire israélienne.

Bush accable le Hamas

Le président George W. Bush a appelé vendredi à faire pression sur le Hamas pour que l'organisation cesse ses tirs sur Israël et permette un cessez-le-feu.

Dans son allocution radiophonique hebdomadaire, M. Bush a décrit le Hamas comme « un groupe terroriste palestinien soutenu par l'Iran et la Syrie et appelant à la destruction d'Israël ». Il l'a aussi accusé d'être « l'instigateur du récent déchaînement de violences ».

Le président américain a considéré comme un « acte de terrorisme » l'intensification des tirs de roquettes et de mortiers qui a suivi la non-reconduction par le Hamas d'une trêve de six mois arrivée à expiration le 19 décembre.

La Maison-Blanche a dit laisser Israël libre de décider de lancer ou non une offensive terrestre, qui paraît de plus en plus imminente dans la bande de Gaza. La seule restriction exprimée publiquement, c'est qu'Israël veille à éviter les victimes civiles.

M. Bush et son administration ont assuré poursuivre l'effort diplomatique de cessez-le-feu, mais ils n'ont rien signalé qui permette de conclure à des progrès. La secrétaire d'État Condoleezza Rice a dit ne pas avoir pour projet pour l'instant de se rendre dans la région, où le président français Nicolas Sarkozy est attendu lundi.

Le Hamas « ne capitulera pas »

Depuis son exil syrien, le chef du Hamas, Khaled Mechaal, a affirmé vendredi que son mouvement « ne capitulerait pas » face aux opérations israéliennes dans la bande de Gaza. Il a prévenu les Israéliens qu'un « destin sombre » les attendait en cas d'offensive terrestre.

Intervenant sur les ondes de la chaîne satellitaire Al-Jazira, le chef du Hamas a réitéré les revendications de son mouvement, dont « l'arrêt de l'agression israélienne, la levée du blocus imposé à Gaza et l'ouverture de tous les points de passage avec le territoire palestinien ».

Vous nous avez imposé la guerre. Nous vous disons que nous sommes prêts, que le Hamas n'a rien perdu de ses capacités militaires et que nous vaincrons.

Khaled Mechaal

« Vous avez pensé que la solution pour remporter les prochaines élections [législatives israéliennes du 10 février] passait par l'invasion de Gaza, je vous dis que c'est une erreur, car notre peuple à Gaza vous combattra dans chaque maison et dans chaque rue », a ajouté Khaled Mechaal.

Septième jour de frappes

Pendant ce temps, Israël poursuit pour une septième journée son offensive aérienne dans la bande de Gaza.

Vendredi matin, trois enfants qui jouaient dans la rue ont été tués, ont rapporté des sources médicales. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée israélienne a visé une mosquée, des centres de fabrication de roquettes et un tunnel utilisé par le Hamas pour acheminer des armes en provenance d'Égypte.

Jeudi, Israël a porté un dur coup au mouvement islamiste Hamas, en tuant un de ses principaux dirigeants, Nizar Rayan. L'attaque a également coûté la vie à 14 membres de sa famille. Pour Moushir al-Masri, chef du groupe parlementaire du Hamas, l'élimination de Rayan constitue un « grave développement », par lequel Israël s'expose à une « riposte douloureuse ».

Le bilan des bombardements de l'opération « plomb durci » s'élève à plus de 420 morts, dont le quart sont des civils, selon l'Organisation des Nations unies. Le nombre de blessés s'établit pour sa part à environ 2200. Les roquettes palestiniennes ont tué 4 Israéliens depuis le début du conflit, il y a une semaine.

Des Palestiniens peuvent quitter Gaza

Par ailleurs, des Palestiniens qui possèdent un passeport étranger ont été autorisés à quitter la bande de Gaza via le terminal d'Erez, en Israël.

Quelque 300 d'entre eux se sont présentés au point de passage, vendredi matin. Celui-ci était resté fermé depuis le début des frappes, il y a une semaine. Ces départs surviennent alors que l'armée israélienne a achevé ses préparatifs en vue d'une possible offensive terrestre. Sur l'éventualité d'une telle offensive, le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement israélien, Tzahi Hanegbi, a déclaré jeudi soir que « nous nous rapprochons de l'heure de la décision ».

Accès restreint

Enfin, huit journalistes étrangers ont reçu l'autorisation de se rendre dans la bande de Gaza. Cet accès leur était refusé par l'armée israélienne, en dépit d'une décision de la Cour suprême d'Israël.

L'Association de la Presse étrangère (FPA) s'est réjouie de cette décision, tout en déplorant le nombre restreint d'autorisations accordées, alors que des dizaines de demandes ont été faites. Un des vice-premiers ministres israéliens, Eli Ishaï, a pour sa part déclaré que « nous ne pouvons permettre à la presse internationale de servir de bureau de relations publiques pour les terroristes du Hamas ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.