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Funérailles grandioses pour Conté

Funérailles du président Lansana Conté

Funérailles du président Lansana Conté

Photo : AFP / Seyllou

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un dernier hommage est rendu à l'ancien président Lansana Conté, au moment où la junte militaire conforte son pouvoir.

Plusieurs chefs d'État africains et plus de 30 000 personnes ont assisté, vendredi, aux funérailles nationales du président guinéen Lansana Conté, décédé quatre jours plus tôt après 24 ans de règne très contesté.

Des centaines de Guinéens se sont aussi rassemblés devant l'Assemblée nationale à Conakry pour assister aux obsèques. Le cortège funèbre a ensuite parcouru les rues de la capitale pour un dernier adieu.

Le corps du défunt général devait ensuite être transporté jusqu'à sa ville natale de Moussayah, où il sera inhumé.

Un peu plus tôt dans la journée, une cérémonie avait lieu au Palais du peuple en présence de plusieurs milliers de personnes, en majorité vêtues de blanc, en signe de deuil.

Outre les dignitaires du régime et de nombreux militaires, plusieurs opposants au chef d'État et leaders syndicaux, qui l'avaient vivement contesté ces dernières années, s'étaient joints à la cérémonie.

Étaient également présents les présidents Laurent Gbagbo (Côte d'Ivoire), Joao Bernardo Vieira (Guinée-Bissau), Ellen Johnson Sirleaf (Liberia) et Ernest Bai Koroma (Sierra Leone) ainsi que le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping.

La junte de Moussa Dadis Camara, qui a pris le contrôle du pays à la suite d'un coup d'État militaire, avait promis d'offrir des funérailles grandioses à l'ancien dirigeant.

Lansana Conté

Deuxième président de Guinée, Lansana Conté était lui-même arrivé au pouvoir par un coup d'État, en 1984, après la mort d'Ahmed Sékou Touré, le « père de l'indépendance ».

On le décrit comme un dictateur à la poigne de fer doublé d'un paranoïaque.

Il avait imposé au pays un régime socialisant, saupoudré d'un multipartisme de façade. Le général-président a gagné haut la main les élections de 1993, 1998 et 2003, des scrutins dénoncés comme frauduleux.

Lansana Conté avait remporté la dernière élection avec un score « soviétique » de 95 % des voix.

La junte assoit son pouvoir

Jeudi, une évolution notable était enregistrée en Guinée, alors que la junte au pouvoir confortait sa position à la tête du pays.

Le capitaine Moussa Dadis Camara, le chef des putschistes, avec le ministre de la Défense Almamy Kebele Camara et le premier ministre Ahmed Tidiane Souare.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le capitaine Moussa Dadis Camara, le chef des putschistes, avec le ministre de la Défense Almamy Kebele Camara et le premier ministre Ahmed Tidiane Souare.

Photo : AFP / SEYLLOU

Le gouvernement en place avait obtempéré à l'ordre de la junte et s'était rendu dans le camp militaire d'Alfa Yaya Diallo.

Juste après cette rencontre, le premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré, avait déclaré que son gouvernement était à l'« entière disposition » du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, qu'il a nommé « monsieur le président ».

La junte avait ordonné mercredi soir à « tous les officiers généraux de l'armée » et « membres du gouvernement » de gagner ce camp militaire dans les 24 heures, avertissant que « passé ce délai », un « ratissage » serait organisé dans le pays.

Le capitaine Moussa Dadis Camara, autoproclamé mercredi soir « président de la République » de Guinée, avait annoncé dès mardi matin que le gouvernement était « dissous ». Rappelons que la junte du capitaine Camara a pris le pouvoir à la suite du décès, lundi, du chef de l'État Lansana Conté, qui a dirigé le pays pendant 24 ans.

L'opposition prend acte

Deux importantes coalitions de l'opposition au régime de Lansana Conté ont « pris acte » du coup d'État militaire, sans le condamner.

Elles ont dans le même temps demandé, dans un communiqué, la formation d'une « structure gouvernementale » qui devra « organiser au plus tard fin décembre 2009 des élections transparentes, libres et crédibles ».

Un calme apparent régnait jeudi dans le centre de la capitale, sans tension particulière, les véhicules recommençant progressivement à circuler, après la réouverture des stations service.

Réactions internationales

Les États-Unis exigent un « retour immédiat à l'ordre civil » en Guinée et « rejettent le communiqué des putschistes promettant des élections en décembre 2010 », selon un communiqué de leur ambassade à Conakry.

De son côté, l'Union européenne a demandé jeudi l'organisation d'élections « démocratiques et transparentes » au « premier semestre 2009 ».

Enfin, la France « exprime le voeu qu'une transition pacifique ordonnée et démocratique se mette en place en vue de permettre un retour rapide au fonctionnement normal des institutions, par des élections libres et transparentes qui devraient être organisées à bref délai et sous observation internationale ».

République de Guinée

La République de Guinée, parfois appelée Guinée Conakry, est un pays d'Afrique de l'ouest d'environ 9,4 millions d'habitants. Riche en minerais comme la bauxite, l'or, le fer et les diamants, le pays est appauvri par la corruption. Il est classé 160e sur 177 au classement du développement humain des Nations unies.

Ancienne colonie française, la Guinée a acquis son indépendance en 1958. Le premier président, Ahmed Sékou Touré, a été en fonction jusqu'à sa mort en 1984.

Le colonel Lansana Conté lui a rapidement succédé par un coup d'État. S'appuyant sur l'armée pour asseoir son autorité, il résista à une tentative de coup d'État en 1985 et à une mutinerie meurtrière de soldats en 1996.

Bien qu'une nouvelle constitution prévoyant le multipartisme ait été adoptée en 1990, les élections n'ont jamais été libres ni transparentes.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, France24, et RFI

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