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La perpétuité pour Bagosora

Théoneste Bagosora

Théoneste Bagosora

Photo : AFP / Kennedy Ndahiro

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le « cerveau » du génocide rwandais de 1994, le colonel Théoneste Bagosora, est condamné à la prison à vie par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le « cerveau » du génocide rwandais de 1994, le colonel Théoneste Bagosora, a été condamné jeudi à la prison à perpétuité par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Il est écroué pour « génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre », suite à un procès qui avait commencé en 2002.

Le colonel Bagosora, un Hutu de 67 ans, était directeur de cabinet au ministère de la Défense à l'époque des faits. À ce titre, il avait la main haute sur les troupes et les milices Interahamwe (milice hutue) qui ont massacré 800 000 Tutsis et Hutus modérés au printemps 1994, selon les estimations de l'ONU.

Le tribunal a aussi statué que cet homme était responsable de l'assassinat de l'ancienne première ministre Agathe Uwilingiyimana, ainsi que du meurtre de dix Casques bleus belges et de plusieurs politiciens.

L'accusation l'a présenté au long du procès comme le « cerveau » de ces massacres. Selon elle, le colonel avait annoncé en 1993 qu'il retournait dans son pays pour « préparer l'apocalypse », c'est-à-dire le génocide. Il avait proféré ces paroles en quittant la table des négociations avec la rébellion tutsie du Front patriotique rwandais (FPR, aujourd'hui au pouvoir à Kigali).

L'accusé refuse le jugement

M. Bagosora a toujours clamé son innocence et refusé de qualifier de génocide les événements de 1994. Il nie avoir jamais prononcé ces paroles. Peu après l'annonce de la sentence, il a d'ailleurs fait part de son intention d'interjeter appel, a dit son avocat Raphael Constant.

La cour, qui siège à Arusha, en Tanzanie, avait notamment entendu le général canadien à la retraite Roméo Dallaire en 2004. Celui-ci avait affirmé avoir été menacé de mort par le colonel Bagosora lorsqu'il dirigeait les Casques bleus pendant le génocide. Et d'ajouter: « Le colonel Bagosora est coupable de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre. »

Kigali satisfait

Le gouvernement rwandais s'est dit, de son côté, « satisfait » par cette condamnation. « En ce qui concerne Bagosora, la justice a été rendue », a déclaré Aloys Mutabingwa, représentant du gouvernement rwandais auprès du TPIR.

Deux autres anciens officiers de l'armée rwandaise ont été condamnés à la même peine, pour les mêmes chefs d'accusation. Le TPIR a toutefois acquitté les trois hommes du crime d'« entente en vue de commettre un génocide » avant le 7 avril 1994.

Un quatrième accusé, le brigadier général Gratien Kabiligi, a été acquitté. Le représentant de Kigali a qualifié cet acquittement de « surprise ». « Je pense que lui-même a été surpris », a commenté M. Mutabingwa.

Un attentat qui a mis le feu aux poudres

Le génocide rwandais est survenu après la mort du président d'alors, Juvenal Habyarimana, dans un attentat à l'aéroport de Kigali le 6 avril 1994. L'avion au bord duquel il se trouvait, avec le président burundais Cyprien Ntaryamira et d'autres hauts fonctionnaires, a été la cible d'un missile au moment de l'atterrissage. Cet assassinat a constitué le point de départ du génocide rwandais.

La thèse d'un complot fomenté par le FPR est rejetée par Kigali. La version officielle du gouvernement rwandais stipule plutôt que l'attentat contre l'avion de Juvénal Habyarimana a été l'oeuvre d'extrémistes hutus qui voulaient donner le coup d'envoi à un génocide soigneusement planifié.

Dans une enquête de l'émission Zone libre diffusée en 2006, d'anciens membres du Front patriotique rwandais (FPR) ont toutefois prétendu que l'actuel président du Rwanda, Paul Kagame, avait planifié l'attaque.

En novembre dernier, une proche collaboratrice de M. Kagame, Rose Kabuye, a été mise en examen en France pour complicité d'assassinats relative à une entreprise terroriste dans l'enquête sur l'attentat contre le président Habyarimana en 1994. Elle a été laissée libre sous contrôle judiciaire. La justice française a ouvert une enquête en 1998 pour « assassinats », à la suite des plaintes des familles des pilotes français de l'avion présidentiel rwandais.

Quant au TPIR, il juge actuellement 27 détenus et 9 autres sont en attente de leur procès. Créé en 1994, ce tribunal est chargé de rechercher et de juger les principaux responsables présumés du génocide rwandais.

 

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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